09.01.2009

INTERDICTION DE FUMER, UN AN APRES

Roselyne Bachelot a salué, le 7 janvier, le succès de l’application de l’interdiction de fumer dans les lieux de convivialité, un an après sa mise en place.
arton62188.jpgLes résultats des différentes études menées par l’Inpes mettent en évidence, un an après la mise en application de la loi, le 1er janvier 2008, le respect de l’interdiction de fumer dans les cafés, les bars et les restaurants, ainsi que l’adhésion des Français (85 %) à cette mesure.

Un progrès sanitaire très satisfaisant

Lors de son discours, la ministre de la Santé a souligné les conséquences positives sur le tabagisme passif. L’impact sanitaireBachelotimages.jpg fera l’objet de deux études menées par la Société française de cardiologie et une étude menée par l’INVS dont les résultats seront disponibles fin 2009. D’ores et déjà, les résultats d’études réalisées auprès de salariés des secteurs exposés (cafés, bars, hôtels, restaurants) sont très encourageants. Ils établissent une diminution des symptômes de difficulté respiratoires et oculaires.

La campagne de communication 2009
La campagne est articulée autour de trois axes :

Favoriser la perception individuelle de la dangerosité du tabac
Les fumeurs sous-évaluent les risques pour eux-mêmes. La communication s’attachera à augmenter la perception de ce risque et à lutter contre les stratégies de contournement.

Inciter les fumeurs à s’arrêter et valoriser les structures d’aide
L’objectif est de promouvoir le dispositif d’information et d’aide à l’arrêt "Tabac Info Service" accessible par téléphone (0825 309 310) et sur internet.

Informer les professionnels de santé accompagnant les femmes enceintes

En 2005, une femme sur cinq continue de fumer pendant la grossesse. Les professionnels de santé auront à leur disposition, pour la fin du 1er semestre 2009, des outils d’éducation à la santé des femmes enceintes (fiches synthétiques, documents à destination des parents...).

 

BISTRO20090108PHOWWW00106.jpg
(crédit photo Le Figaro)

La Conséquence en est que cette interdiction de fumer laisse augurer une baisse de 5 à 10 % du nombre total des infarctus.

C'est une démonstration en temps réel, dans la vie réelle, des bénéfices immédiats sur la santé de l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Une étude menée chez des salariés de cafés, restaurants et discothèques, exposés professionnellement au tabagisme passif, révèle que quelques mois après l'entrée en vigueur du décret, leurs artères ont déjà retrouvé une deuxième jeunesse.

Baptisée «Dilater», cette étude inédite va être présentée aux XIXes Journées  européennes de la Société française de cardiologie, qui se tiennent la semaine prochaine à Paris. «Le tabac est un facteur de risque d'athérosclérose (obstruction progressive des artères par des plaques, NDLR) comme l'hypertension artérielle, l'excès de cholestérol ou le diabète, explique le Pr Daniel Thomas, ancien président de la Fédération française de cardiologie. Mais sa particularité est d'avoir aussi des effets aigus sur les artères : le tabac favorise la formation de caillots, augmente l'inflammation et diminue la capacité de ces vaisseaux à se dilater.»

Ces trois phénomènes expliquent son rôle majeur dans les infarctus du myocarde. «Les trois quarts des victimes d'infarctus avant l'âge de cinquante ans sont des fumeurs, et le tabac est souvent le seul facteur de risque retrouvé chez ces patients», insiste le Pr Thomas. Mais les effets délétères de la fumée de cigarettes sur le système vasculaire concernent aussi les fumeurs passifs. «Un sujet travaillant dans une atmosphère tabagique fume l'équivalent d'une à dix cigarettes par jour, ce qui correspond à une augmentation de 60 % du risque d'infarctus», continue Daniel Thomas. La protection du cœur des non-fumeurs a d'ailleurs été l'un des arguments majeurs pour interdire le tabac dans les lieux publics.

Résultats éloquents
Des données scientifiques confirment désormais les bénéfices sanitaires quasi instantanés de cette politique. Ainsi, l'étude Dilater démontre sans équivoque que les méfaits du tabac sur l'élasticité des artères sont réversibles en quelques semaines. Menée à Toulouse, l'expérience a inclus 23 non-fumeurs salariés de bars, restaurants et boîtes de nuit. La capacité de dilatation de leurs artères a été mesurée par un examen écho-doppler en décembre 2007, juste avant l'entrée en vigueur du décret et en avril 2008, trois mois après. Les résultats sont éloquents. Lors de la première mesure, où ces travailleurs étaient encore exposés au tabagisme passif, leurs artères se dilataient anormalement peu par rapport à des témoins non- fumeurs. À la deuxième série de tests, les capacités de dilatation avaient augmenté de 37 %, revenant à des valeurs quasi normales.

Quid des effets cliniques sur le nombre d'infarctus et la mortalité ? Ils ont été largement établis dans des pays comme les États-Unis, l'Italie et l'Écosse, qui ont instauré l‘interdiction de fumer dans les lieux publics avant la France. En Écosse, une diminution de 17 % des admissions hospitalières pour infarctus a ainsi été constatée dès l'année suivant la prohibition. La baisse concerne avant tout les non-fumeurs (-  20 %), mais elle est aussi significative (- 14 %) chez les fumeurs. En clair, les lois antitabac ont des effets bénéfiques même chez ceux qui continuent à fumer !

Dans l'Hexagone, des données préliminaires dévoilées par Le Figaro en février 2008 faisaient état d'une diminution de 15 % des admissions pour infarctus dans les services d'urgence. Une vaste étude épidémiologique est en cours pour préciser l'évolution de cette pathologie sur plusieurs années, dans les hôpitaux et les unités de soins intensifs cardiologiques. Les résultats sont attendus fin 2009. À terme, les cardiologues misent plutôt sur une baisse de 5 000 à 10 000 infarctus par an, soit 5 à 10 % du nombre total de cas. Quant aux éventuels bénéfices du décret sur l'incidence des maladies respiratoires et des cancers bronchiques, ils ne pourront se faire sentir qu'à beaucoup plus long terme.

(d'après Le Figaro.fr)

Et vous, qu'en pensez vous ?

Ecrire un commentaire