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10/10/2012

CONTRACEPTION : LA PILULE N'EST PAS SANS RISQUES

 

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L'embolie pulmonaire et la phlébite font partie des effets indésirables.

 

C'est un geste que des millions de femmes font tous les jours, parfois depuis des années, sans se poser de questions. L'annonce par le ministère de la Santé du déremboursement des pilules de troisième génération, en raison d'un risque accru de phlébite et d'embolie pulmonaire, vient pourtant de mettre en lumière les complications associées à l'usage d'un contraceptif hormonal. Elles sont très rares, mais leurs conséquences peuvent être dramatiques.

«La prescription d'une pilule n'est pas un acte banal. L'interrogatoire de première consultation est crucial pour identifier d'éventuels facteurs de risque», souligne le Dr Brigitte Letombe, gynécologue à Lille. «La pilule est indiquée pour la prévention des grossesses non désirées, et non pour traiter l'acné ou les douleurs menstruelles chez des jeunes femmes comme c'est trop souvent le cas», renchérit le Pr Geneviève Plu-Bureau, gynécologue.

Mieux dépister

Les risques sont connus de longue date. Quelle que soit leur génération, les pilules associant un œstrogène et un progestatif augmentent le risque de phlébite et d'embolie pulmonaire. Ces effets indésirables surviennent essentiellement au cours de la première année de traitement et touchent des femmes de tous âges, y compris très jeunes. Ils concernent moins d'une personne sur 10.000 en l'absence de contraceptif hormonal, mais deux fois plus sous pilule de deuxième génération et quatre fois plus avec une troisième ou une quatrième génération. L'embolie pulmonaire est fatale dans 2 % des cas.

«Le rapport entre ce risque très faible et le bénéfice - éviter une grossesse non désirée - reste à l'avantage des pilules», note le Pr Joseph Emmerich, de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui s'apprête à diffuser une note d'information à l'intention des médecins. «Mais il est indispensable, pour réduire le nombre de complications, de mieux dépister les femmes qui ont des facteurs de risque particuliers.» Le médecin doit les rechercher dans l'histoire familiale de la patiente et ses antécédents personnels.

Des cas de phlébites ou d'embolies survenues à un jeune âge dans la famille sont des signaux d'alerte. «Il existe des anomalies génétiques, entraînant une hypercoagulabilité, qui prédisposent au risque d'embolie. C'est donc une contre-indication à la pilule», indique le Dr Letombe. Un test biologique (recherche de la protéine S et C, de l'antithrombine 3, du facteur V de Leiden) permet de le confirmer. 5 % des Français sont porteurs d'une anomalie de ce type, mais l'immense majorité ne connaîtra jamais d'événements thrombotiques. C'est la raison pour laquelle les autorités ont exclu un dépistage systématique. Certaines situations à risque justifient par ailleurs un arrêt de la pilule, comme un alitement prolongé.

«Un tabou pendant trop longtemps»

La pilule augmente aussi le risque vasculaire, provoquant des infarctus ou des AVC. Ce risque augmente avec l'âge, surtout après 35 ans, mais aussi en cas de tabagie, de surpoids, d'hypertension, de cholestérol ou de diabète. S'ils sont combinés, ces facteurs sont une contre-indication à une pilule œstroprogestative, mais un progestatif pur ou un implant restent possibles. Une migraine avec aura (accompagnée de nausées, de photophobie) doit être signalée.

«C'est au médecin de trouver la combinaison hormonale adaptée à chaque patiente», souligne le Dr Letombe, rappelant que la pilule est un bon moyen de contraception et qu'un discours trop inquiétant risque de générer des grossesses non désirées. «Avant de consulter, les jeunes femmes doivent se renseigner pour connaître les antécédents dans leur famille», souligne le Dr Danielle Gaudry, au Planning familial. Elles doivent aussi être alertées sur les symptômes de phlébite (des douleurs dans les jambes, un gonflement, une inflammation) et d'embolie pulmonaire (un essoufflement anormal, une forte douleur thoracique, une fatigue). «Il faut informer et prévenir et ne pas faire du risque d'embolie un tabou ce qui a été le cas pendant trop longtemps», regrette Pierre Markarian, président de l'association des victimes d'embolie pulmonaire.

 

Cancer du sein et pilule: le lien n'est pas encore établi

Depuis une décennie, le lien entre pilule contraceptive et cancer du sein n'a jamais pu être établi de manière incontestable. En 2005, le Centre international de recherche sur le cancer a classé les contraceptifs œstroprogestatifs parmi les cancérogènes du groupe 1, pointant une augmentation du risque des cancers du sein, du col de l'utérus et du foie. En 2010, cependant, une étude publiée par le British Medical Journal livrait des résultats plus rassurants. Selon les chercheurs, la prise de pilule réduirait en fait la probabilité de cancer de l'endomètre, du colon,de l'ovaire durant les huit premières années de traitement. Au-delà, l'effet protecteur semble décroître et certaines formes de cancer deviennent plus fréquentes que dans la population générale. Le cancer du sein n'en fait pas partie, la faible augmentation pouvant s'expliquer par la meilleure surveillance dont ont fait l'objet les participantes.

EN SAVOIR PLUS:

» Pilule: comment ça marche? quelle pilule choisir? effets secondaires?

» Phlébite

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» Contraception: l'avancée des alternatives à la pilule

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(source LeFigaro.fr Par Delphine Chayet)

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