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29/01/2011

TATI VA POUVOIR ENFIN ..RETROUVER SA PIPE, PEUT- ÊTRE ?

 

 

tati1.jpg

 

Les députés PS ont accepté de retirer une proposition de loi visant à exclure les œuvres artistiques du champ d'application de la loi Evin. Le gouvernement promet une circulaire opérationnelle sous quinze jours. 

 

L'Assemblée nationale a renoncé, dans la nuit de mercredi à jeudi, à exclure le patrimoine culturel de la loi Evin contre le tabagisme. Les députés PS ont en effet retiré une proposition de loi en ce sens en échange de la promesse du gouvernement d'élaborer très rapidement une circulaire. Le texte visera, selon la secrétaire d'Etat à la Santé, Nora Berra, à garantir à la fois la préservation de l'intégrité des oeuvres culturelles et les objectifs de lutte contre le tabagisme. Il devrait être «opérationnel d'ici une quinzaine de jours».

La proposition de loi, déposée à l'initiative du député PS Didier Mathus, avait été adoptée la semaine dernière en commission des Affaires culturelles. Il prétendait lutter contre certaines «interprétations caricaturales de la loi Évin» et éviter ainsi la répétition d'«excès» qui ont fait grand bruit ces dernières années.

En 2009 par exemple, la régie publicitaire Métrobus avait fait scandale en remplaçant la pipe de Jacques Tati par un moulin à vent sur les affiches d'une exposition consacrée au cinéaste. En 2005, la cigarette de Jean-Paul Sartre avait été gommée du catalogue de l'exposition célébrant le centenaire de sa naissance à la Bibliothèque nationale de France. Dès 1996, c'est Malraux qui, représenté sur un timbre, avait été dépossédé de son éternelle cigarette. De nombreux élus se sont émus de ces retouches photographiques, qualifiées de «falsifications de l'Histoire» et d'actes de «censure» dignes des régimes totalitaires. «Il s'agit simplement de combler un vide juridique pour éviter qu'une interprétation détournée de la loi de 1991 ne conduise à la censure d'œuvres littéraires ou à la réécriture de l'histoire , expliquait Didier Mathus. Il n'y a que dans les pays totalitaires qu'on voit ça.»

 

Une «brèche dangereuse» dans la loi Evin

Malraux avec et Malraux sans.....jusqu'où est on allé ?

MalrauxTimbre.jpg

 

Réagissant à l'initiative de la proposition de loi, les associations anti-tabac, relayées par le gouvernement, avaient aussitôt dénoncé une «brèche dangereuse» dans la loi Evin et un «piège grossier» de l'industrie du tabac. Dans l'hémicycle, Nora Berra s'est opposée au texte, assurant que «jamais la loi Evin n'a contesté ni mis en question la préservation du patrimoine culturel» et que «jamais le ministère de la Santé ni d'ailleurs les associations, qui ont le droit d'ester en justice, n'ont attaqué une oeuvre culturelle véhiculant l'image du tabac». Nora Berra a parlé «d'auto-censure» plutôt que de «censure» dans les exemples mis en avant par le PS. Évoquant le risque d'une «brèche irréversible» dans la loi Evin, elle s'est «interrogée sur les arrière-pensées du groupe socialiste» et a jugé qu'avec l'adoption d'un tel texte, «rien ne pourrait plus s'opposer à l'utilisation déviée, par un biais 'artistique' et via des canaux difficilement identifiables, de l'imagerie du tabac par les industriels notamment».

Tati censuré :

faut_il_masquer_la_pipe_de_jacques_tati_mode_une.jpg«Prenant acte» de l'engagement du gouvernement, Didier Mathus a accepté de retirer sa proposition de loi, quitte à «revenir à la charge» lors d'une prochaine «niche» (séance réservée) de son groupe, en mars, si la circulaire promise ne permet pas de combler le «vide juridique» actuel.

et un peu d'humour pour remplacer l'humeur (Tati oblige!)

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