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18/08/2011

LE BONHEUR D'ÊTRE FRANÇAIS : SACRÉES FRANÇAISES.....

 

 

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LE BONHEUR D'ÊTRE FRANÇAIS (Feuilleton de l'été, 16/30) - Elles incarnent la femme idéale : élégante, amusante et brillante. Mais, en matière d'égalité des sexes, notre pays semble très arriéré. (il n'est pas le seul)

 

S'il est une chose dont les Français sont particulièrement fiers, c'est des Françaises. À juste titre, d'ailleurs. Imaginez une Christine Lagarde britannique. Tous les jours à la télévision, vous auriez une sorte de reine d'Angleterre, avec ses terrifiants pots de chambre roses sur la tête, dans votre intimité ! Dans l'esprit de nos concitoyens, le chic, l'élégance, la mode, ce sont les Françaises. Lorsqu'on parle, d'ailleurs, de la femme française, c'est de la Parisienne qu'il s'agit. Il n'est d'élégance que de Paris. Une fois de plus, sur ce sujet, le décalage entre ce que pensent les Français et le reste du monde est abyssal. Bien sûr, du Turkménistan jusqu'au Zimbabwe, la Française demeure une femme idéale, belle, brillante, amusante. Élégante, elle a du style sans renier son physique. Mais dès qu'il s'agit d'égalité des sexes, le Forum économique mondial place notre pays à la quarante-sixième position, loin derrière tous les pays européens, les États-Unis et la Russie ! Pour mes amies new-yorkaises femmes d'affaires, les Françaises sont pour la plupart légères et futiles. Elles ne sont pas des exemples à suivre.

Pour les Anglo-Saxons, la mode, celle qui forcément était de Paris, avec les Mme Grès, Balenciaga, Chanel, Givenchy, Dior et Saint Laurent, n'existe plus. Il y a désormais des modes, sur un pied d'égalité. Elles peuvent provenir du Kansas ou de la Mongolie. Celle de Milan, affirment-ils, a détrôné celle de Paris. Giorgo Armani, prétendent-ils, a davantage de talent que tous les Lagerfeld et Gaultier réunis. Ce n'est pas innocent : en affaiblissant Paris, Londres et New York tentent aussi de s'imposer comme des capitales de la mode. Cela n'est pas simplement une bataille économique ou de talent. C'est d'abord un conflit de valeurs. De conception de la vie en société. De regard sur l'autre. D'égalité entre les cultures. De ce point de vue, les Anglo-Saxons nous écrasent. Leur langue s'est imposée sur la planète. Leurs principes du capitalisme protestant également. Et, depuis les années 1970 et l'entrée massive des femmes dans le monde du travail, l'égalité entre hommes et femmes est devenue un marqueur important de l'évolution de nos démocraties.

Dans l'histoire des États-Unis, les femmes, qui, au XIXe siècle, étaient moins nombreuses que les hommes et que l'on vénérait donc, ont toujours joué un rôle central dans la société. C'est cette conception matriarcale de l'organisation sociale qui désormais s'impose dans le monde occidental et moderne. Sauf en France. À responsabilités égales, les femmes y touchent des salaires de 30 % inférieurs. Dans le cercle des entreprises - celui qui compte -, aucune d'entre elles n'est à la tête d'une des sociétés du CAC 40. En politique, les Françaises sont traitées avec une condescendance machiste. Dans le milieu de la mode, un John Galliano, militant gay, a pu, des années durant, transformer les femmes en perruches grotesques et multicolores sans subir la moindre critique. Lorsqu'elles ont le malheur de se retrouver mères célibataires - elles sont 2 millions dans cette situation -, la plupart des Françaises dégringolent de l'échelle sociale. Cela ne choque personne. Les revendications des Françaises sont qualifiées de féministes, c'est-à-dire dépassées. Elles sont traitées avec une bienveillance paternaliste. Ou tournées en ridicule.

En matière d'égalité des sexes, j'ai l'impression d'être en France dans un pays arriéré. Dans les réunions de cabinet ministériel auxquelles j'assiste, j'observe les jeunes femmes : elles minaudent souvent, passent de petits billets à leurs collègues masculins, jouent aux petites filles. Je ne tolérerais pas ce genre de comportement pour ma fille, qui a 9 ans. Dans les entreprises, lorsqu'elles accèdent à des postes de responsabilité, je les vois parfois jouer aux sales mecs, singeant les pires travers masculins. Bien habillées, mais jamais naturelles. Élégante, donc, mais pas facile à vivre, la Française. Elle a tous les défauts du mâle tricolore, en pire, car plus complexée. Elle est chauvine, individualiste, rarement gaie, revendicative pour des détails et souvent rancunière. Du coup, elle est souvent célibataire. Elle paie cher un demi-siècle de révolution ratée, durant lequel, au lieu de s'organiser pour obtenir des résultats concrets à l'égal des Allemandes ou des Américaines, la Française a traîné les hommes dans la boue, au prétexte que ces messieurs la prenaient pour un simple objet sexuel. Ensuite, elle leur a reproché de ne pas savoir se montrer tendres, et de ne pas pleurer s'ils étaient malheureux. Une fois qu'ils ont appris à verser leurs larmes, les hommes se sont fait traiter de chiffes molles, de piliers de bistrot, d'ennemis de la famille. Puis, lorsqu'ils ont grisonné, à nouveau de vieux boucs. Triste bilan : cette irrationalité des très confus «combats féministes», menés par une bande de sottes travaillant dans la presse, n'a rien donné, pour atteindre la parité hommes-femmes en France.

