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15/02/2012

LA STIMULATION DU CERVEAU AIDE A GARDER " TOUTE SA TÊTE "

 

 

 

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L'entraînement cognitif ainsi qu'une activité physique régulière pourraient aider à lutter contre la maladie d'Alzheimer.

 

À 82 ans, Jean a encore «toute sa tête». Qu'il vente ou qu'il neige, cet ancien comptable ne passe pas un jour sans faire une promenade d'une bonne heure en ville avec un vieil ami. Autres rituels incontournables: la lecture de son quotidien, les journaux télévisés de 13 heures et de 20 heures avec, entre les deux, l'émission «Des chiffres et des lettres». Sans le savoir, Jean suit depuis vingt ans un programme d'entraînement cognitif qui a pour effet de stimuler les fonctions supérieures de son cerveau.

«Le plus important, c'est la motivation. Il faut prendre en compte la dimension du plaisir», maribel-pino.jpgexplique Maribel Pino (photo), spécialiste des neurosciences cognitives à l'hôpital Broca (APHP-Université Paris Descartes).

Mais est-il vraiment utile de stimuler son cerveau? Le précepte anglais «use it or loose it» («utilisez-le ou perdez-le») s'applique-t-il aux fonctions cérébrales? Les travaux les plus récents permettent de répondre par l'affirmative à ces deux questions. On peut également se demander si une activité comme la lecture, le sudoku, les mots croisés ou les jeux de cartes ne mobilisent qu'une partie des capacités cérébrales et si le bénéfice n'est pas circonscrit au type d'activité en question.

«Réserve cognitive»

C'est ce que craignaient les scientifiques, jusqu'à ce qu'une grande étude menée chez des septuagénaires confirme, en 2002, l'extension du bénéfice à l'ensemble du cerveau. Mieux encore, il aura suffi de dix séances d'entraînement pour permettre de conserver une protection contre le déclin cognitif cinq ans plus tard! Un effet prolongé que l'on avait déjà identifié pour ceux qui avaient eu une vie intellectuellement stimulante. Le bilan après dix ans est attendu prochainement.

Le concept de «réserve cognitive» s'est aujourd'hui imposé pour expliquer un phénomène qui a beaucoup intrigué les chercheurs. Pourquoi observe-t-on parfois des lésions cérébrales typiques de la maladie d'Alzheimer (plaques amyloïdes) dans le cerveau de patients décédés sans avoir jamais eu de symptômes de la maladie?

Pour Valenzuela et Sachdev, neuropsychiatres australiens de l'université duNew South Wales, «les personnes qui ont une grande réserve cognitive n'ont pas seulement un large répertoire de stratégies cérébrales conscientes ou inconscientes pour effectuer des tâches complexes, ils ont aussi un plus grand nombre de circuits neuronaux susceptibles de maintenir celles-ci, même lorsque le cerveau est agressé». Autrement dit, un cerveau actif n'évite pas complètement la maladie d'Alzheimer, mais il y résiste plus longtemps, le cas échéant.

Plus on bouge, plus le risque diminue

C'est pourquoi les scientifiques mettent beaucoup d'espoir dans les nouvelles technologies eteklinger.jpg les jeux cognitifs, dont le développement est exponentiel. Évelyne Klinger (photo), chercheur au laboratoire «arts et métiers» ParisTech d'Angers, qui travaille sur les apports de la réalité virtuelle à la prise en charge de troubles cognitifs et comportementaux, insistait lors d'un colloque organisé par le Centre d'expertise national en stimulation cognitive (Paris, 29 novembre 2011): «Les technologies de la réalité virtuelle offrent la possibilité d'agir dans un monde complexe et les aspects ludiques soutiennent la motivation.»

De plus, les jeux permettent aussi parfois d'associer activité physique et mentale. Intéressant, lorsque l'on sait que le moyen le plus efficace à ce jour pour réduire le risque de déclin cognitif et de maladie d'Alzheimer est l'activité physique régulière. Plus on bouge, plus on diminue son risque!

Une étude américaine publiée le 17 janvier dernier montrait même que faire du cybercyclisme - du vélo d'appartement devant un paysage obligeant à suivre une route tout en tentant de doubler d'autres cyclistes virtuels - était encore plus efficace que le vélo d'appartement classique pour lutter contre le déclin cognitif.

Le 23 janvier dernier, ce sont des chercheurs de l'université de Berkeley (Californie) qui franchissaient une étape supplémentaire en montrant que ceux qui avaient exercé toute leur vie des activités stimulantes pour le cerveau avaient moins de dépôts amyloïdes, donc de risque de maladie d'Alzheimer. Une bonne nouvelle pour les lecteurs réguliers du Figaro.

(source LeFigaro.fr / Damien Mascret)

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