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17/10/2012

BIODIVERSITE : UN COÛT DIFFICILE A EVALUER

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Les pays adhérents à la convention de l'ONU sur la diversité biologique, réunis en Inde, se penchent sur la question du financement de sa protection.

 

La protection de la biodiversité n'est pas un luxe. Il suffit pour s'en convaincre de jeter un œil aux données de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), qui rappellent qu'un grand nombre d'espèces végétales et animales sont menacées à travers le monde (41 % des amphibiens, un tiers des barrières de corail, un quart des mammifères, 20 % des plantes, 13 % des oiseaux). Cette érosion représente une menace pour l'homme car un grand nombre de services écosystémiques touchant la qualité de l'air, de l'eau, des sols ou la lutte contre le changement climatique disparaissent avec elle.

Réunis à Hyderabad en Inde, les pays adhérents à la convention de l'ONU sur la diversité biologique (160 au total) tentent de faire progresser ce dossier. Il y a deux ans, à Nagoya (Japon), ils ont dressé une liste de vingt objectifs à réaliser avant 2020 (développement des aires protégées marines et terrestres, restauration d'écosystèmes dégradés, sauvegarde des espèces menacées…). Mais cela renvoie à une double question fort complexe: combien coûte la protection de la biodiversité et comment la financer?

Dans le dernier numéro de la revue Science, des chercheurs estiment que le seul objectif visant à protéger les espèces menacées coûterait environ 4 milliards de dollars par an, et si l'on ajoute celui visant la protection des habitats de ces mêmes espèces, la facture s'élèverait alors à 76,1 milliards. Pour aboutir à ce résultat, les chercheurs se sont appuyés sur les données existantes pour les oiseaux. «Même s'il existe des incertitudes du fait de ces extrapolations, nous avons pour la première fois une estimation du coût de ces deux objectifs», se félicite Henrique Pereira, spécialiste de la conservation à l'université de Lisbonne (Portugal), interrogé par la revue Nature.

Coût de l'inaction

«Les calculs du coût de sauvegarde de la biodiversité, du coût de l'inaction ou encore des rapports entre le coût au regard des avantages obtenus se développent beaucoup depuis quelques années, souligne Guillaume Sainteny, spécialiste de ces questions. Je crois que c'est très utile et que l'on n'avancera pas tant que l'on n'aura pas pris la mesure de la valeur économique de la biodiversité.» Pour autant, «ces chiffrages sont à prendre avec précaution». Ils peuvent varier en fonction des données utilisées.

«Ce type de résultat est souvent fragile, il est parfois difficile de s'y retrouver», confirme Romain Pirard, économiste à l'Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales). «Ils peuvent même être contreproductifs. Quand les chiffres sont trop importants ils peuvent vite donner l'idée que l'on n'y arrivera pas», poursuit-il.

Pour remplir les vingt objectifs de Nagoya, le Fonds pour l'environnement mondial estime qu'il lui faudra de 74 à 191 milliards de dollars entre 2014 et 2018. «Ramené à un calcul annuel, soit 18 à 47 milliards, on se rapproche déjà plus des 6 à 8 milliards de dollars effectivement dépensés (financements publics et mécénat)», ajoute-t-il. La France et l'Allemagne réclament le doublement de ces financements. Un défi dans le contexte économique actuel.

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(source LeFigaro.fr Par Marielle Court)

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