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08/10/2011

ILE SEGUIN : LES GRANDES TABLES, UN RESTAURANT EPHEMERE DU CHEF ARNAUD DAGUIN

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Encore un restaurant éphémère ! Je vous vois la main devant la bouche, hésiter entre effroi de fourmi et bâillement. Rien de plus barbant que ces chefs qui apparaissent un soir, voltigent, écument et repartent la bouche en cœur. Le temps d'esbaudir les pâmés du genre, le chef est retourné dans sa vraie cuisine se coltiner avec le déjeuner, le ­dîner. Je crois plus volontiers à cette cuisine qu'à ces météorites nonchalantes, travaillant un brin d'herbe dans la bouche. Lorsque l'on sait le nombre de semaines qu'il faut à un bon chef pour caler une table, dompter ses feux, trouver les produits, on ne peut que rester songeur devant ces mascarades médiatiques. Autant faire venir un grand chef de Rio et lui demander de faire le singe dans un palace parisien. Cela est pittoresque mais insignifiant. Et grosso modo, désobligeant pour le cuisinier. Aussi, lorsque Arnaud Daguin s'est installé dans un restaurant éphémère dans le chantier de l'île Seguin, on a eu une pensée affectueuse pour lui… 

Le lieu.Il est détonnant dans cette friche industrielle avec ses containers empilés, son petit chapeau transparent et ses tubulures grimpant hardiment au-dessus de la toundra. Réalisé par Pier Schneider et François Wunschel et le Studio 1024, il consiste en une salle toute en longueur regardant sur Meudon (trop joli) et Boulogne (ressemblant à un panneau de promotion immobilière).

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Tout cela a du chien, de la fibre et même de la vibe, comme la nuit précédente où le DJ Étienne de Crécy massa 400 personnes jusqu'à 4 heures du matin.

Les nourritures. Attention, ne vous attendez pas aux démonstrations que nous avions connues arnault-daguin-3.jpgau Café Pleyel, sous l'égide d'Hélène Samuel et Michael Ejzenbaum. Maintenant, c'est rudimentaire, très roots et servi seulement pour le déjeuner. Les bobos vont adorer cette expression pastorale, délivrée de tout, servie quasiment en « tinettes » de chantier avec grandes tablées en acier et chaises scolaires. La touche Daguin (photo)opère alors : des légumes de ses producteurs du Sud-Ouest, et par-dessus ce tendre lit mijoté (navets, carottes confites, céleris, fenouils) des produits rameutés selon le marché du jour : cabillaud, poulet, agneau.

C'est plaisant, rustique, presque éphémère, allait-on dire, mais ça va, ça passe. Inutile cependant de traverser la ville, sauf si vous voulez désarçonner un cœur de laitue. Le restaurant devrait rester ici pendant trois années mais, pour tout dire, on voudrait plus de Daguin (vous l'avez toujours dans sa maison Hegia, au Pays basque) et moins d'éphémère.

MAIS ENCORE

Le service.Très gentil et disponible. Bien.

Aux commandes : Julien et Julien

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La clientèle. Rustiques urbains déposant les armes, familles, le week-end, brunchant dans l'organique, mateurs et blogueurs.

Est-ce bon ?C'est plaisant.

Est-ce cher ? Pas trop, abordable, 14 à 18 € les plats du jour, 7 € les desserts.

Faut-il y aller ?Mouais…

Les grandes tables de l'Ile Seguin, jardin de l'île Seguin, 92100 Boulogne. Tél. : 01 46 10 79 72. Ouvert tous les jours pour le moment et seulement au déjeuner.

(Source LeFigaro.fr/ Figaroscope/Par François Simon)

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