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09/03/2013

FAUT IL BAISSER ET JUSQU'OÙ LE MAUVAIS CHOLESTEROL ?

 

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En pleine controverse sur les statines, les experts américains hésitent à abaisser encore les taux limites recommandés.

 

Alors qu'en France, une polémique a récemment vu le jour autour de l'ouvrage du Pr Philippe Even, La vérité sur le cholestérol, qui tire à boulet rouge sur les médicaments anti-cholestérol, aux États-Unis, les experts préparent de nouvelles recommandations sur les taux limites de mauvais cholestérol, ou LDL cholestérol. Des deux côtés de l'Atlantique, ces valeurs n'ont cessé de baisser depuis les années 1980. Elles sont passées pour les patients à haut risque de 130 mg/dl en 1988 à 0,70mg/dl en 2004, date des dernières recommandations. Des taux drastiques souvent atteints grâce à l'usage de médicaments, les statines. Or, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, des chercheurs américains remettent en cause l'intérêt d'abaisser encore une fois cette limite.

Mises sur le marché il y'a plus de 20 ans, les statines demeurent les médicaments les plus vendus sur la planète. En France, cinq millions de personnes sont traitées par ces molécules tandis qu'aux États-Unis, elles engendraient en 2011 un marché de 18,5 milliards de dollars, selon l'agence statistique IMS health.

Les statines agissent en inhibant la co-enzyme A, entraînant un blocage de la production par le foie de LDL-cholestérol au profit du bon cholestérol (ou HDL-cholestérol). Selon la grande majorité des experts et notamment de la Haute Autorité de santé (HAS), l'intérêt des statines est indiscutable en prévention secondaire, c'est-à-dire après un accident cardio-vasculaire. Elles sont également fortement recommandées en prévention primaire (en l'absence d'accidents cardio-vasculaires préalables) chez les personnes à haut risque qui cumulent plusieurs facteurs délétères tels qu'un diabète, une hypertension artérielle ou un tabagisme. Une étude publiée dans le Lancet en 2011 sur 20.000 patients à haut risque a démontré que les malades sous statines pendant cinq ans présentaient 23% d'accidents vasculaires majeurs en moins.

En revanche, l'intérêt de la molécule chez les personnes présentant un risque faible est plus discutable. De plus, ces médicaments ne sont pas sans risque et 10% des utilisateurs rencontrent des effets indésirables importants, notamment des douleurs musculaires sévères.

Des nouveaux médicaments en développement

Les dernières recommandations américaines reflétaient l'idée qu'un abaissement drastique du cholestérol-LDL réduirait les accidents cardiaques et vasculaires. Mais cela n'a jamais été scientifiquement établi. «Outre la diminution du mauvais cholestérol, les statines ont de multiples propriétés, notamment anti-inflammatoires, qui pourraient jouer un rôle dans la prévention des accidents cardio-vasculaires. Il est donc difficile de juger de la pertinence du seul taux bas du LDL-cholestérol», explique le professeur Jean Ferrières, cardiologue au CHU de Toulouse.

«C'est une question inédite et intéressante que soulèvent les experts américains, poursuit-il. Pour la première fois se pose le problème de savoir si les médicaments hypolipémiants ont atteint leurs objectifs et s'il est réellement nécessaire de repousser encore la limite des taux de cholestérol à atteindre. Les études épidémiologiques qui accompagneront le développement des prochains médicaments devraient nous aider à répondre à cette question».

En effet, les laboratoires pharmaceutiques développent des associations entre les dernières générations de statines et de nouvelles molécules telles que les anticorps monoclonaux anti-PCSK9, qui agissent en détruisant les récepteurs aux LDL. Ces produits devraient permettre d'abaisser encore davantage le taux de LDL des patients, jusqu'à des seuils proche de 0,5 mg/dl.

En attendant, les dernières recommandations européennes, publiées en 2012, ont maintenu à 0,7 mg/dl la limite à ne pas dépasser pour les patients à haut risque.

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(source LeFigaro.fr / Par Marie-Noëlle Delaby)

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