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09/02/2012

PRESIDENTIELLES : LES JEUX SE FONT A QUEL MOMENT ? JANVIER,FEVRIER,MARS, AVRIL ?

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(photo présidentielles 2007)

Janvier, février, mars, avril… Depuis 1981, les élections présidentielles ne se sont jamais jouées au même moment dans l'opinion. Retour sur cinq campagnes riches d'enseignement pour mai prochain.

 

1981

En janvier 1981, à cent jours de l'élection présidentielle, la victoire du chef de l'État sortant semble acquise. Certes, la cote de popularité de Valéry Giscard d'Estaing s'effrite et les intentions de vote en sa faveur diminuent, mais il continue à faire la course en tête et à être perçu comme le plus présidentiable face à son principal rival, François Mitterrand.

C'est début février que le changement s'opère en faveur du candidat socialiste, qui commence à apparaître comme une alternative crédible. En cause: l'effacement de Rocard en novembre 1980, puis l'investiture de François Mitterrand et l'adoption de ses «110 propositions» le 24 janvier, lors du congrès extraordinaire du Parti socialiste. De 19% d'intentions de vote avant Noël, le socialiste grimpe à 25% dans les sondages.

Autre facteur jouant en faveur du socialiste: l'entrée en campagne de Jacques Chirac, le 3 février. L'ancien premier ministre de Giscard concentre ses tirs sur le chef de l'État, contribuant à faire baisser sa cote dans les sondages. Une stratégie payante puisque de 13% en février, Chirac grimpe à 20% d'intentions de vote mi-avril.

L'entrée tardive en campagne de «VGE», le 2 mars, ne change pas la donne. L'opinion est cristallisée depuis février en faveur de François Mitterrand, qui sera élu le 10 mai avec 51,76% des suffrages, contre 48,24% pour le président sortant. Valéry Giscard d'Estaing était pourtant sorti en tête du premier tour avec 28,32% des voix, suivi de François Mitterrand à 25,85% et de Jacques Chirac à 18%.

1988

Les dés sont jetés très tôt dans cette campagne présidentielle, puisque dès l'automne 1987, François Mitterrand est quasiment assuré d'être réélu. Alors que l'ancien premier ministre de Giscard, Raymond Barre, semble le mieux placé pour affronter le président sortant au deuxième tour, l'entrée en campagne le 16 janvier du chef du gouvernement, Jacques Chirac, change la donne. Ce dernier, légitimé par son poste de premier ministre de cohabitation et son rôle de chef du RPR, dépasse dès le début du mois de février Raymond Barre dans les intentions de vote.

Cette nouvelle affiche du second tour, mettant François Mitterrand face à Jacques Chirac, assoit un peu plus l'avance du président sortant, désormais crédité de 55% des voix dans les sondages. Soit à peu près son score final puisqu'il sera réélu le 8 mai 1988 avec 54,02% des suffrages, contre 45,98% pour Jacques Chirac. A l'issue du premier tour, François Mitterrand devançait Jacques Chirac de près de quinze points, à 34,11% contre 19,96%. Raymond Barre, le troisième homme, avait obtenu 16,54%.

1995

A l'inverse de l'élection précédente, cette présidentielle va réserver son lot de surprises, notamment dans l'affiche finale du second tour. Alors que tout le monde attendait un duel entre le président de la Commission européenne Jacques Delors (PS) et le premier ministre de cohabitation Edouard Balladur (RPR), rien ne se passe comme prévu. Le premier renonce à se présenter, laissant sa place à Lionel Jospin, largement investi le 5 février par le Parti, au cours d'une primaire interne, au détriment d'Henri Emmanuelli.

A droite, le glissement en faveur de Jacques Chirac est plus complexe, Balladur le battant de onze points dans les sondages en décembre 1994. Mais la campagne du premier ministre ne séduit pas et celui-ci dégringole rapidement, à la faveur de Jacques Chirac qui, dès fin février début mars, s'impose comme le candidat de la droite et très vite comme le futur vainqueur de la présidentielle. Il est élu le 7 mai avec 52,64% des voix face à Lionel Jospin (47, 36%). Ce dernier était arrivé en tête au premier tour avec 23,3%, devant Jacques Chirac (20,84%) et Edouard Balladur (18,58%).

2002

Jamais sous la Ve République, une élection présidentielle n'avait provoqué un tel séisme dans la classe politique, avec l'arrivée inattendue du Front national au second tour. À aucun moment pendant la campagne électorale, les instituts de sondages n'avaient prévu que le président sortant Jacques Chirac et son premier ministre de cohabitation, Lionel Jospin, ne s'affronteraient pas en finale. Ni que ce dernier, favori dans les sondages, serait éliminé au profit de Jean-Marie Le Pen.

Pourtant, l'effritement de la cote de Jacques Chirac et de celle de Lionel Jospin est perceptible au fil des mois. Alors qu'en novembre 2001, ils concentrent à eux deux 49% des voix du premier tour, ils ne totaliseront au final que 36% des suffrages exprimés, le 21 avril 2002. La poussée de l'extrême droite dans les sondages est elle aussi perceptible dès janvier, mais personne n'ose imaginer une qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour. L'hypothèse n'est envisagée que dans la semaine précédant le premier tour, alors que le thème de la sécurité prédomine dans les derniers jours de campagne.

Les résultats du premier tour sont un coup de massue pour la classe politique: Jacques Chirac est en tête à 19,88%, suivi de Jean-Marie Le Pen à 16,86% et de Lionel Jospin à 16,18%. À scrutin inédit, score final inédit: le candidat du RPR est élu avec 82,21%.

2007

La cristallisation de l'opinion se fait très tôt dans cette présidentielle puisque dès mi-janvier, les jeux semblent faits. La victoire du candidat de l'UMP, Nicolas Sarkozy, est quasiment acquise dès son meeting de lancement de campagne, le 14 janvier, porte de Versailles. Conforté dans sa position de favori, Sarkozy constatera pendant toute la durée de la campagne l'effritement progressif de sa principale rivale, Ségolène Royal, dans les sondages. Il l'emporte le 6 mai à 53,06% contre 46,94% pour la socialiste. Au premier tour, Nicolas Sarkozy était déjà en tête avec 31,18%, devant Ségolène Royal (25,87%) et François Bayrou (18,57%).

Et 2012?

Si le candidat socialiste François Hollande semble confirmer son avance dans les sondages face à au président sortant Nicolas Sarkozy, candidat encore non déclaré, pour le politologue Bruno Cautrès (Cevipof), la cristallisation ne s'est pas encore faite dans l'opinion. «Des changements sont apparus dans le vote des Français au cours des trente dernières années. On constate notamment une plus grande indécision des électeurs pendant la campagne, note-t-il, soulignant que «le vote est aujourd'hui un peu moins lié qu'il ne l'a été aux considérations partisanes et sociales».

«Surtout, dans le contexte actuel, il manque encore des éléments à cette compétition, comme la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy et l'affrontement des projets PS et UMP. Je pense que les Français ont envie de voir le match entre les deux candidats», décrypte Bruno Cautrès. Avant de conclure: «Dans le contexte économique et international que nous traversons, nous ne sommes pas non plus à l'abri d'un nouveau rebondissement de la crise financière. Un défaut de la Grèce pourrait par exemple favoriser la candidature de Marine Le Pen». Le spectre du 21 avril 2002 n'est jamais bien loin.

(source leFigaro.fr / Marion Brunet)

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