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30/01/2012

CENTENAIRES , UNE LONGEVITE DE MIEUX EN MIEUX COMPRISE

 

 

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L'impact de certains gènes tout comme celui de l'environnement sur la durée de vie des centenaires se clarifie.

 

Les centenaires déjouent un certain nombre de pathologies du vieillissement. L'environnement joue sans doute un rôle primordial, mais la génétique contribue à expliquer en partie leur résistance exceptionnelle. Les secrets de la longévité sont bien difficiles à percer. Plusieurs laboratoires à travers le monde tentent de trouver la recette miracle mais sans succès à ce jour. Et pour cause, celle-ci semble étroitement liée à une multitude de facteurs, notamment génétiques. C'est ce que montre une étude américaine parue récemment dans la revue PLoSqui s'est penchée sur l'étude du génome de centaines de centenaires. L'espérance de vie dans les pays développés est actuellement de 80-85 ans. Aux États-Unis, il y a un centenaire pour 5000 personnes et un supercentenaire (>110 ans) pour 7 millions.

«Les personnes très âgées développent tardivement les maladies liées à l'âge telles que les démences, les cancers, les maladies cardio-vasculaires ou encore l'hypertension. Certains d'entre eux semblent même comme protégés de cette fatalité, explique Paola Sebastiani, co-auteur de l'étude (École de médecine de l'université de Boston aux États-Unis).Et cette capacité est en partie inscrite dans leur patrimoine génétique.»

Le gène APOE

Plusieurs gènes associés à la longévité ont déjà été identifiés chez des organismes plus simples comme la souris, la drosophile ou encore le ver. C'est le cas du gène APOE qui améliore le transport du cholestérol. Afin de faire la part des choses chez l'homme, l'équipe de Paola Sebastiani a analysé le génome de plus de 800 centenaires âgés en moyenne de 104 ans et autant de personnes, dites contrôles, âgées de 53 à 90 ans, notamment des conjoints. Grâce à des analyses statistiques et des programmes bioinformatiques, ils ont identifié 281 séquences associées à ces vies prolongées. «Ces séquences modifient la fonction d'environ 130 gènes. Certains d'entre eux sont associés aux maladies liées à l'âge, notamment la maladie d'Alzheimer et les démences, les maladies cardio-vasculaires. Un autre gène est impliqué dans la progeria, une maladie caractérisée par un vieillissement accéléré dès la première ou deuxième année de vie. D'autres enfin jouent un rôle dans l'immunité», précise Paola Sebastiani. Mais aucun gène n'est véritablement associé à lui seul à la longévité. «Seul le gène APOE est vraiment surreprésenté chez les centenaires. Pour le reste, il s'agit plutôt de groupes de gènes et cela montre bien la complexité de ce phénomène», clarifie Hugo Aguilaniu, chef d'équipe au CNRS à l'École normale supérieure de Lyon.

Suite à leurs résultats, les auteurs ont dressé un profil génétique prédictif de longévité et l'ont testétreton49295_100001594438806_1209803_n.jpg chez plusieurs autres centenaires. Ils l'ont retrouvé chez 60 % d'entre eux. Et plus les personnes sont âgées, plus le modèle est fiable, atteignant 85 % de sensibilité après 108 ans. Mais le Dr Jacques Tréton (photo), directeur de recherche à l'Inserm (U872), reste prudent face à ces résultats. «De précédents travaux montrent que la génétique a en fait peu d'impact sur la durée de vie. Elle n'a pas d'influence jusqu'à 60 ans, puis explique à peine 20 % de la variabilité de l'âge jusqu'à 80 ans. L'environnement reste donc le facteur principal, même si cette étude semble confirmer que la contribution de la génétique augmente avec l'âge», reconnaît-il. Et d'ajouter, «attention cependant à l'idée d'un profil prédictif. Il s'agit d'études d'associations, c'est-à-dire qu'un gène ou un groupe de gènes est associé au vieillissement, mais cela ne signifie pas qu'il en est la cause. La corrélation n'est pas une preuve. Et il ne faudrait pas que des entreprises commerciales puissent brandir un test prédictif de longévité à partir de telles données», prévient-il.

Mutations rares

L'équipe américaine a ensuite séquencé le génome de deux supercentenaires âgés de 114 ans sélectionnés pour leur très bonne santé jusqu'à un âge fort avancé. Leurs résultats montrent que leur génome est finalement assez proche de celui de simples mortels et possède bien des gènes de prédisposition à des maladies du vieillissement. Ils ont cependant noté l'apparition de mutations rares. «La longévité extrême est un phénomène exceptionnel et doit donc impliquer des mécanismes biologiques spécifiques et protecteurs. Nous devons encore identifier le rôle de ces mutations rares, mais il n'est pas exclu qu'elles expliquent en partie ce phénomène», estime Paola Sebastiani.

«Finalement, le secret de la longévité est peut-être de posséder des enzymes de réparation et d'entretien de l'ADN et des cellules plus performantes que la moyenne de la population», conclut Jacques Tréton. L'avenir le dira.

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(source LeFIgaro.fr / Aude Rambaud)

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