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06/12/2011

EURO : TROIS IDEES POUR SORTIR DE LA CRISE

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Des experts exposent leurs solutions à la crise que traversent les pays des la zone euro.

 

• Plus de pouvoir à la Cour européenne de justice /Mathilde Lemoine, directrice des études économiques de HSBC France.

hsbc-lemoine2.jpgLa crise de la zone euro a dérapé parce que l'on n'a pas su régler la question de l'aléa moral. Elle ne pourra se résoudre que si la France accepte le recours à la Cour européenne de justice, et le cas échéant les sanctions qu'elle pourrait prononcer. Une plus grande surveillance réciproque des budgets ne sera pas suffisante pour convaincre l'Allemagne et la BCE de sa bonne foi budgétaire. J'en arrive à cette conclusion pour la raison suivante: la stratégie pour éviter la contagion a consisté dans la mise en place de prêts aux pays les plus vulnérables. Le problème, c'est que la France et l'Allemagne n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur les conditions, que ce soit pour les prêts bilatéraux ou via le FESF - outre-Rhin, on voulait qu'il y ait des sanctions automatiques quand les pays concernés ne respectaient pas leurs engagements. Du coup, les investisseurs ont eu le sentiment d'un bateau ivre, sans que des dispositifs soient exigés pour remettre sur pied les fondamentaux des pays. C'est précisément ce qui bloque la BCE aujourd'hui: elle n'est pas convaincue que les aides vont nécessairement entraîner des réformes. Elle craint même que cela évite de les faire. Il faut donc donner un signal fort sur la capacité à faire de la croissance autrement que par de l'endettement. La Commission européenne va davantage examiner les budgets nationaux, mais il faut aller encore plus loin. Accepter l'intervention de la Cour européenne de justice - même si cela n'est pas le plus démocratique, je le reconnais - c'est montrer que l'on est passé à autre chose que du marchandage politique.»

 

Une «eurodette bleue» et une «eurodette rouge» Jacques Delpla, consultant, membre du Conseil d'analyse économique.

 

L' idée de «dette bleue» et de «dette rouge», que j'ai développée en 2010 avec l'économiste allemand pad_231_220_DELPLA_Jacques_Sept_2009.jpgJakob von Weizsäcker, est d'édifier une dette souveraine commune forte, tout en instaurant des incitations à la bonne gestion budgétaire. Notre idée est de diviser les dettes publiques de chaque pays de la zone euro en deux. La dette bleue serait senior (toujours remboursée en premier); elle serait au maximum de 60% du PIB, ce qui correspond à la limite fixée par les traités européens; d'extrême qualité, elle serait toujours remboursée. L'ensemble de ces dettes bleues seraient fusionnées, avec la plus forte garantie mutuelle, en une immense dette bleue unique de la zone euro, émise en commun. Cette dette bleue unie deviendrait alors un concurrent du marché américain de la dette publique. La dette rouge serait celle au-delà des 60% du PIB; elle serait junior (susceptible de défaut) et émise par chaque pays sans garantie mutuelle. La dette bleue aurait des taux d'intérêt extrêmement bas et permettrait de sauver la zone euro en facilitant un refinancement à bas coût aux pays de la zone aujourd'hui en crise. Pour avoir accès à cette dette Bleue (et donc à la garantie budgétaire allemande), chaque pays devra s'engager à l'orthodoxie budgétaire de manière crédible et vérifiable. Les pays faibles en crise comme aujourd'hui pourraient, après appel au FMI, restructurer leur dette rouge, sans mettre en péril ni la dette bleue commune ni la zone euro. Notre idée est donc un moyen à la fois de construire une dette commune (bleue) extrêmement solide et de favoriser la restructuration d'une partie des dettes (rouges) sans mettre en péril l'ensemble del'euro. »

 

Vers un système bancaire européen / Nicolas Veron, économiste à l'Institut Bruegel.

 

nicolasveron.pngOn ne peut séparer les différentes composantes de la crise - financière, souveraine et institutionnelle - qui se nourrissent mutuellement. L'ensemble du système financier est fragilisé, on se trouve face à un problème de liquidité et de solvabilité, le marché interbancaire ne fonctionne pas bien. Les États doivent se déterminer très vite, à savoir est-ce qu'ils veulent un système bancaire intégré de la zone euro? Alors que l'on a une intégration très forte sur les marchés financiers de capitaux, l'intermédiation bancaire repose elle sur des systèmes nationaux. Il y a un couplage pervers entre la perception de solidité financière des gouvernements et les conditions de crédit des systèmes bancaires. Ilest indispensable d'avoir des instruments de contrôle fédéraux. Il faudrait donner le pouvoir de supervision à l'Autorité bancaire européenne (EBA), lui accorder pour cela plus de moyens, et il faudrait apporter une garantie de la zone euro, qu'elle vienne du FESF ou d'une autre instance, aux systèmes nationaux d'assurance des dépôts. On en est loin à partir du moment où les dépôts sont uniquement garantis par les gouvernements, sachant que certains États ne disposent plus d'un capital de confiance très élevé. On voit la réaction en Grèce, où les épargnants ont tendance à retirer leurs économies. La priorité est de se prémunir contre le risque de panique bancaire. Si on envisage une réassurance des dépositaires, il ne faut pas le faire uniquement pour les pays les plus fragiles afin d'éviter un effet contagion. Il est important par ailleurs de restaurer la confiance sur la qualité des stress tests, sur la base desquels on demande aux banques de se recapitaliser.»

 

(source 

 monogramme_figaro.jpgMarie Visot / Cyrille Lachèvre / Anne Cheyvialle )

 

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