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15/09/2012

DÈS 60 ANS , L'ALCOOL FAVORISE LES HEMORRAGIES CÉRÉBRALES

 

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La consommation de quatre verres par jour atrophie et fragilise le cerveau.

 

Ils n'ont que 60 ans et pourtant, au scanner, leur cerveau donne l'impression qu'ils en ont 14 de plus. Ils, ce sont les 137 patients d'un groupe de 540 malades hospitalisés pour un accident vasculaire cérébral (AVC) hémorragique dans l'unité neuro-vasculaire du CHRU de Lille. Leur particularité: ils boivent au moins quatre verres d'alcool par jour (verre standard correspondant à une dose d'environ 10 grammes d'alcool pur).

Leur bilan sanguin est normal (même s'il flirte parfois avec les limites de normalité…) mais pour leur cerveau c'est une autre histoire. «Ils ont un vieillissement cérébral accéléré», observe sobrement le Pr Charlotte Cordonnier, qui a dirigé l'étude. Pourtant, «tous ne sont pas alcooliques et la plupart ne se considèrent pas comme tel», précise-t-elle. C'est l'un des résultats les plus étonnants de l'étude lilloise: la consommation régulière d'alcool, même à des niveaux encore loin de l'alcoolisme avéré, abîme les artères cérébrales au point de provoquer un accident brutal. Chaque année en France, 100.000 personnes sont victimes d'un AVC mais c'est la première fois que les chercheurs se focalisent sur les hémorragies.

Car il y a deux sortes de lésions possibles des artères du cerveau: soit elles se bouchent et causent un infarctus cérébral, ou ischémie, soit elles se rompent, entraînant une hémorragie. «Dans 80 % des cas, c'est une artère qui se bouche,le risque de mourir est alors compris entre 10 et 13 %, explique le Pr Cordonnier. Mais s'il s'agit d'une hémorragie, la probabilité est de plus de 40 %.» En pratique, il est impossible de distinguer d'emblée la cause de l'AVC d'après les symptômes, puisque ce sont les mêmes (perte d'une ou plusieurs fonctions de l'organisme: mouvement, parole, vision, etc.) liés au manque d'oxygène dans la zone qui n'est plus nourrie par l'artère lésée. Mais la prise en charge sera très différente selon que l'on se trouve dans l'un ou l'autre cas.

Quatorze ans de moins que les non-buveurs

Depuis une dizaine d'années, lorsqu'il s'agit d'un vaisseau bouché, il est en effet possible de dissoudre le caillot grâce à une perfusion de médicament. À condition d'avoir «ait le 15» pour prévenir le Samu dès les premiers symptômes car on ne dispose que d'une fenêtre de 4 heures et demie pour agir. Il est même parfois possible de retirer mécaniquement le caillot. Mais seule l'imagerie cérébrale (scanner ou IRM) permettra d'être sûr qu'il s'agit bien d'une obstruction de l'artère (accident ischémique).

Dans l'autre cas, les images montreront que l'accident est hémorragique. On se limite alors à éviter les troubles de la déglutition et de contrôler la pression artérielle.

Une situation peu satisfaisante pour le Pr Cordonnier et ses collègues: «C'est pourquoi nous avons voulu identifier le mécanisme qui fait souffrir les artères et mène à la rupture, explique-t-elle. L'hypothèse était que la maladie des vaisseaux responsable d'une hémorragie était particulière chez les patients ayant une consommation chronique et excessive d'alcool.»

Les résultats publiés mardi 11 septembre dans la revue internationale Neurology sont éloquents: non seulement, les buveurs réguliers font des hémorragies cérébrales en moyenne 14 ans avant les non-buveurs, mais l'accident survient préférentiellement dans les zones profondes du cerveau, là où se trouvent les petites artères perforantes, celles qui sont les plus vulnérables. «L'alcool va rendre ces petits vaisseaux de plus en plus rigides et poreux. Ajouté aux perturbations de la coagulation dues à l'alcool, tout est réuni pour que l'accident se produise», poursuit le Pr Cordonnier.

Paradoxalement, ces buveurs ont plus de chance de survivre après leur hémorragie cérébrale que ceux qui ne boivent pas.«Ce n'est pas lié à l'alcool, corrige la neurologue, c'est simplement parce qu'ils ont en moyenne quatorze ans de moins que les non-buveurs lorsqu'ils sont victimes de l'AVC! Et ce n'est vrai que pour les jeunes buveurs avec hémorragies profondes, qui meurent tout de même deux fois plus que les jeunes non-buveurs.»

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(source LeFigaro.fr Par Damien Mascret)

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