17.06.2008
SEGUIN - RENAULT : UNE BELLE HISTOIRE ,UNE MEMOIRE, UN DEBAT !

L'Association des anciens travailleurs de Renault organise aujourd'hui un débat sur le futur lieu de mémoire. La question n'est toujours pas tranchée.
DIX ANS aujourd'hui que l'Association des travailleurs de Renault île Seguin (Atris) existe et dix ans que le débat perdure : « Un lieu de mémoire : pourquoi, comment ? ». Cet après-midi, c'est à nouveau autour de ce thème épineux que débattront chercheurs et anciens ouvriers de l'île Seguin lors d'un colloque organisé pour l'occasion.
« Une première pierre a été posée symboliquement à notre initiative sur l'île Seguin en 2007 mais, depuis l'arrivée du nouveau maire (NDLR : Pierre-Christophe Baguet, UMP) , c'est le statu quo », s'inquiète Mohammed Amri, président de l'Atris.
Un débat auquel ne participera pas l'autre association des « anciens » de Billancourt, l'Ametis (Association de la maîtrise, de l'encadrement et des techniciens de l'île Seguin), pourtant conviée. « Ressasser le passé de manière un peu tristounette, ça ne m'intéresse plus », se justifie le président de l'Ametis Michel Auroy.
Plutôt que de « lieu de mémoire », l'ex-cadre dirigeant de l'entreprise préfère parler de « réalisation physique qui rappelle le passé ». « Il faut laisser une trace de ce passé industriel, mais j'attends désormais du concret », précise-t-il.
Vitrine contre musée
Oui mais voilà, il n'y a pas que sur les mots que les deux associations pinaillent. Du côté des ouvriers de l'Atris, on se bat depuis dix ans pour la création d'un « lieu d'échange ouvert à tous les salariés pour faire revivre l'histoire des hommes et des femmes » de Renault. A l'emplacement même des anciens ateliers des ouvriers, sur l'île Seguin. De l'autre, celui des cadres de l'Ametis, on opte, « plutôt qu'un musée poussiéreux », pour une « salle moderne », une « vitrine de la marque Renault » avec des bornes interactives, tournée « autant vers le passé que vers l'avenir ». Sur l'île Seguin, pourquoi pas, mais tout aussi bien dans le bâtiment X, désormais baptisé Pierre-Dreyfus, où siègent encore les anciens dirigeants sur la rive droite. Deux positions « complémentaires », défendent l'une et l'autre, qui se disent toutes deux respectueuses et favorables à la création... de deux lieux de mémoire pour les « anciens ».
Le maire (UMP) de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet, se veut conciliant : « Non seulement je me suis engagé à réserver 1 000 m 2 sur la partie centrale de l'île Seguin mais j'ai demandé à Renault de récupérer le bâtiment X pour la création d'un musée des Temps modernes », tempère-t-il, un peu agacé. Mais, chez Renault, on ne tranche toujours pas. « L'idée n'est pas de choisir entre Jean et Jacques, mais d'habiller Jean-Jacques, expliquait-on hier. Pour l'instant, nous laissons les deux associations dialoguer. »
Le Parisien - mardi 17 juin 2008
Colloque de l'Atris, « Un lieu de mémoire : pourquoi ? », entrée libre, aujourd'hui de 10 heures à 17 heures, à l'espace Landowski, avenue André-Morizet à Boulogne-Billancourt.
Ce sujet concerne au premier chef les seniors de Renault mais aussi tous les Boulonnais qui s'intéressent au sujet et à l'avenir proposé par Pierre-Christophe Baguet ,soucieux de nous donner une belle ile qui fasse de Boulogne une ville fière de son passé ,le gardant en mémoire mais résolument tournée vers le futur!
Alain S.Dumont
Passionnément Boulonnais
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