29.01.2009
BON A SAVOIR : DE LA VIANDE OUI MAIS PAS A N'IMPORTE QUEL PRIX !
Selon une enquête de l'association de consommateurs, les prix de la viande n'ont cessé d'augmenter au cours des vingt dernières années alors que les prix payés aux producteurs ont chuté.
Pourquoi le prix de la viande en France est-il si cher ? C'est la question que soulève l'UFC-Que choisir dans son enquête parue mardi sur les prix de la viande. Menée sur 18 ans, entre 1990 et 2008, l'enquête démontre que de nombreux écarts injustifiés sont apparus entre les prix agricoles et les prix au consommateur.
Le prix du bœuf en rayon a, en effet, augmenté de 50% alors que le prix payé aux éleveurs de bovins a baissé de 15%. Même constat pour le porc, avec une augmentation du prix au consommateur de 16% pour le rôti alors que le prix payé
aux producteurs a chuté de près de 30%. De son côté, le prix de détail de la volaille a bondi de 40% tandis que les prix agricoles n'ont augmenté que de 7%. La question est alors de savoir à quel stade se font les marges et comprendre pourquoi les professionnels répercutent les hausses des prix à la production en oubliant de répercuter les baisses.
La grande distribution pointée du doigt
Pour l'association de consommateurs, les prix de détail sont totalement déconnectés de la réalité. Le prix du bœuf a en effet connu de fortes baisses lors des deux crises de la vache folle (1996 et fin 2000), pourtant cette diminution n'a jamais été répercutée en rayon, selon l'enquête de l'UFC-Que Choisir. De même, les baisses des prix agricoles de la volaille, lors de la
grippe aviaire en 2004, ont peu ou pas été répercutées sur le prix de détail. L'UFC-Que Choisir pointe ainsi du doigt la grande distribution qui s'accorderait des marges très importantes. En réponse, la Fédération du commerce et de la distribution demande à l'association de consommateurs «de donner les éléments de son étude». «Le prix du bœuf au producteur est resté stable depuis la crise de la vache folle mais il a augmenté légèrement dans les rayons à cause du coût de la main d'œuvre», a souligné Jérôme Bédier, président de la Fédération du commerce et de distribution. «Qu'on ne fasse pas croire aux Français qu'on fait des marges épouvantables à chaque fois qu'ils achètent de la viande».
Alors que l'alimentation fait partie des premiers postes de dépenses des ménages, l'UFC demande un renforcement de la concurrence entre les acteurs et la publication par l'Observatoire des prix des marges réalisées à chaque stade du circuit du producteur au consommateur final. Enfin, l'UFC souhaite que l'Autorité de concurrence, successeur du Conseil de la concurrence, «ait le pouvoir de contraindre les groupes en position dominante sur une zone de chalandise à se séparer ou à échanger certaines activités avec d'autres enseignes» et demande également à ce que les autorités de concurrence renforcent leurs contrôles.
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