UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/09/2016

LE GOUVERNEMENT ENVISAGE D'AUGMENTER LES IMPÔTS DES CRS ET GENDARMES MOBILES

 

ecusson-tissu-gendarmerie-mobile-or.jpg

 

Le ministère de l'Intérieur, poussé par la Cour des Comptes, pense à fiscaliser la prime de déplacement des gendarmes mobiles et CRS. Les syndicats s'insurgent.

Pour les CRS et les gendarmes mobiles, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Leurs syndicats viennent d'apprendre, par un appel de la direction des ressources et des compétences de la police nationale (DRCPN), que leur prime de déplacement, aujourd'hui défiscalisée, risquait de ne plus l'être. Une situation qui devrait logiquement aboutir à une hausse de leurs impôts sur les revenus.

Concrètement, le ministère de l'Intérieur envisage de fiscaliser l'indemnité journalière d'absence temporaire (Ijat) que touchent les gendarmes mobiles et les CRS lorsqu'ils sont en mission loin de chez eux. Cette indemnité, créée par décret en juillet 1961, avait fait l'objet en 2015 d'une hausse à la suite d'un protocole d'accord signé entre les syndicats de police et le ministère de l'Intérieur. Son montant est ainsi passé de 33 euros par jour en 2015 à 35 euros au 1er janvier 2016, puis 37 euros en juillet dernier. Au 1er janvier 2017, elle devrait atteindre 39 euros. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, expliquait en mai dernier que cette hausse visait à récompenser les efforts fournis par les forces de l'ordre dans le cadre du plan Vigipirate, des manifestations contre la loi travail, et de l'Euro de football. Il est «légitime qu'une reconnaissance de l'engagement» des forces mobiles «soit exprimée», avait-il expliqué.

»» Lire aussi: 64% des Français jugent que leurs impôts ont augmenté sous Hollande

«Cette prime est touchée par tous les agents, quel que soit leur grade. Elle est défiscalisée depuis le début», souligne Jean-Marc Cortes, délégué national des officiers CRS pour le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure insigne CRS.jpg(SCSI). «Elle représente un complément de revenu non négligeable, sachant qu'un officier peut effectuer en moyenne entre 120 et 150 jours de déplacement par an», ajoute-t-il.

Le moment est jugé vraiment inopportun

 

Problème, selon la Cour des comptes: il n'existe aucun texte qui justifie une exonération fiscale de cette indemnité. «La Cour des comptes a le nez dedans depuis plusieurs années. C'est un véritable serpent de mer. Le sujet ressort tous les 3 ou 4 ans, puis il est enterré. Mais cette fois, le procureur général près la Cour a sommé l'administration de trouver rapidement une solution», explique le syndicaliste. Les Sages de la rue Cambon ont en effet saisi, en juillet dernier, les ministères de l'Intérieur et du Budget, à ce sujet. «Nous avons été informés par un appel avant-hier. La DRCPN a demandé à la direction centrale des CRS de lui faire remonter d'ici vendredi toutes les sommes perçues au titre de l'Ijat», explique Jean-Marc Cortes.

Sous cette pression, le ministère se voit dans l'obligation de trouver une solution. Mais l'idée de la fiscalisation attise la colère des syndicats. «Le moment est vraiment inopportun au regard de l'actualité, de l''ensemble des missions dévolues aux agents depuis les attentats. De plus, le protocole d'accord signé en 2015 ne revenait pas sur la question de la défiscalisation. On a le sentiment qu'on nous prend d'une main ce qu'on nous a donné de l'autre», s'agace Jean-Marc Cortes. «Cette perte de pouvoir d'achat, synonyme de régression sociale serait proprement inacceptable si elle était appliquée eu égard à l'implication sans faille des effectifs CRS», confirme Unité SGP-police FO dans un communiqué. L'Unsa-Police dénonce pour sa part dans un courrier un «processus brutal (…) aussi intolérable qu'inadmissible».

D'après les syndicats, le ministère de l'Intérieur envisage deux options pour ne pas trop pénaliser le pouvoir d'achat des forces de l'ordre. La première consisterait à imposer cette indemnité tout en créant une prime compensatrice. «Trop compliqué», selon le SCSI. Autre solution: garantir cette non-imposition en lui donnant un cadre juridique. Autrement dit, créer une sorte de niche fiscale. Certains syndicats ont envoyé un courrier à Manuel Valls ou François Hollande pour les appeler à privilégier «cet arbitrage favorable». Autrement, tous menacent de lancer des «actions fortes» pour défendre leur intérêt.

