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06/05/2012

QUATRE CLEFS POUR COMPRENDRE LE SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE

 

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Participation, report des voix à gauche, attitude des électeurs de Marine Le Pen et de François Bayrou : le Figaro analyse les inconnues de la neuvième élection présidentielle de la Ve République.

 

À droite, Nicolas Sarkozy en tête, on considère que les jeux sont plus ouverts que jamais. À gauche, François Hollande le premier, on se garde d'afficher une trop grande confiance dans les augures qui annoncent une victoire. Les quelque quarante-six millions de Français inscrits sur les listes électorales trancheront dimanche. Une «photo finish» qui définira les grands équilibres du quinquennat à venir.

• Quelle évolution des sondages depuis le 22 avril?

Les instituts de sondage sont quasiment unanimes dans leurs études d'intentions de vote. Crédités de scores inédits pendant quatre mois (entre 55 et 60%), François Hollande a vu les intentions de vote portées sur son nom fléchir au moment de l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy. Fléchir, mais sans jamais passer sous la barre des 53%. Le candidat socialiste a même vu sa cote remonter de quelques points dans la dernière semaine avant le premier tour et les jours qui ont suivi le 22 avril. Depuis la fin de la semaine dernière, cependant, la tendance est à une légère érosion des intentions de vote en faveur de François Hollande: dans leurs dernières études avant le premier tour, trois instituts (OpinionWay jeudi, BVA et Ipsos vendredi) donnent François Hollande à 52,5% des voix, son plus bas score dans un sondage depuis la primaire socialiste. Les cinq autres instituts le créditent de 53 à 54% des intentions de vote.

 

• Quelle participation après le bon résultat du premier tour?

Selon les résultats finaux validés par le Conseil constitutionnel, la participation au premier tour s'est établie à 79,48%. Avec une abstention légèrement supérieure à 20%, il s'agit de la meilleure mobilisation à une présidentielle depuis 1988, à l'exception du scrutin de 2007 (16,22% d'abstention). Les instituts de sondages, qui ont été pointés du doigt pour avoir minimisé la participation dans leurs études avant le premier tour, avaient cependant tous noté une progression dans les dernières heures. Ils constatent la même chose à quelques heures du second tour: selon OpinionWay, les mesures de participation réalisées vendredi après-midi donnaient à nouveau une «nette progression à quelques heures du scrutin». «Nous la mesurons entre 82 et 83%, soit deux points de plus qu'au même moment il y a deux semaines», précise Bruno Jeanbart, directeur des études chez OpinionWay. Ce regain de participation peut-il bénéficier davantage à un candidat qu'à un autre? «La difficulté réside dans les mouvements contraires, explique Jeanbart. Cette poussée est forcément l'indice que des abstentionnistes du premier tour ont décidé de se rendre au bureau de vote pour le second. Mais il y a également des personnes qui ont voté le 22 avril et qui ne se rendront pas aux urnes dimanche. Ce renouvellement du corps électoral trouble forcément un peu le jeu.»

Pour ne rien arranger, plusieurs règles édictées par l'observation des scrutins présidentiels précédents peuvent se montrer contradictoires. La progression de la participation s'est ainsi souvent traduite par une progression équivalente pour chacun des candidats. «Mais, corrige Bruno Jeanbart, nous avons également mesuré que le président sortant souffre d'un déficit de mobilisation au premier tour qu'il peut rattraper au second.» La part des électeurs de François Bayrou et de Marine Le Pen qui annonçaient ne pas vouloir se prononcer ou ne pas voter au second tour a régulièrement baissé dans les études d'entre-deux-tours. Ce qui pose la question de leur report.

 

• Comment voteront les électeurs des vaincus du premier tour?

«Dimanche, je voterai blanc», a expliqué Marine Le Pen le 1er mai place de l'Opéra à Paris. La fille de l'ancien candidat à la présidence de la République s'est inscrite dans la tradition de son père en ne donnant aucune consigne aux quelque 6,4 millions d'électeurs qui se sont prononcés pour elle le 22 avril. Que feront-ils? Le taux de vote blanc au second tour de la présidentielle est stabilisé autour de 5% depuis 1988. Entre le premier tour et le second, ils gonflent en moyenne d'un million, depuis 1995. Mais c'est en 1969 que le record de 6,42% des suffrages avait été atteint.

Si Nathalie Arthaud s'est refusée à donner une consigne et que Nicolas Dupont-Aignan a annoncé, sibyllin, qu'il «choisirait le moins pire», les autres candidats ont choisi François Hollande. Implicitement, pour Philippe Poutou qui souhaite la défaite de Nicolas Sarkozy. Explicitement et «à titre personne» pour François Bayrou; en invitant ses électeurs à la mobilisation pour le candidat socialiste «comme s'il s'agissait de me faire gagner moi-même», selon Jean-Luc Mélenchon; «sans qu'aucune voix ne lui manque» comme l'a souhaité Eva Joly.

Pour l'emporter, Nicolas Sarkozy compte sur de bons reports de l'électorat de Marine Le Pen, qui a été au centre de ses préoccupations dans l'entre-deux-tours, la captation d'une part notable de l'électorat de François Bayrou mais aussi sur un différentiel de mobilisation. C'est sur une «mobilisation totale» de son électorat, comme les ténors de la majorité n'ont cessé de le souhaiter, accompagnée de mauvais reports à gauche, que l'entourage du président sortant a fondé ses espoirs en cette fin de campagne.

 

• Quel écart entre le vainqueur et le vaincu?

Forcément serré si Nicolas Sarkozy l'emporte? Plus ou moins large si la victoire échoit à François Hollande? Des états-majors de la droite à ceux de la gauche, les pronostics restaient encore très ouverts vendredi soir.

Dans le camp du président sortant, où jusqu'au bout on veut croire à une «surprise», nul n'ose croire que la réélection de Nicolas Sarkozy sera large. Peu importe. Le président sortant, s'il était réélu, ne pâtirait pas de ce faible écart tant l'exploit résiderait dans le simple fait d'être parvenu à contredire l'intégralité des sondages et des pronostics établis depuis un an. À l'inverse, une défaite à 49% ou à 47% n'aura pas le même sens. Si la défaite est large, avec six points d'écart ou plus, l'ensemble de la stratégie présidentielle pourrait être remis en cause à droite, tant elle a suscité de critiques internes. La guerre de succession à l'UMP n'en serait que plus vive.

Pour François Hollande, la victoire compte pour la première des réussites: il donnerait à la gauche son premier succès depuis la réélection de François Mitterrand en 1988 et l'histoire ne retient souvent que les victoires. Mais si le résultat final devait être trop étriqué, sa présidence ne commencerait pas avec le même souffle. Sans oublier que la gauche devrait encore se doter d'une majorité parlementaire les 10 et 17 juin prochain et qu'elle n'aborderait pas alors l'élection avec les mêmes chances.

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(sorce leFigaro.fr / Jean-Baptiste Garat)

                                          ET POUR ALLER AU BOUT DE LA DEMARCHE : 

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