UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/03/2013

IMPACT DU DIESEL SUR LA SANTÉ : OÙ EN EST ON ?

 

 

 

La réduction des particules fines est l'un des objectifs annoncés par le gouvernement en plein débat sur les véhicules diesel.

 

120712-pot-echappement.jpg

• Quel est l'effet des particules fines sur l'organisme?

Les particules fines ont été reconnues responsables de cancers du poumon par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2012.

Elles sont aussi à l'origine d'autres pathologies pulmonaires, comme l'asthme et la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). En effet, plus elles sont fines, plus les particules en suspension dans l'air sont agressives et rentrent loin dans les bronches, créant une inflammation. Les bronches s'épaississent alors et sécrètent des glaires qui rendent difficile la circulation de l'air et provoquent l'essoufflement.

Il existe également des risques cardio-vasculaires (angine de poitrine, infarctus, troubles du rythme cardiaque), qui s'expliquent par le passage des particules très fines à travers la paroi des bronches jusque dans la circulation sanguine. Cela épaissit le sang, qui a alors plus de risques de coaguler.

Les personnes les plus à risques sont les enfants, parce qu'ils respirent plus vite, se trouvent plus près du sol et ont des alvéoles pulmonaires encore en développement, et les personnes âgées, qui ont une capacité ventilatoire diminuée. Certaines professions (chauffeurs routiers, employés de péage, mineurs de charbon) sont également surexposées.

• Connaît-on la mortalité associée aux particules fines?

Les statistiques dont nous disposons actuellement sont des projections basées sur les effets sanitaires connus des particules fines et leur concentration atmosphérique. En revanche, elles ne distinguent pas la mortalité causée par la pollution des véhicules diesel (12% du total des particules émises en 2010, selon le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique) des autres sources de pollution (chauffage au fioul ou au bois, activité industrielle). Le Programme Air pur pour l'Europe évalue ainsi entre 19.000 et 42.000 les décès attribuables aux particules fines, sur la base des données de l'année 2000. Une autre étude baptisée Aphekom estimait que l'on pourrait sauver 2900 vies si l'on abaissait les concentrations en particules fines de 9 grandes villes françaises (soit 12 millions d'habitants) aux niveaux recommandés par l'OMS, inférieurs à ceux pratiqués en Union européenne.

• Quelle est aujourd'hui l'efficacité des filtres à particules fixés sur les voitures?

Depuis la mise en place de la réglementation Euro 5 en octobre 2009, les constructeurs sont tenus d'équiper tous les véhicules diesel d'un filtre à particules. Contacté par LeFigaro, Renault annonce ainsi sur ses derniers véhicules «une filtration des particules fines et ultrafines supérieure à 99,9% en nombre». Bruno Guibeaud, président d'Europe Qualité Expertise, groupement d'experts en véhicules terrestres, confirme: «Les progrès technologiques ont effectivement permis aux constructeurs de faire baisser d'au moins 80% les émissions de gaz et de particules polluants. Mais il sera sans doute difficile d'aller vraiment plus loin.»

L'expert met par ailleurs en garde contre un effet pervers des systèmes anti-pollution: «Ils sont certes très efficaces pour le CO2 et les particules, mais ils induisent une surproduction d'autres substances polluantes, dont les oxydes d'azote (NOx). On est donc en train de déplacer la pollution!» Ces NOx, mis en cause par la ministre de l'Environnement Delphine Batho, sont déjà en concentrations importantes dans de nombreuses agglomérations. Euro 6, la prochaine réglementation européenne qui prendra effet en 2015, prévoit de fixer le taux d'émission des NOx à 80mg/km contre 180mg/km aujourd'hui. Renault commercialiserait déjà des véhicules diesel équipés de capteurs de NOx, compatibles avec cette nouvelle norme. Mais la France devra attendre, ces véhicules ne sont pour l'instant disponibles qu'aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche, où existent des encouragements fiscaux pour ce type d'équipements anti-pollution.

Quelle que soit l'efficacité des filtres, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) rappelait récemment que seuls 23,8% des véhicules diesel répondent à la réglementation Euro 5. L'émission des gaz polluants et des particules fines reste principalement due aux véhicules anciens, qui représentent encore une grosse partie du parc automobile français.

• Qui contrôle la concentration des polluants dans l'air?

En France, la surveillance de la qualité de l'air est déléguée par l'État à des associations indépendantes, comme Airparif pour la région Ile-de-France. «Les valeurs limites sont fixées par l'Europe pour ce qui concerne la pollution chronique et par la France pour les épisodes ponctuels de pollution», explique Karine Léger d'Airparif. Ainsi pour les particules fines, le seuil est de 50mg/m3 à ne pas dépasser plus de 35 jours par an. «Mais en région parisienne, il y a des zones où il n'est pas rare de dépasser la limite 200 jours dans l'année, remarque Karine Léger. Ce sont quand même 3 millions de Franciliens qui sont touchés.» Quinze zones, dont 12 agglomérations de plus de 100.000 habitants, seraient ainsi concernées par ces dépassements réguliers des seuils, ce qui vaut à la France d'être actuellement poursuivie par la Commission européenne devant la Cour de justice de l'Union européenne.

Merci à Rémy Slama, responsable de l'équipe d'épidémiologie environnementale à l'institut Albert-Bonniot (Grenoble-Inserm) et à Agnès Lefranc, adjointe au directeur du département santé et environnement de l'Institut de veille sanitaire.

LIRE AUSSI:

» Lutte contre la pollution de l'air: la France en retard

» Les bienfaits sur la santé des mesures antipollution

(source LeFigaro.fr Par Stéphany Gardier-Pauline Fréour )

Les commentaires sont fermés.