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16/07/2011

EUROPE : UNE ECONOMIE RURALE SOUVENT LIMITEE A L'AGRICULTURE

 

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« L’agriculteur tout seul au milieu d’un désert n’a jamais permis d’avoir des villages vivants. » Le discours du Président de la région Limousin, Jean-Paul Denanot (photo), n'a rien de tapageur mais il est pourtant loin de faire l’unanimité en Europe. Depuis toujours, les fonds consacrés par l'UE au développement rural ont été taillés sur mesure pour conforter le secteur agricole.

Au début des années 2000, les campagnes ont officiellement reçu leur propre enveloppe. Mais elle estJean-Paul_DENANOT.jpg toujours intégré au budget de la Politique agricole commune ("deuxième pilier"). Et les projets non agricoles occupent une place résiduelle.

Entre 2007 et 2013, seuls 11% des fonds financent l'aménagement des campagnes. Pis, les Etats n’hésitent pas à manier la serpe dans les aides au développement rural pour sauvegarder, en contrepartie, les paiements directs historiquement accordés aux agriculteurs.

Marre de récolter des miettes

Lors des dernières négociations budgétaires, les ministres avaient raboté de 20 milliards d'euros le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), le ramenant à 69,75 milliards, soit 0,37% du budget communautaire. Des miettes, alors que les espaces ruraux représentent 91% du territoire européen.

En plus d’être sous-doté, le développement rural est donc phagocyté par l’agriculture. Et la France a tout fait pour que cette double anomalie persiste. « Sous De Gaulle déjà, Pompidou estimait que les espaces ruraux étaient avant tout français, et qu’ils ne pouvaient pas être contaminés par l’Europe », explique une spécialiste.

Plus tard, en 1996, lorsque le commissaire à l’Agriculture Franz Fischler reprend en main le développement rural, il convoque une grande conférence sans convier les agriculteurs. « Fischler a eu l'espoir de faire naître un deuxième pilier pour la PAC qui deviendrait plus fort que le premier », poursuit l’analyste. Pari manqué. Le développement rural reste un nain budgétaire et la FNSEA tire les ficelles «pour qu'il continue de financer les projets agricoles».

Et ce schéma n’est pas prêt de voler en éclats. Le Comité des Régions pourrait faire pression pour que les fonds dédiés aux campagnes entrent dans le giron de la politique régionale, mais ses membres sont divisés. En France, l’Auvergne et le Limousin continuent pourtant de militer en ce sens. Manque de chance, le commissaire européen chargé de la Politique régionale, Johannes Hahn, semble plus intéressé par le sort des villes. Celles-ci bénéficient d’ailleurs d’un traitement particulier au sein de la politique de cohésion à travers les « projets urbains intégrés », financés à hauteur de 500 millions d’euros en France jusqu’en 2013.

Miser sur la politique régionale

Avec ses propositions budgétaires publiées le 29 juin, la Commission a cependant envoyé des signaux positifs. « Les bases qu’elle a jetées sont intéressantes, il ne faut pas cracher dans la soupe », commente Jean-Paul Denanot. S’il reste « vigilant » sur le maintien des 89,9 milliards d’euros proposés par Bruxelles pour le développement rural, « il n’est pas inimaginable qu’il y ait à l’avenir une gestion rapprochée du Feder, du Feader, voire du FSE ». D’ici la fin de l’année, la Commission européenne lèvera le voile sur ses intentions.

En tête de cortège des initiatives bien accueillies, la nouvelle cagnotte de 39 milliards d’euros accordée aux « régions en transition ». Le Limousin, qui a subi la crise de plein fouet avec 10% de ses emplois industriels détruits entre 2008 et 2009, se réjouit de cette manne. L’Auvergne attend de connaître les chiffres du PIB retenus par Bruxelles pour savoir si elle rejoint le club.

hahn_01.jpgPour ces régions enclavées et dépourvues de lignes TGV, la création d’un fonds sectoriel dédié aux transports est également vue d’un bon œil. En rencontrant le commissaire Hahn(photo) le 30 juin, les exécutifs des régions Auvergne, Limousin et Centre ont cependant essuyé une petite déconvenue : l’argent serait uniquement dédié aux projets ayant une vraie dimension européenne.

Autant dire qu’une ligne à grande vitesse Paris-Limoges ne serait pas dans les clous. Aucune dérogation possible ? « J’ai posé la question à trois reprises, pour savoir si les régions intermédiaires ne pourraient pas en bénéficier. La première fois, il a fait la moue, la troisième fois, il a dit qu’il verrait. La porte n’est pas fermée », se réconforte Jean-Paul Denanot.

L'innovation déclinée dans les zones rurales

La capacité des régions rurales à profiter de la politique régionale européenne dépendra aussi de leur habileté à présenter des projets pertinents. Or, l'innovation et la participation aux objectifs Europe 2020 font partie des grandes priorités de la Commission. Sur ce sujet, l’Auvergne pose ses conditions : « Oui à l’innovation à condition qu’elle ne soit pas perçue comme exclusivement technologique », plaide René Souchon, président de la région Auvergne. Exemple à l’appui, il cite le cas d’un projet né dans le Puy-de-Dôme, baptisé Grammi, qui se propose d’exporter à l’international les musiques et films produits par des artistes locaux.

Le Limousin, quant à lui, veut continuer de cultiver son image verte, mais à travers les énergies renouvelables. « Il y a de vraies perspectives dans ce domaine, avec la possibilité de trouver dans les zones rurales des capacités de production d’énergie, de solaire, d’éolien, mais aussi dans la filière bois », insiste Jean-Paul Denanot. Ce n’est pas Bruxelles qui va le contredire. La Commission veut inciter les régions en transition à investir 20% de leurs aides régionales européennes dans les énergies renouvelables.

(source Euractiv.fr)

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