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15/10/2012

LA METAMORPHOSE DE FRANÇOIS FILLON, C'EST MAINTENANT

 

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(Photo: François Fillon ,en compagnie de Pierre-Christophe Baguet, en campagne à Boulogne-Billancourt) 

Eternel numéro deux, derrière Séguin puis Sarkozy, l'ancien Premier ministre s'est mué en chef de guerre avec la campagne pour la présidence de l'UMP. Confidences.

 

Le numéro deux est-il en train de se transformer en numéro un? En apparence, François Fillon reste égal à lui-même. Tout en flegme, il a le visage creusé et impassible d'un Espagnol mélancolique. Le sourcil charbonneux rehausse le visage fatigué par un été de campagne et un accident de scooter, après cinq ans au turbin de Matignon. Par sa mère basque, qu'il a perdue cet été, François Fillon a beaucoup hérité de ce pays où les hommes sont pieux et susceptibles. «Tu es trop orgueilleux» , lui a souvent dit Nicolas Sarkozy. Jusqu'à maintenant, l'orgueilleux a très bien mené sa barque. Mais , le voici, pour la première fois dans sa carrière politique, prêt à rouler pour lui-même. Et chacun de se poser la question: à 58 ans, «le dandy en costume Arnys» a-t-il décidé de fendre l'armure? Le solitaire va-t-il apprendre à jouer collectif? Le dilettante est-il «prêt à tout» pour conquérir l'écrin élyséen? Beaucoup en doutent encore.

Il y a quelques semaines, Xavier Bertrand confiait à Jean-François Copé: «Toi et moi, nous sommes les seuls capables de tout sacrifier pour la présidentielle!» Pour Bertrand, comme pour nombre de ses pairs à l'UMP, Fillon ne sera jamais assez déterminé, jamais suffisamment énergique. En cas de victoire dans le duel qui l'oppose face à Jean-François Copé, l'ancien premier ministre aura trois petites années pour détromper ceux qui doutent. Trois ans pour démontrer que Nicolas Sarkozy n'a pas d'espace pour «revenir». Trois ans pour se faire entendre des couches populaires tentées par le vote Le Pen.

«Face à Copé, Fillon devra y aller à la machette»

Lui qui fut associé à tous les gouvernements Chirac, puis le maître d'œuvre du quinquennat Sarkozy, a-t-il prouvé sa capacité à changer le pays? La «rupture» promise en 2007 est-elle intervenue? Quand l'ancien premier ministre parle d'un projet de redressement, cela veut-il dire que rien, ou si peu, n'a été fait pour empêcher la France de «tomber», pour reprendre la formule de son ami l'économiste Nicolas Baverez?

Toutes ces questions, François Fillon devra y répondre s'il est élu à la tête de l'UMP. «On a toujours l'impression que tu ne donneras pas tout ce que tu as dans le ventre», lui avait dit un communicant il y a quelques années, quand il était encore un ministre de Raffarin. L'art de passer entre les gouttes, le coup d'œil du sniper qui permet d'éliminer les concurrents ne suffisent pas pour entraîner un électorat jusqu'à la victoire. Jean-Louis Borloo le compare à un «crocodile qui est capable de rester immobile sous l'eau pendant très longtemps, et qui n'en sort que quand il est sûr de pouvoir saisir sa proie». Aujourd'hui, Fillon est sûr de sa chance pour 2017. «Il a une cible: 2017, et je ne vois pas trop ce qui va le faire dévier. La façon dont il mène la campagne interne depuis trois mois montre à quel point il est déterminé», estime son porte-parole Jérôme Chartier. «Face à Copé, Fillon devra y aller à la machette, il ne pourra pas se présenter en chaise à porteur» , avait résumé un observateur. En se déclarant tôt -ce qui a éliminé la candidature Juppé- puis en constituant une équipe très resserrée autour de lui, avec Valérie Pécresse, Éric Ciotti et Laurent Wauquiez, il a atteint cet objectif.

Avec Chirac puis Sarkozy, les militants de droite ont été habitués au tempérament bonapartiste. Fillon sait bien qu'il n'est pas fait de ce bois, lui qui veut écrire en 2013 un livre sur Georges Pompidou, avec lequel il se trouve quelques ressemblances. Deux événements consécutifs l'ont libéré de sa prudence habituelle. Tout d'abord, le retrait de Nicolas Sarkozy. «En cas de défaite, nous avons souvent discuté du parti et évoqué la possibilité que j'y aille», indique Fillon. Le jour de la défaite est finalement venu, et le départ de Sarkozy a laissé pour la première fois Fillon libre d'affirmer son ambition. Sous surveillance constante de l'Élysée pendant cinq ans, le locataire de Matignon s'était interdit d'entretenir le moindre réseau, de manifester la moindre déloyauté.