 

 

La rédaction vous conseille

(source LeFigaro.fr /Hayat Gazzane

14/09/2016

#GOURMANDISE : LES MEILLEURS CHAUSSONS AU POMMES DE PARIS

 

 

4 des GATEAUX individual.JPG

(chaussons aux pommes de Claire Damon , en haut à droite :) 

Parce que c'est la rentrée, parce qu'ils font partie des grands classiques de la viennoiserie, nous avons pisté les plus savoureux de la capitale.

 

Six ans déjà! Six ans que nous n'avions pas pris le pouls de cette viennoiserie aussi discrète que replète, omniprésente dans toutes les bonnes (et moins bonnes) boulangeries-pâtisseries. S'il est moins emblématique que le croissant ou le pain au chocolat, c'est que le chausson aux pommes n'occupe pas un créneau aussi précis. Le croissant, c'est vite vu, fait partie des rituels du matin, accolé au café qu'on prend sur le zinc pour bien démarrer la journée. Le pain au chocolat, lui, c'est le domaine des enfants. Une récré en soi à l'heure du goûter, le jeu de la barre cachée, bref, un condensé de gourmandise bien rodé. Le chausson aux pommes est plus «multicarte», moins téléguidé. On peut s'y adonner en creux de matinée, en fin d'après-midi pour le tea time, et même se le garder pour une petite pause sans cause.

Autre bonne raison de réactualiser notre précédent classement: le paysage de la pâtisserie qui a beaucoup changé à Paris, ces dernières années, avec de nouveaux artisans talentueux venus ajouter leur savoir-faire à la planète sucrée.

 

Pour réaliser ce test, nous avons dégusté vingt chaussons aux pommes. Un numerus clausus imposé par les fermetures hebdomadaires ou estivales (nous l'avons réalisé au cœur de l'été, un lundi de juillet), voire les clôtures occasionnelles pour travaux. Il peut donc y avoir un cador du chausson qui nous ait échappé tel un Pokémon facétieux. Ce sont les limites de l'exercice. En revanche, parmi la vingtaine que nous avons passés au crible, nous avons pu tester l'alchimie délicate entre le feuilletage et la compote, la texture et les saveurs. Et, croyez-nous, c'est tout sauf du gâteau. La pâte doit rester légère et croustillante, très légèrement caramélisée en surface, avec sa propre personnalité même si elle est solidaire de la compotée. Celle-ci bien évidemment à base de fruits frais avec, selon les goûts, une pointe de cannelle ou de vanille pour la sublimer. Vous voyez d'ici les chausse-trappes que l'artisan doit déjouer entre le modèle «détrempé» et le genre «retour des îles, caravane des épices»… Mais, à côté de ces mauvais élèves bâcleurs, il y a pléthore de bons professionnels qui prennent très au sérieux cette viennoiserie. Un devoir pour nous de leur rendre honneur, tant un délicieux chausson aux pommes peut donner la pêche.

Méthodologie

Test. Il y a dans la quête du meilleur chausson aux pommes quelque chose d'un peu fou, compte tenu du nombre vertigineux de boulangeries et pâtisseries en présence dans la capitale. Une difficulté que nous avons contournée en opérant une sélection drastique d'adresses, ne retenant que les plus réputées ou celles dont nous avions pu tester la qualité des viennoiseries. Certaines bonnes maisons ne figurent pas dans ce palmarès, étant fermées le lundi (Sébastien Gaudard, Vandermeersch, Blé Sucré, Gilles Marchal…) ou encore parce que, perfectionnistes, elles considèrent que juillet n'est pas la saison des pommes (Stohrer, Boulangerie du Nil…) et ne font donc pas de chaussons. Au total, nous avons donc gardé vingt adresses.

Méthode. Les chaussons ont été achetés de façon anonyme le matin même de la dégustation. Ils ont été numérotés, puis goûtés et notés à l'aveugle, en présence de notre expert, le chef pâtissier Christophe Felder.

