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03/09/2011

LAISSONS NOS ENFANTS NOUS DECEVOIR.....

 

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 Ils ont beau être la chair de notre chair, ils sont parfois de vrais crève-cœur... et c’est tant mieux, affirme Maryse Vaillant (photo) dans Etre mère : mission impossible ? (1). D’après la psychologue, être déçu par sa progéniture est une épreuve nécessaire pour accepter l’enfant dans sa singularité. On author_cover_maryse_vaillant_57133_250_350.jpgen prend note et on s’en souviendra le jour de la rentrée !

Flemmard, cancre, menteur, fumeur sapeur... Notre poupon merveilleux a grandi, pas toujours à la hauteur de nos espérances. En finir avec l’enfant idéal, c’est grave, docteur ? Avec intelligence et bienveillance, la psychologue Maryse Vailllant s’en réjouit plutôt pour nous ! Avant-goût des déceptions à venir, et de la parade à prévoir. Un jour ou l’autre, on est forcément déçue parce que...

... C’est pas un intello
Notre futur chirurgien commence à donner des signes de fatigue dès le CM1 ? La blessure narcissique peut être très rude : « Être une bonne mère en 2011, c’est, avant tout, avoir un enfant bon élève, explique Maryse Vaillant. Alors que jadis, bien éduquer son enfant consistait davantage à lui transmettre des valeurs comme la politesse, le sens de l’effort... L’enfant qui ne réussit pas en classe est vécu très douloureusement par les mères aujourd’hui, et pour cause : la déception et la souffrance sont actées, sous le regard des autres parents. On est très tôt dans un système concurrentiel impitoyable, où l’enfant est soumis à une norme absurde selon laquelle il n’y a qu’une façon de réussir, via les prépas ou les écoles d’ingénieur... », poursuit la psy. À nous de ne pas céder à l’ambiance compét’ et d’accompagner notre enfant dans ses talents particuliers. Au lieu de forcer sur les cours de rattrapage dans les matières faibles, on souligne ses points forts. Condition sine qua non pour développer la confiance en soi.

 

... Il nous abandonne
Les mères ont beau savoir consciemment que leur enfant les quittera un jour, la séparation est toujours vécue comme une blessure, affective cette fois. L’abandon, progressif, débute quand l’enfant refuse les bisous, ferme son cœur et la porte de sa chambre, à la préadolescence. Épreuve rude pour celles qui n’ont pas compté leur temps ou leurs nuits. « Cette désillusion est inhérente à la nature même de la maternité. On aime son enfant non seulement bien qu’il s’en aille, mais on l’aime pour qu’il s’en aille, assure la psy. Et on s’efforce de lui donner une qualité d’amour qui doit lui permettre de partir sans claudiquer. » C’est le grand paradoxe de la maternité, et ce qui en fait une mission, sinon impossible, du moins difficile...

(1) Aux éditions Albin Michel.


Le grand paradoxe de la maternité

... Il nous colle !
Cela prouve à quel point la bonne distance est difficile à évaluer... Les mères se plaignent surtout de cette attitude « glu » avec un garçon : on rêve d’un « petit mec » fort, leader, on se retrouve avec un mini-Tanguy qui se régale de notre tendance à être un rien possessive. Et déclenche illico le bouton « culpabilité » : « Il faut savoir que toute déception pousse immédiatement les mères vers le sentiment de culpabilité. C’est plus fort qu’elles ! Car la culpabilité n’est que l’ombre portée de la toute-puissance maternelle », dénonce la psy. Comprenez : être déçue, c’est normal. Mais culpabiliser par-dessus le marché, non !

On aime son enfant non seulement bien qu’il s’en aille, mais on l’aime pour qu’il s’en aille.

 ... Elle n'est pas féministe pour deux sous

Dès 9 ans elle réclame son gloss Hello Kitty, à 13 ans son soutien-gorge paddé, à 14 ans ses socques à plate-forme de 12 centimètres, à assortir à son micro-short et ses yeux charbonnés. Nos filles rient devant les séries machos qui véhiculent les clichés antiféministes ? Il y a de quoi décevoir les mères qui, elles, traînaient en jean et Pataugas ! « Les filles, très tôt, se précipitent sans s’en rendre compte dans les fantasmes masculins, et ce phénomène très actuel est souvent très déstabilisant pour leurs mères, atteste Maryse Vaillant. Mais c’est à elles de dire non à un attirail hypersexy. Il y va de la responsabilité de parents quand une jeune fille risque de se mettre en danger, en troublant les hommes sans même en avoir conscience », poursuit la psy.


"La déception signifie qu'on a lâché l'enfant"


...Il a tout de son père

Nez retroussé, œil bleu glacier..., c’est tout lui. Et nous, dans l’affaire ? Cette désillusion en dit long sur le fantasme des mères, qui est souvent de recréer un enfant à leur image. « Il faut pourtant bien accepter que cet individu-là soit radicalement différent de nous, et le brassage génétique – nez du grand père, mollets de la tante – est un frein à la toute-puissance maternelle », souligne Maryse Vaillant, qui ajoute : « Certaines mères sont amères parce que leur enfant ne partage pas du tout les mêmes passions : elles aiment la musique, il n’aime que le sport... C’est au contraire très bon signe : ces enfants se sont nourris de la passion parentale mais s’en sont distancés pour trouver leur propre chemin. »

...Il se fait du mal
Il se nourrit de cheeseburgers, sort en tee-shirt sous la pluie et ne méprise pas un « binge drinking » le samedi soir. « C’est une manière ostensible de marquer son autonomie. Une prise de distance radicale avec le corps maternel. Que dit-il, sinon “c’est mon corps, j’en fais ce que je veux” » ? interroge Maryse Vaillant. Certes, c’est un rude coup porté à notre mission première, la protection. À 8 mois, on l’empêchait de mettre ses doigts dans la prise. À 18 ans, il fume dix cigarettes par jour, et nous ne pouvons rien y faire. « Soyez tranquilles, rassure Maryse Vaillant, un enfant qui “fait la nique” à sa mère de façon si manifeste n’ira pas réellement et forcément se mettre en grand danger. Ceux qui attentent à leur vie sont généralement plus discrets. »

...Il est déçu lui aussi ?
Trouve qu’on parle trop fort, qu’on soupire souvent, qu’on ne fait rire personne, qu’on s’habille ringard... Dès l’âge de 10-11 ans, nos rejetons découvrent que les héros de leur enfance sont en train de choir de leur piédestal ! Tout comme la jeune ado du film iranien « Une séparation » (réalisé par Asghar Farhadi), ils ouvrent les yeux sur la lâcheté, le mensonge, la couardise de leurs aînés... Bref, chacun, parent et enfant, découvre la vraie réalité de l’autre. « Pour pasticher Winnicott, il faudrait être “suffisamment déçue” pour être une suffisamment bonne mère ! La déception signifie qu’on a lâché l’enfant. On accepte bon an mal an de le voir grandir et partir », conclut la psy.

 

(source LeFigaro.fr) 

08:00 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)

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