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06/04/2011

UN TERRE PAS SI RONDE QUE ÇA, POURQUOI ?

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Le satellite européen Goce a mesuré avec une précision inédite les variations infimes de la gravité terrestre.

 

Si la Terre était d'une rondeur parfaite, la valeur de l'accélération de la pesanteur (g) serait partout la même (9,8072467 mètres par seconde au carré et des poussières). Mais voilà, la surface de notre belle planète est pleine de défauts et d'aspérités.

Pour commencer, elle tourne sur elle-même et ce mouvement perpétuel de rotation a pour effet de l'aplatir au niveau de ses pôles. Il y a aussi les montagnes ainsi que les fosses et les dorsales océaniques, sans oublier la distribution irrégulière de sa masse interne. Enfin, la présence de grands réservoirs d'eau (lacs, mers intérieures) et l'action des marées achèvent de «cabosser» notre globe terrestre.

 

 

Résultat: la force qui colle irrésistiblement nos pieds au sol et nous empêche de flotter dans le vide, n'est pas la même en tout point. Même si les différences sont minimes, on ne pèse pas le même poids selon que l'on se trouve au pôle Nord ou à l'Équateur, au sommet de l'Éverest ou sur les rives du Jourdain, à 300 m sous le niveau de la mer…

Pour mesurer au dix mille milliardième près et en 3D ces infimes variations de la gravité terrestre, l'Agence spatiale européenne a lancé, il y a deux ans, un satellite étonnant, Goce, dont une deuxième salve de résultats a été présentée vendredi et jeudi à l'université technique de Munich.

Dotée de six accéléromètres ultrasensibles conçus par les ingénieurs de Thales Alenia Space à Cannes, cette petite sonde de 1100 kg, en forme de torpille qui suit une orbite très basse de 255 km d'altitude (ce qui est très peu pour un satellite), vient de fournir aux scientifiques le «géoïde» le plus précis jamais obtenu à ce jour.

Ce terme jargonneux désigne la forme théorique qu'aurait la Terre au centimètre près, compte tenu des microvariations de g, si les océans étaient parfaitement immobiles. Autrement dit, s'il n'y avait ni vents ni courants, ni vagues, ni marées. Sur chacun des points du géoïde, en effet, la gravité est la même, du coup, une balle imaginaire située sur une «bosse» ne roulerait pas dans un «creux» adjacent.

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Grâce à ce référentiel hors pair, les scientifiques vont pouvoir étudier comme jamais la circulation océanique, en particulier les grands courants comme le Gulf Stream qui redistribuent la chaleur sur toute la surface du globe, mais aussi la dynamique des glaces ainsi que les variations du niveau des mers en corrigeant les hauteurs brutes obtenues par les satellites d'altimétrie comme le franco-américain Jason. De quoi mieux comprendre les mécanismes et les conséquences du changement climatique. D'autant qu'une troisième version améliorée du géoïde est attendue cet automne au terme d'une nouvelle campagne de mesures. «Plus nous collecterons de données, plus le géoïde sera affiné et plus nous pourrons faire de la bonne science», s'est réjoui Rune Floberghagen, le responsable de la mission Goce à l'ESA.

Autre application: Goce va permettre de mieux comprendre la structure interne de la Terre, notamment au niveau des zones de subductions responsables de séismes calamiteux comme celui qui a frappé le Japon le 11 mars. Et peut-être de mieux prévoir ces cataclysmes.

Pour le grand public, «ces données vont permettre d'améliorer la précision des systèmes de navigation» comme le GPS ou le futur Galileo européen a souligné Volker Liebig, le responsable du programme Observation de la Terre à l'ESA.

Pour l'instant, la mission de Goce est financée jusqu'à fin 2012. Mais devant son bilan exceptionnel, les scientifiques font pression pour qu'il bénéficie d'une rallonge. Une chose est sûre: le satellite, équipé d'un petit moteur à propulsion ionique lui permettant de garder une altitude constante, dispose de suffisamment de carburant pour tenir jusqu'en 2014.

(sources Le Figaro.fr)

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