Critères retenus. Quatre critères ont été retenus, selon une grille de lecture préétablie, notés chacun sur 5 points. Soit l'aspect du chausson, le feuilletage, le goût et enfin le rapport qualité-prix, puisque les écarts allaient de 1,30 euro à 3,30 euros, selon les adresses.

Résultats. La maison Ladurée, dont Claire Hetzler (ex-Lasserre) est depuis quelques mois la directrice de création, arrive en tête, suivie de près par Laurent Duchêne, excellent et discret professionnel, puis Des Gâteaux et du Pain (Claire Damon). Un tiercé gagnant-gourmand.

Le palmarès

FIGARO SCOPE XVM05a85310-7366-11e6-8ea9-35096576febc-805x690.jpg

FIGARO SCOPE XVM05a85310-7366-11e6-8ea9-35096576febc-805x690.jpg

 

 

 

 

Le chef pâtissier alsacien, qui publie en octobre chez La Martinière Le dessert Bistrot Palace avec Camille Lesecq, livre les secrets de cette viennoiserie fruitée.

LE FIGAROSCOPE. - Qu'est-ce qu'un bon chausson aux pommes?

Christophe FELDER. - C'est avant tout un produit du jour, comme le croissant ou le pain au chocolat. Il nécessite un bon feuilletage, de préférence inversé, au beurre. Il faut aussi qu'il y ait beaucoup de compote, même si techniquement cela rend le chausson plus difficile à fermer.

Quelle compote recommandez-vous d'utiliser?

Il faut faire une compote maison. On peut mettre un peu de vanille et un tout petit peu de cannelle. Mais c'est le goût de la pomme qui doit prévaloir. Personnellement, j'adore la pomme Boskoop, originaire des Pays-Bas. On prend 1 kg de pommes. On fait un petit caramel que l'on verse sur les pommes coupées en quartiers et on fait cuire pendant 1 h 30 dans un four à 140-150°, dans une casserole recouverte de papier alu. Cela va compoter tout doucement. On met ensuite cette compote dans le chausson.

Doit-on laisser des morceaux de pomme dans la compote?

Pas obligatoirement. Ça peut être bien d'en avoir, mais il faut qu'ils aient été travaillés à part avant d'être réintégrés dans une compote, elle-même faite maison. Les morceaux n'apportent pas forcément un plus. L'important, c'est le goût. C'est comme de dire qu'il faut du croustillant, du moelleux, etc. dans un gâteau. Il n'y a pas de croustillant dans un baba au rhum, et pourtant c'est délicieux!

Est-il difficile de faire un chausson aux pommes?

Oui, comme toutes les choses simples, c'est très difficile! Il faut réussir la cuisson de la compote et du feuilletage. Si ce dernier est trop cuit, il a moins de goût. Et s'il ne l'est pas assez, il est pâteux. À la sortie du four, on met un peu de sirop de sucre qui amène un côté brillant et apporte un croustillant supplémentaire. Cela évite aussi que le chausson ramollisse trop vite, surtout quand le temps est humide. Ce n'est pas un produit que les gens sont prêts à payer très cher, mais vu le temps et le travail qu'il demande, il pourrait être facturé bien plus, autour de 4 euros.

Quel est le moment idéal pour le consommer?

L'après-midi. Je ne me vois pas en manger au petit déjeuner. Avec un bon cidre artisanal, c'est parfait!

La rédaction vous conseille

 

 

(source LeFigaro.fr - LeFigaroscope Colette Monsat / Alice Bosio)

12/09/2016

LES CIRQUES EN COLERE ONT PRIS LA BASTILLE

 

place de la bastille paris vue d'ensemble.jpg

NOUS Y ÉTIONS - Ce mercredi dernier , 7 septembre est une journée «porte ouverte» avec visite de ménagerie et numéros de piste gratuits sur la symbolique place parisienne. Une façon «positive» pour les artistes de protester contre les arrêts municipaux qui se multiplient pour interdire l'installation des chapiteaux itinérants dans les communes.

Il est 7 heures, Paris s'éveille. À la Bastille, nul besoin de réveil. La sono sur le toit d'une fourgonnette rouge avec un grand clown hilare dessiné sur son flanc diffuse à plein tube de la musique de cirque. Des effluves de crottin, de paille et de foin chatouillent les narines. Au pied du terminus des bus 91 juste en face de l'Opéra, Esther et Aladin, deux dromadaires mâchouillent l'air torve.

