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25/08/2011

ÉTHYLOTESTS OBLIGATOIRES DANS LES DISCOTHÈQUES

 

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La mesure sera appliquée cet automne. L'alcool au volant est la première cause de mortalité sur les routes françaises. 

 

La mesure avait été annoncée en 2008, lors d'un comité interministériel de la Sécurité routière, et elle devrait enfin être appliquée dans les prochains mois. L'arrêté faisant obligation aux discothèques de se doter d'un dispositif de dépistage d'alcool est en cours de signature par les trois ministères concernés: les Transports, l'Intérieur et la Santé.

Concrètement, ce texte vise les établissements ouverts entre 2 heures et 7 heures. En plus des 2500 discothèques en France, d'autres lieux sont concernés, comme l'explique le Synhorcat (Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs): «2500 bars à ambiance musicale, 420 cabarets, 75 bars d'hôtels, soit près de 5500 structures», selon son directeur général, Franck Trouet.

Cette future réglementation laissera le choix aux professionnels entre le recours à l'éthylotest électronique (aussi appelé éthylomètre ou borne) et l'éthylotest chimique. Sur les quantités, des précisions sont livrées. Concernant les éthylotests chimiques, le texte impose un nombre minimum obligatoire: 50 et ce quelles que soient les capacités d'accueil de l'établissement. L'arrêté signale aussi que le stock devra correspondre au quart du taux de fréquentation. À propos des éthylotests électroniques, il est indiqué que le client ne devra pas avoir à attendre plus de quinze minutes pour l'utiliser, ce qui correspond à une borne pour 300 personnes. Enfin, ces dispositifs seront financés par les responsables des établissements.

Ainsi rédigé, le texte réduit considérablement son champ d'application car initialement il visait l'ensemble des établissements de nuit servant de l'alcool, soit quelque 200.000 adresses! Avec une obligation d'équipement circonscrite aux seuls lieux ouverts entre 2 heures et 7 heures, les cafetiers s'en tirent à bon compte. Ils échappent quasiment tous à ces nouvelles exigences. Seul texte qui les concerne: une charte signée en juillet 2010, les invitant à favoriser l'autoévaluation de l'alcool par leurs clients. Rien de contraignant donc. «On s'est battu pour cela», se réjouit Laurent Lutse, président de la fédération des cafés et brasseries au sein de l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie (Umih).

 

 

Autre motif de satisfaction: dans sa première version, le texte ne parlait que d'éthylomètres. «On a tout fait pour imposer des éthylotests chimiques, car l'acquisition d'une borne impose une dépense de 5000 à 8000 euros. Une somme trop lourde pour certains établissements», estime Franck Trouet en ajoutant: «Et puis, quelques lieux ne se prêtent pas à l'installation de ce genre d'appareil: imaginez le bar du Bristol avec un éthylomètre !» C'est sûr, l'appareil se fondra mieux dans une discothèque… Mais tous s'inquiètent de l'usage qui sera fait de ces dispositifs et redoutent qu'ils servent à des concours de soûlographie. Selon le président du Synhorcat, Didier Chenet, il existe une parade à ce risque: «Il faut laisser la possibilité aux responsables des établissements de rendre payant l'éthylotest ou l'usage de la borne.»

Du côté du Syndicat national des discothèques et lieux de loisirs (SNDLL), le ton est tout autre. «C'est un texte anti-boîte de nuit. Il ne fera qu'enrichir les fabricants de bornes dont les résultats ne sont pas toujours fiables», s'insurge son président, Patrick Malvaës, persuadé que ces mesures, «parfaitement inefficaces», seront par ailleurs sources d'ennuis judiciaires.

«Si un client positif prend quand même sa voiture, on ne peut rien faire, car nous n'avons pas de pouvoir de police. Mais on ira chercher la responsabilité du gérant car la machine aura révélé la présence d'alcool», assure-t-il, jugeant cet arrêté, qui ne vise que les lieux ouverts entre 2 heures et 7 heures, hypocrite: «Ne sont concernés que ceux qui servent la dernière goutte et on épargne donc ceux qui vendent le premier verre! C'est insensé.» Pour lui, la seule mesure qui vaille est l'éthylotest antidémarrage dans le véhicule: «Mais le lobby de la voiture fait barrage !»

Une fois en vigueur, ces dispositions compléteront diverses mesures déjà existantes pour lutter contre l'alcool au volant, devenu première cause de mortalité sur nos routes. Parmi elles, l'interdiction de vente de boissons alcoolisées entre 18 heures et 8 heures dans les stations-service.

(source LeFigaro.fr)

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