Et puis le premier ministre a découvert la popularité. «Cela a commencé pendant la campagne présidentielle, où j'ai tenu énormément de réunions publiques, contrairement à ce que j'ai entendu. J'ai senti physiquement un soutien beaucoup plus fort qu'avant, une popularité que je n'avais jamais éprouvée auparavant», avoue François Fillon. «C'est cela qui m'a décidé», résume-t-il. De fait, cette popularité s'est traduite dans les sondages dès le lendemain du 6 mai. Avec un Nicolas Sarkozy hors jeu, François Fillon surclasse largement les autres figures de la droite, et notamment Jean-François Copé. Tout au long du quinquennat, sa bonne tenue dans les sondages était considérée comme usurpée. Beaucoup pensaient que le «planqué de Matignon» profitait des erreurs d'un Nicolas Sarkozy surexposé. Cette popularité «Canada Dry» s'est apparemment transformée en quelque chose de plus réel. «Laissez-moi vous donner un peu de la confiance qui est en moi», avait dit Nicolas Sarkozy le jour de son élection à la présidence de l'UMP, en novembre 2004. C'est de cette confiance dont la droite a besoin. «Aujourd'hui, je suis prêt», répond François Fillon. Traduisez: à être le numéro un. «Je n'ai jamais été un numéro deux», refuse-t-il. Ou du moins concède-t-il une évolution: «Je n'ai jamais appartenu à la catégorie des jeunes gens pressés qui savent à 17 ans qu'ils seront président. J'ai pris la vie politique comme elle arrivait, en essayant d'en tirer le meilleur parti. Mais peut-être aussi ai-je un peu manqué de confiance en moi», confie-t-il. «François a rejoint le camp de ceux qui croient en lui. Il a décidé d'y aller, ce passage à l'acte compte beaucoup» , résume son ami et conseiller Jean de Boishue.

Et en effet, Fillon s'est transformé en chef de guerre. C'est ainsi, par exemple, qu'il s'est brouillé à mort avec le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, devenu depuis un ardent soutien de Jean-François Copé. Gaudin a été ulcéré du peu d'égards de Fillon à son endroit lorsque celui-ci s'est rendu à Marseille dans la circonscription du député filloniste Guy Teissier pour sa dernière visite en tant que premier ministre. En représailles, il n'a pas hésité à organiser un déjeuner de groupe avec les sénateurs UMP en n'invitant que Jean-François Copé. Découvrant la manœuvre, l'ancien élu de la Sarthe appelle Gaudin:

- Pourquoi ne m'invites-tu pas?

- Je t'inviterai dans un mois.

- Mais je suis le chef de la majorité!

- Pour trois jours encore!

- Tu me le paieras cher, je ne te le pardonnerai jamais!» a conclu Fillon, cinglant, avant de raccrocher au nez du maire de Marseille. «Et moi qui ai accablé de compliments le maire de Marseille pendant cinq ans.»

«Nicolas Sarkozy sait qu'on ne revient comme ça...»

Tel est le nouveau Fillon: équanime en apparence, il cogne. «Les militants ne veulent pas d'un DRH, ils veulent quelqu'un pour diriger la droite. Cette idée qu'il faudra attendre les primaires, personnes n'y croit», confie encore Fillon. DRH: c'est le point faible de François Fillon. «C'est l'homme qui vous invite à déjeuner en tête à tête et le lendemain vous croise à l'Assemblée sans même vous dire bonjour», résume le copéiste Luc Chatel. Le candidat à l'UMP jure qu'il se soigne. Mais pas trop quand même. «Fondamentalement, je ne changerai pas. À force de confondre la communication et le fond, ces gens sont perdus», dit-il en visant Jean-François Copé. «Ce serait bizarre, un parti qui fait le contraire de ce qu'attendent la majorité des sympathisants de droite», glisse Fillon. «Il est préférable pour l'UMP d'élire le type le plus populaire à droite», ajoute son ami Éric Woerth.

«Si nous réussissons à incarner un vrai projet de redressement national, nous aurons toutes nos chances pour 2017», résume le candidat. Un projet qu'il doit rendre crédible notamment aux yeux d'un électorat de droite déçu par la droite. Les sorties de Jean-François Copé sur le racisme anti-Blancs sont «fabriquées» et «téléphonées», juge l'entourage de Fillon. Ce dernier répond en citant les enquêtes d'opinion publiées depuis le mois de mai: «J'ai plus de gens qui votent FN qui sont avec moi. Je suis beaucoup plus à droite qu'on ne le dit. On veut faire de moi un mou face à Copé. Mais le mou c'est qui, le dur c'est qui? J'ai été en première ligne de toutes les réformes difficiles depuis dix ans. Où était-il M. Copé? La seule fois où j'ai reculé, c'est pour la réforme du bac, à la demande de Jacques Chirac.»

«Si François est élu, on aura droit au match Sarkozy-Fillon» , pronostique Xavier Bertrand. Preuve qu'il tient sa ligne, Fillon assume une liberté de ton à l'égard de Sarkozy à un moment où la mode est de s'afficher «plus sarkozyste que moi tu meurs». «Nicolas connaît trop bien la politique. Il sait qu'on ne revient pas comme ça», glisse-t-il avec un grand sourire.

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(Source LeFigaro Par Charles Jaigu)

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