Ce mercredi 7 septembre, les cirques familiaux avec animaux ont décidé d'offrir aux Parisiens, une journée «porte ouverte» avec visite de ménagerie et numéros de piste gratuits. Une façon «positive» de protester contre les arrêts municipaux qui se multiplient pour interdire aux cirques itinérants de s'installer dans leurs communes.

Melvin Massardier, patron du cirque Melvin espère entre 2000 et 3000 badauds. Il est venu avec sa trompette, son matériel d'équilibriste acrobate mais sans son costume de dompteur. «Mes lions et lionnes sont restés dans notre campement d'un hectare près de Chilly Mazarin (91), explique-t-il. Non pas qu'il soit interdit de promener des fauves dans la capitale mais un lion, c'est trois semi-remorques dont une cage de minimum soixante mètres carrés. À la Bastille, il n'y a pas la place.»

«70 % de la profession est sans activité»

Comme pour ses collègues des cirques Cristina Zavatta, Luc Fratellini, Joy Dassonneville, le Franco-Italien et tant d'autres, l'année a été difficile. «On nous demande de nous reconvertir, de laisser nos animaux mais ma famille est dans le cirque depuis sept générations, s'exclame-t-il. Le cirque, c'est ma passion, je n'ai aucune envie d'arrêter et je voudrais que mes fils continuent. C'est pour cela que nous sommes là aujourd'hui.»

À ses côtés, Anthony Dubois, président de l'association des cirques de familles et spectacles itinérants (250 membres) ne décolère pas: «plus de 70% de ces petits cirques ne travaillent plus, dénonce-t-il avant d'aider un nouveau semi-remorque rouge à se garer entre deux bus 91. Nous sommes un peu en retard, plusieurs cirques sont bloqués sur le périphérique.»

L'ambiance est testostéronée: seuls les hommes, les pères, leurs fils adolescents et une poignée de salariés ont fait le déplacement. Les aînés donnent des ordres, les jeunes portent les barrières et les bottes de paille. À l'exception de deux écuyères et d'une vendeuse de barbe à papa, les femmes sont restées avec les plus petits dans les campements disséminés en Île-de-France. «Si nous avions eu la place de venir avec nos roulottes, tout le monde aurait pu être là mais nous n'avons pas eu le droit de nous installer sur le Champ-de-Mars», regrette Melvin Massardier.

«On retrouve notre âme d'enfant»

Autour de lui, les SDF avec leurs chiens en laisse mais aussi les joggeurs, les conducteurs du bus 91 et les CRS ouvrent de grands yeux émerveillés. Tout le monde s'aide à prendre des selfies. Qui avec une autruche, qui avec l'une des élégantes vaches écossaises aux cornes majestueuses. «On retrouve notre âme d'enfant», murmure un policier en regardant Frizon, un splendide cheval noir descendre en hennissant de son semi-remorque pour rejoindre Nebus, un chameau de quinze ans. «Un ado, sourit son maître. Nos chameaux vivent jusqu'à 40 ans.»

L'installation de tous ces animaux en plein Paris n'est pas une mince affaire. Rien que pour les chameaux Jaffar et Pierrot, comptez 150 kilos de foin et 250 kilos de paille. Des sabots résonnent sur les pavés. On se retourne: une famille de lamas, Ginette, Antoine et leurs deux petits cavalcadent sur le parvis. «Lâche les petits, crie le patron à son fils. Ils vont suivre leur mère dans l'enclos.» Des klaxons répétés résonnent sur toute la place de la Bastille. Tout le monde se retourne.

Les camions chargés des 4x4 géants américains cascadeurs font une arrivée triomphale. Even, 10 ans (cirque Joy Dassoneville) , Chade 13 ans (Achille Zavappa) et Yanky, 11 ans (Frattelini) se précipitent. Leur quotidien, c'est d'être sur la piste à faire les clowns, du rolla rolla (la planche sur un tube) et à apprendre le jonglage. «On arrive avec cinq balles mais il faut arriver jusqu'à dix et après il faut apprendre à lancer les massues et les torches», explique posément Even. Cette journée avec son père et les autres familles du cirque, il s'en rappellera.

La rédaction vous conseille

 

(source LeFigaro.fr / Lena Lutaud)