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27/07/2010

VACANCES EN FRANCE...LES ETRANGERS REPONDENT PRESENTS.

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(Grimaud-Var)

Au fond, ce sont peut-être les étrangers qui parlent le mieux de la France. Chaque année, ils sont des dizaines de millions à s'y précipiter pour les vacances. Conquis, certains y ont posé leurs valises pour la vie, décidés à vivre jusqu'au bout leur «French dream».

Avis à tous les exilés fiscaux qui s'ennuient ferme, depuis des années, sur les bords du lac Léman ou à Bruxelles:rien ne vaut le bonheur de vivre en France! Ou d'y revenir... Les premiers à le dire ne sont pas les agents du fisc, ni d'ailleurs les Français, si prompts à dénigrer leur pays une façon de masquer leur fierté d'y vivre? , mais curieusement... les étrangers. Malgré la crise qui sévit, malgré les dettes qui s'accumulent et les déficits qui se creusent, 74 millions d'entre eux n'ont pu résister à l'appel de l'Hexagone en 2009 (première destination touristique mondiale), sillonnant nos départementales et nos régions avec passion, s'entichant de nos villages «so charming», de la beauté de nos vieilles pierres comme de nos plages pourtant bondées, victimes de leur succès estival. «Tout homme a deux pays, le sien et la France», disait déjà Thomas Jefferson. Près de 80 millions d'êtres humains repartent chaque année chez eux avec cette plaisante idée en tête. Et si l'année 2009 a été marquée par un léger recul de la fréquentation touristique étrangère ( 6%), 2010 s'annonce déjà comme un très bon cru, la baisse de l'euro favorisant plus que jamais la compétitivité touristique de la France.

«La clientèle étrangère est massivement de retour», confirme Céline Bossanne,
cofondatrice, avec son mari, des campements Huttopia, qui prônent l'art de camper chic et écolo, en pleine nature, dans des cabanes de bois et de toile. Un concept original qui fait un tabac auprès des étrangers (50% de la clientèle), notamment les Britanniques et les Hollandais. «Il n'est pas rare de voir une Jaguar immatriculée en Grande-Bretagne garée à côté de nos tentes!» s'amuse Céline Bossanne. Ce qu'apprécient le plus ces campeurs venus d'ailleurs?Le fait de vivre des vacances «avec des Français, comme des Français», dans un sentiment de rupture et d'immersion totale. «Ils adorent découvrir les régions, nos terroirs, nos traditions, et raffolent des marchés locaux où ils aiment dénicher des spécialités locales à cuisiner à la française...» Culture, patrimoine, gastronomie... Vue de l'étranger, la France a souvent des airs de carte postale. «Si vous voulez attirer les gens, il faut être une carte postale!»insiste l'ancien député européen William Abitbol (photo), reconverti dans la abitbol.jpgrestauration, du côté du Palais-Royal, à Paris (Alfred, rue de Richelieu). En guerre contre la standardisation mondiale, Abitbol, immanquablement habillé en bleu (veste), blanc (chemise), rouge (pantalon), fait un malheur auprès des étrangers qui parcourent des kilomètres pour déguster ses asperges des Landes ou d'Argenteuil, son cresson de l'Essonne, son escabèche de lisette au Noilly, sa géline de Racan en cocotte, légumes du pot, ou son tronçon de cabillaud, chou pointu, croquant... Des plats d'autrefois qui sentent bon la France et le terroir. Rappeler que nos chefs étoilés sont mondialement connus reviendrait à enfoncer une porte ouverte. Mais comme nos vins, la gastronomie fait partie de l'ADN de notre pays de bons vivants.



Certes, la France est la patrie des grèves, des aéroports bloqués, et les râleurs y sont légion, mais au moins, les Français savent prendre la vie du bon côté, estiment nombre d'étrangers. Ce qui n'empêche pas notre économie de se situer au 5e rang mondial, d'attirer massivement les investissements directs étrangers (la conférence des Nations unies pour le commerce et le développement classait notre pays au 3e rang en 2009 derrière les Etats-Unis et la Chine), et de se trouver au coeur des grands rendez-vous des affaires. Qui sait que Paris est, avec Vienne, la ville qui accueille le plus grand nombre de congrès internationaux? Et que la France, avec plus de 260.000 étudiants étrangers accueillis dans nos universités chaque année, se classe au 3e rang après les Etats-Unis et le Royaume-Uni? Né d'une mère française et d'un père américain, héros de la Seconde Guerre mondiale, Derek Smith a monté un groupe de vente par correspondance baptisé Trésor du patrimoine après avoir décidé, à 33 ans, de faire sa vie en France «parce que c'était tout de même beaucoup plus sympa qu'ailleurs». Sa cible:les 45- 80 ans, à qui il propose «des objets qui ont une histoire» pièces de collection, livres historiques, encyclopédies... Sans oublier les produits du terroir Léon Fargues et, depuis peu, le catalogue de L'Homme Moderne. Un joli panel de produits qui rencontrent un franc succès, avec 5 millions de colis envoyés par an! Entreprendre en France est loin d'être un enfer pour Derek Smith aux yeux de qui même les 35 heures trouvent crédit ce qui n'est pas courant chez les patrons de PME! «Plus les clients ont du temps libre, plus ils dépensent d'argent. Quand on a du temps, soit on déprime, soit on consomme...», remarque-t-il.






