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24/09/2012

LES INFARCTUS , MOINS SEVERES GRÂCE AUX STATINES

 

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Récemment taxés d'inefficacité dans neuf cas sur 10, ces médicaments contre le mauvais cholestérol permettraient quand même de réduire la gravité des crises cardiaques, selon une étude française.

 

Le livre récent des professeurs Debré et Even, le Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux épingle les statines, ces médicaments destinés à faire baisser le taux de mauvais cholestérol (LDL cholestérol). Selon ces deux médecins, les prescriptions sont inutiles dans 90% des cas, notamment lorsqu'il n'y a pas eu de crise cardiaque, c'est-à-dire en prévention primaire. Une étude mise en ligne en juillet dernier sur le site de l'International Journal of Cardiology et qui sera publiée dans les prochains mois dans la version papier, vient nuancer cette affirmation.

Ces travaux ont été menés grâce au registre Monica, créé en 1985 pour recenser tous les infarctus du myocarde dans trois villes de France: Lille, Toulouse, Strasbourg. Sur près de 2000 personnes hospitalisées pour une crise cardiaque, les auteurs de l'étude constatent que les patients sous statines en prévention primaire ont des infarctus du myocarde moins graves que ceux sans traitement pour faire baisser le cholestérol. Cette recherche a aussi montré une diminution de 40% des arrêts cardiaques ou des insuffisances cardiaques et une mortalité à un an également en baisse de 40% chez les sujets sous statines.

Évaluer le risque cardiovasculaire

Les auteurs reconnaissent néanmoins des limites à leur travail: si les personnes prennent des statines, c'est qu'elles sont mieux suivies et donc plus sensibles aux messages de santé que les personnes sans traitement. Cela peut dans une certaine mesure les protéger, même si elles sont plus âgées et plus à risques. Pour ferrieres.jpegleprofesseur Jean Ferrières, (photo) cardiologue au CHU de Toulouse, ayant participé à l'étude: «Ces travaux montrent surtout aux patients sous traitement l'importance d'être observant. Bien sûr les statines ne protègent pas totalement contre le risque d'infarctus du myocarde. Mais s'il survient, il sera alors moins grave.»

Le risque cardio-vasculaire et taux sanguin de LDL sont intimement liés: plus le risque cardiovasculaire est élevé, plus la prescription de statines se justifie. Ce risque se calcule en tenant compte de l'âge, du sexe, de la tension artérielle, des antécédents cardio-vasculaires, du tabagisme et du diabète éventuels du patient. Selon la Haute autorité de santé (HAS), en l'absence de facteur de risque, il est inutile de prendre une statine si le LDL cholestérol n'atteint pas 2,2g par litre. Avec un seul facteur de risque, le LDL devra descendre en-dessous de 1,9 g/l. Mais avec trois facteurs de risque, le taux de LDL sera acceptable en dessous de 1,3g/l. Chez un sujet à haut risque cardiovasculaire, il devra descendre en dessous de 1g/l.

Une vie saine d'abord

Comme le rappelle néanmoins la HAS, la prescription de statines interviendra après la mise en place de règles hygéno-diététiques: contrôle du poids, exercice physique, diminution de l'apport de graisses saturées, consommation d'alcool modérée… Autant de mesures tout aussi efficaces que les statines mais bien plus difficiles à mettre en place. Pour une majorité de Français, il reste plus facile d'avaler un comprimé que de modifier leurs habitudes de vie.

EN SAVOIR PLUS:

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(source LeFigaro.fr Par Anne Prigent)

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