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03/08/2011

ETATS UNIS : FACE AUX CARTES BANCAIRES LA PLANCHE A BILLETS RALENTIT...

 

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Les États-Unis impriment de moins en moins de billets, concurrencés par les cartes et paiements électroniques.

 

Au cours de la dernière année fiscale, le nombre de billets d'un dollar sortant des presses du gouvernement fédéral, ici et à Fort Worth, dans le Texas, a atteint son niveau le plus bas de l'époque moderne. La production de billets de 5 dollars est elle aussi à un plancher depuis 30 ans et, pour la première fois depuis les années 1980, le département du Trésor n'a imprimé aucune coupure de 10. Le message semble clair: le papier ne fait plus recette.

Sur les sites en ligne comme dans de nombreux avions, on règle ses emplettes, en-cas et autres articles duty-free par carte. Comme 36% des courses en taxi à New York l'an dernier. Au bar du Commerce, un restaurant de Manhattan, le menu annonce la couleur: «Cartes de crédit uniquement».

Les transactions en espèces sont difficiles à surveiller. Mais un chiffre est révélateur: en 1970, au début des cartes de paiement, la valeur des billets verts en circulation aux États-Unis équivalait à près de 5% de l'activité économique du pays. En 2010, ce taux n'était plus que de 2,5% environ.

«Ce matin, j'ai acheté du lait dans une station Mobil. J'ai payé les 2,50 dollars par carte, raconte Tony Zazula, copropriétaire du Commerce. J'ai encore du liquide sur moi, mais pour les pourboires uniquement.»

On pourrait facilement en conclure que la monnaie papier est condamnée à disparaître mais rien n'est moins sûr. C'est encore le meilleur moyen pour payer les baby-sitters et les grooms. Bon nombre de petites entreprises américaines entre un tiers et la moitié, selon les estimations refusent les cartes de crédit. Quant aux malfaiteurs, ils préfèrent les espèces: le gangster Whitey Bulger, arrêté le mois dernier, réglait depuis quinze ans son loyer en liquide.

Une durée de vie de 40 mois

Devant cette omniprésence du billet et cette constance des usagers, Ron Shevlin, d'Aite Group, un cabinet d'analyses financières de Boston, a calculé que les Américains utiliseraient encore ce mode de paiement dans 200 ans. «Le liquide nous convient, souligne-t-il. Même si la tendance est nettement à la baisse, les tenants du changement surestiment toujours le rythme de cette évolution.»

Les futurologues qui prédisent depuis longtemps la fin des billets de banque se sont aussi trompés quant au succès des coupures de 100 dollars, l'un des produits d'exportation américains préférés de l'étranger. En 20 ans, la demande a explosé pour ce billet à l'effigie de Benjamin Franklin, aussi précieux que l'or dans certaines régions instables. L'année dernière, le Trésor a pour la première fois imprimé plus de coupures de 100 dollars que d'un dollar. Aujourd'hui, plus de 7 milliards de billets de 100 circulent dont les deux tiers, selon la Fed, à l'étranger. En 2003, des soldats américains qui fouillaient l'un des palais de Saddam Hussein sont tombés sur 650 millions de dollars, en billets de 100 flambant neufs.

Cet engouement est une aubaine pour les États-Unis. Les billets, imprimés par le Trésor, sont émis par la Réserve fédérale, qui règle au Trésor des coûts de production (environ 10 cents le billet) puis échange les coupures à leur valeur faciale pour des titres qui rapportent des intérêts. Plus elle émet d'argent, plus cela lui rapporte d'intérêts. Chaque année, la Fed reverse au Trésor une partie de cette manne, qui a dépassé les 20 milliards de dollars en 2010. Pour répondre à la demande, la Fed a passé des accords avec des banques qui gèrent les entrepôts chargés de distribuer les billets à Londres, Francfort, Singapour et dans d'autres centres financiers. En mars, la valeur de tous les billets en circulation a atteint le niveau record d'un billion, notamment grâce aux billets de 100.

La production de monnaie papier recule bien plus vite que son utilisation, les billets durant plus longtemps. Grâce à la technologie, un billet résiste désormais 40 mois contre 18 il y a 20 ans. Les banques renvoient les usagés à la Fed, qui les remplace. Il y a peu, ces billets et ceux qui avaient été pliés passaient au pilon, les scanners n'arrivant pas à faire la distinction entre un pli et une déchirure. Plus maintenant. En 1989, la Fed avait remplacé 46% des billets ainsi récupérés. En 2010, ce taux est tombé à 21%, le reste ayant été réinjecté.

«Ce mode de paiement perdurera»

Aux États-Unis, la banalisation du paiement électronique réduirait le nombre de transactions en liquide. Les automobilistes utilisent des badges pour les péages. Les usagers des transports en commun possèdent des cartes prépayées. Et les hottes du père Noël débordent de cartes cadeau. M. Zazula affirme que 85 % de ses clients réglaient déjà par carte de crédit et que le transport de fonds était risqué. «Certaines personnes s'emportent encore quand nous refusons de prendre le liquide, reconnaît-il, mais souvent, c'est pour la forme: elles finissent toujours par sortir une carte de crédit.» Rien n'oblige les entreprises à accepter les espèces, mais la plupart ne tiennent pas à contrarier leur clientèle.

«Ce mode de paiement perdurera, pour des raisons plus ou moins honorables», souligne Doug Johnson, chargé de la gestion du risque à l'American Bankers Association. «Mais j'étais content d'avoir du liquide sur moi hier, ajoute-t-il. Je suis tombé en panne et j'ai pu donner un pourboire au dépanneur».

Et chez nous ? 

(source LeFigaro.fr)

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