«Ce que les Français ont de plus séduisant, c'est qu'ils montrent au monde entier que le travail ne constitue pas l'essentiel de la vie», a confié récemment la star du cinéma chinois Geng Le( photo) au Comité gengle_a8d3e27aa5f64b494b02fa3e308ad8cf.jpgColbert qui l'interrogeait sur sa vision de la France et du luxe français. Notre vrai luxe serait-il ce droit revendiqué à la paresse? «En Chine, tout le monde travaille dur pour le développement et la croissance économique, mais on travaille beaucoup trop. C'est pourquoi il faudrait s'inspirer un peu des Français», insiste Geng Le. Des propos qui rappellent ceux de Mick Jagger, en 2007:«Quelqu'un qui est fatigué après une semaine de 48 heures de travail devrait emménager en France», déclarait le chanteur des Rolling Stones, au micro de la BBC. Est-ce une intense fatigue qui a conduit la star à poser ses valises au château de Fourchette, à Pocé-sur-Cisse, en Touraine? Comme lui, beaucoup de people ont craqué pour une maison de campagne en France, de Tina Turner, qui possède la villa Anna Fleur sur les hauteurs de Villefranche, au milliardaire russe Roman Abramovitch, chez lui au château de la Croë (Cap-d'Antibes), pas très loin de la maison de Roger Moore à Saint- Paul-de-Vence, ou de celle de Johnny Depp, dans l'arrière-pays tropézien.


Des étrangers moins célèbres leur ont emboîté le pas, faisant s'envoler les prix des résidences secondaires dans des régions comme la Bretagne, la Corrèze ou le Lot-et-Garonne, terrains de prédilection des Britanniques. Sur 220.000 résidences secondaires appartenant à des étrangers (sur un total de3 millions en France), les Anglais en possèdent 53.200, ce qui les situe loin devant les Suisses (31.600), les Italiens (31.200), les Allemands (29.100), ou encore les Belges (23.700). Entre 2004 et 2007, les Britanniques en quête d'un «sweet home» ont représenté jusqu'à 40% des acheteurs étrangers, chiffre tombé à 17% en garcin8764539.jpg2009. La crise économique et la dépréciation de la livre sont passées par là... «La suprématie des Anglais a tendance à s'estomper, confirme l'agent immobilier Emile Garcin(photo), dont 30% de la clientèle est étrangère. Mais l'on voit de nouvelles nationalités apparaître. "Le mois dernier, nous avons vendu pour la première fois une maison à des Polonais; et une autre, dernièrement, à des acquéreurs d'Afrique du Sud. La clientèle change, au gré des fluctuations financières et de la prospérité économique des pays, mais les motivations restent peu ou prou identiques.» En tête, dans le triangle d'or Alpilles-Uzès-Avignon où Garcin a construit sa success story:la culture (les festivals y sont nombreux) et le savoir vivre français...«Cette France-là fait toujours rêver», estime Emile Garcin. Elizabeth Stribling ne le contredira pas. Cette Américaine est venue pour la première fois en France à l'âge de 10 ans. «Un coup de foudre, dit-elle. La France est mon violon d'Ingres. Tout le monde à New York sait que j'adore les Français. Ils sont tellement charmants.» A l'occasion de sa lune de miel, à Paris naturellement, Elizabeth Stribling a décidé de revenir l'année suivante suivre des cours de gastronomie française dans la région de Grasse, dans le sud de la France. Elle a fini par y acheter une maison, où elle se rend régulièrement, quittant le stress new-yorkais pour le chant des cigales. «Quand j'arrive ici, la première chose dont j'ai besoin, c'est d'un bon fromage français et d'un verre de Chablis. Après cela, je me sens vraiment bien, chez moi en France!» (no comment!)

Des mécènes au secours de notre patrimoine :

ElisabethThe_Closing_articlebox.jpgMais Elizabeth Stribling(photo) ne se contente pas d'apprécier ces petits plaisirs de la vie, qui, mis bout à bout, composent son «french dream». Elle est aussi chairman de la French Heritage Society, qui depuis vingt-cinq ans regroupe des mécènes américains soucieux de contribuer à la préservation de notre patrimoine architectural.«Nous aimons faire des dons à la France. Récemment, nous avons, par exemple, fait un chèque pour la restauration des vitraux de l'abbaye de Fontfroide. Et un autre pour la restauration du cloître du XVIIIede l'abbaye de Lagrasse.» Des gestes généreux qui ont toutefois une contrepartie:chaque fois, French Heritage Society exige que les pouvoirs publics apportent la même somme d'argent au projet! La France apprécie, mais gare aux excès de zèle de nos généreux mécènes en cette période de rigueur!

Rien à ajouter, Bonnes vacances à eux et à vous...

(Le FigaroMag)

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( Abbaye Sainte Marie d'Orbieu de LAGRASSE - Aude)

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