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26/08/2010

VOUS ETES......LOUIS XIV ou HENRI IV ?

 

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Nous continuons nos " Ou, Ou "pour terminer nos rêves de vacances..

Henri IV à cheval.jpg- Choisir entre les deux souverains, c'est affirmer des convictions et, finalement, décider une préférence entre deux visions de l'histoire de France. Dimanche, vous avez été 56% à afficher votre préférence pour Henri IV.


Dans la famille des Bourbons, qui demandez-vous? Le grand-père ou le petit-fils? Le roi de cœur ou le roi de pique? Celui qui promulgua l'édit de Nantes pour garantir la liberté de culte aux protestants ou celui qui le révoqua? Et quel homme attendez-vous à la tête de l'État: un «dictateur et roi» comme Charles Maurras ou un «prince de tolérance» comme François Bayrou? Au cinéma, quel héros de fiction a-t-il votre faveur? Le jeune Henri de Navarre incarné à l'écran par Daniel Auteuil dans La Reine Margot de Patrice Chéreau ou le Roi-Soleil déclinant joué par Jean-Pierre Kalfon dans Saint-Cyr de Patricia Mazuy? Et 3269e1ca-9d98-11df-8741-62d1be31d075.jpgqu'est-ce que je vous sers à dîner? De la poule au pot ou les oreilles de cerf? Et à la fin, comment voulez-vous mourir? Sous le coup de poignard d'un fanatique ou dans votre lit?

Le Béarnais a recherché la Paix, dit-on. Et le Roi-Soleil aurait trop aimé la Gloire. L'amateur de Louis XIV sera donc favorable au doublement des troupes françaises en Afghanistan et ne sera pas choqué par les interventions musclées de Tsahal dans les enclaves palestiniennes: dans le Palatinat, les dragons de Noailles n'ont pas été plus cléments. Au même moment, l'admirateur d'Henri IV relira Les Bucoliques, de Virgile, en songeant à relever l'agriculture française. Fidèle à l'enseignement d'Olivier de Serres, il sera un partisan de l'agriculture biologique, voire biodynamique, et s'attachera à «employer et cultiver les terroirs selon leurs diverses qualités, situations et climats». En nostalgique des ruffians de la Renaissance, le fidèle du Vert-Galant fera également des bâtards sans répit. C'est un peu démodé, mais c'est un signe de vitalité. Henri eut douze enfants illégitimes: surpasser cet exploit devrait assurer au nouveau recordman un passage nocturne à «On n'est pas couché». Ruquier en frémira d'admiration, Naulleau en rigolera, Zemmour applaudira à cette revanche sur les femmes castratrices.


Choisir son roi, c'est également choisir sa ville.  Henri IV, c'est Paris; Louis XIV, c'est Versailles. La vie dans le faubourg ou la vie aux champs, il ne faut pas se tromper d'adresse. Mais le style Louis XIV, ce n'est pas simplement la splendeur de Versailles. C'est l'esprit d'enfance qui imprègne l'art français du Grand Siècle, ainsi que l'a montré Philippe Beaussant dans Versailles, Opéra et Le Roi-Soleil se lève aussi. Le style Louis XIV est chantant et dansant. Le style du Béarnais a quelque chose de plus rustique et de plus viril. Voyez à Paris ces tracés qu'il a lui-même imaginés: le triangle de la place Dauphine, le grand carré de la place des Vosges. On sent immédiatement ce qui différencie le Paris géométrique et minéral d'Henri IV, vieille capitale royale célébrée par Guy Debord dans In girum imus nocte et consumimur igni, et le Versailles baroque, doré et enchanté de Louis XIV.

Du Roi-Soleil, nous nous faisons une image réelle, n'ignorant aucune de ses tâches — la révocation de l'édit de Nantes, les dragonnades, la destruction de l'abbaye de Port-Royal. Tandis que du Béarnais, nous nous faisons une image idéalisée. Élire celui-ci contre celui-là, c'est choisir l'histoire de France dans sa version enluminée, oublier le mal pour ne voir que le bien, les peines pour ne voir que les joies — et rêver d'une France réconciliée avec elle-même. Il n'y a même pas besoin d'être royaliste pour cela. Accorder l'avantage au Roi-Soleil, c'est rêver de gloire ombrageuse, de menus plaisirs, d'opéra et de théâtre, d'un nouveau Grand Siècle. À condition qu'elle soit républicaine, l'admirateur d'Henri IV se satisfera de la démocratie: il se souviendra de Jean Bodin, relira les Six Livres de la République . Le dévot de Louis XIV est incapable d'une telle souplesse. Son intransigeance est une question de style. Ce qu'il veut, c'est une monarchie absolue. Sinon rien.

Sérieux ou pas, c'est encore l"été, évadons nous avec celui de notre choix.....

(d"apres Le Figaro.fr)

Commentaires

bravo !

Écrit par : dumont | 26/08/2010

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