Causes perdues 

Jusqu'à quel point les femmes sont-elles les responsables de cette situation ? Personnellement, je crois qu'elles le sont entièrement. Elles demeurent soumises au regard des hommes. Un petit tour à Paris me le confirme. Plusieurs sortes de femmes se promènent dans les rues. Elles se suivent, complaisantes, passionnées, crédules, tristes, grassouillettes ou anorexiques, petits rôles ou figuration intelligente, elles ont l'air de citoyens de seconde zone.

Commençons par la cocotte. Elle se remarque au premier coup d'œil : elle n'est pas habillée, elle est déguisée. Elle s'aventure de sa banlieue jusqu'au centre de la capitale. Mais, instinctivement, elle est déjà parisienne : elle porte sa robe et son sac avec candeur, même si la bourgeoise s'écarte, en la considérant de haut.

En public, la bourgeoise se montre discrète, lointaine, éthérée, pressée. Mais chez elle, elle est assommante, elle vous contredit sans cesse. Molière l'a bien décrite dans Les Femmes savantes : après avoir élevé deux ou trois enfants, elle sait tout. Dès que vous ouvrez la bouche, elle vous coupe. Voulez-vous évoquer tranquillement avec un ami un souvenir gastronomique ? Elle s'interpose : «Le meilleur chou farci ? Ah, mais non, vous n'y connaissez rien, c'est chez X !» Suit le nom d'un chef trois-étoilé. De la cuisine marocaine, si merveilleuse dans ses assemblages ? «Ah, mon pauvre ami, ils sont encore si loin de la gastronomie française !», sur un ton pontifiant. D'un voyage ? Elle vous récite le Guide bleu. Évoquez-vous une maison sublime à Rio ? «Rien n'est plus agréable que nos appartements parisiens, non ?»

Il faut en être bien conscient : la Parisienne ne peut vivre qu'à Paris. Si possible au coin de la rue du Bac et de la rue de Grenelle, près de son fromager chéri décoré de la Légion d'honneur, ou des fruits et légumes «tellement frais» du Bon Marché. La rue de Verneuil convient encore, mais c'est déjà «excentré». Ne songez pas à traverser la Seine. Si vous éloignez la Parisienne de son quartier, vous risquez gros. Toutes mes tentatives pour en implanter, même temporairement, en province, aux États-Unis ou en Chine se sont soldées par des divorces.

La Parisienne est forcément une militante. Elle se bat pour des causes perdues. Comme l'utilisation du fil dentaire après le brossage du soir. Ou la création d'un État palestinien. On est vite mis au courant de l'obsession du moment. À Paris, les femmes sont nécessairement des intellectuelles. Très conformistes. Les audaces, elles les réservent à ce savant mélange entre le style BCBG et l'improvisation des tenues. Une Anglaise qui se permettrait ces excentricités aurait l'air d'une courge peinte à la main.!?

Le bon sens des sens 

Dans sa vie sentimentale, la Parisienne a beaucoup de sortilèges, car elle place son idéal dans la force de ses sentiments. Elle a besoin que son âme frissonne, mais elle la met facilement en charpie : ses songes sont flous. Son intelligence du désir est toujours enthousiaste et définitive comme un bonheur éperdu, même si cela se résume finalement à ce mot de Sacha Guitry : «C'est très simple : on se veut et on s'enlace ; puis on s'en lasse et on s'en veut.» Une Parisienne a une sorte de bon sens des sens. Elle pourra vous dire : «Passons la nuit ensemble. Malheureusement, ensuite, nous ne pourrons plus nous revoir.» Et, dans la seconde : «M'aimes-tu ?» Égarée entre son narcissisme et son jansénisme, elle vise plus haut que son cœur, elle bovaryse, elle enroule et déroule ses émotions comme un yoyo, elle a finalement une vraie désinvolture, sauf pour ses plus fidèles regrets. Les hommes s'y noient, perdent pied dans ce marais, ils finissent au Lexomil ou au scotch.

L'attrait de la Parisienne vient de son air de liberté, d'une insouciance faite de futilité, de drôlerie et d'ambiguïté. Elle apprécie les bons mots, et semble dire : «L'homme n'est qu'un homme, et la vie est courte.» Elle se sait condamnée par le temps, alors elle n'aime pas les idées compliquées. Elle est moins ennuyeuse que les hommes de ce pays, qui râlent, critiquent les responsables politiques, l'État, le système social, qui toujours se posent en victimes d'une institution ou d'un néfaste personnage. Les femmes françaises préfèrent le champagne, les pêches, les fromages, tout ce qui est excitant, doux ou épicé. C'est vrai, elles paient cher cette bonne manière faite aux hommes. Mais on ne peut pas leur en vouloir de n'être que des créatures imparfaites.

Comment ne pas pardonner à une femme sans laquelle l'on ne peut pas vivre ? Pour un Français, le danger de côtoyer une Française occupe toute l'existence.

(source LeFigaro.fr)

(loin de cautionner tout ce qui est écrit, je le livre à votre lecture, après tout, l'expression est libre)

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