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29/03/2013

SIDA : LES QUESTIONS AUTOUR DE L'AUTOTEST DE DEPISTAGE

 

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Le Comité d'éthique et le Conseil national du sida ne sont plus opposés à la commercialisation en France de ce dispositif médical déjà autorisé aux États-Unis.

 

Des tests de dépistage du sida à réaliser soi-même pourraient bientôt être commercialisés en France. Ces tests détectent, à partir d'une goutte de sang prélevée au bout du doigt ou d'un échantillon de salive, la présence des anticorps spécifiques fabriqués en cas d'infection par le virus du sida. Comme pour un test de grossesse, le patient se prélève, lit et interprète lui-même les résultats sans supervision médicale. La réponse tombe en moins de trente minutes: une ligne rouge, le test est négatif ; deux lignes, et la personne apprend qu'elle est porteuse du VIH.

Alors que l'utilisation de ces autotests était jusque-là plutôt contestée, deux instances consultatives viennent d'ouvrir la voie, dans des avis rendus à quelques jours d'intervalle, à leur mise sur le marché en France. Pour l'heure, ce dispositif n'a pas été approuvé en Europe.

Saisi par Marisol Touraine, ministre de la Santé, le Conseil national du sida s'est prononcé vendredi en faveur de la mise à disposition de ces tests qui pourraient contribuer à «faire régresser l'épidémie du VIH». On estime en effet qu'environ 30.000 personnes séropositives ignorent qu'elles sont infectées, malgré les quelque 5 millions de sérologies réalisées chaque année dans les laboratoires français. Or on sait qu'un retard ou une absence de diagnostic entraîne une perte de chance importante pour le patient, mais aussi un risque accru de transmission du virus.

De ce point de vue, les autotests peuvent être vus comme «une opportunité d'enrichir la palette des outils disponibles, notamment en direction des personnes que l'offre existante ne permet pas d'atteindre», souligne le Conseil du sida, qui opère ainsi un revirement par rapport à ses deux précédents avis de 1998 et 2004.

ccne.jpgDans un avis rendu lundi, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) se montre de son côté moins tranché, mais admet que la mise à disposition de tests fiables répond aujourd'hui à «une nécessité de santé publique». En outre, il prend acte du «souhait exprimé par certains» d'avoir recours à ce dépistage rapide et accessible sans déplacement, qui garantirait le silence sur leur orientation sexuelle et leur anonymat.

Dans l'éventualité où serait envisagée la commercialisation de ces autotests de dépistage du sida, le CCNE pose cependant une série de conditions. Il s'agira, en premier lieu, de s'assurer de leur fiabilité, en tenant compte du fait que l'interprétation du résultat revient à une personne non professionnelle et non expérimentée.

Les études évaluant le test salivaire autorisé en juillet aux États-Unis ont montré une efficacité de 99,8 % sur les résultats négatifs et de 92,9 % sur les positifs. Ce risque d'erreur devra être clairement mentionné sur la notice et le résultat devra être confirmé par un test biologique traditionnel.

Le législateur aura également le devoir de protéger les utilisateurs d'éventuelles tentatives de pression, voire de contrainte, exercée sur une personne «dans le but de lui faire réaliser un autotest et d'en lire immédiatement le résultat». Enfin, les tests devront être vendus en pharmacie et sur Internet, en toute confidentialité et à un prix raisonnable. Ils ne seront pas pris en charge par l'Assurance-maladie.

Pour le CCNE, l'absence d'accompagnement médical en cas de résultat positif demeure finalement l'obstacle éthique le plus important. «La révélation de la séropositivité provoque des réactions émotionnelles très fortes pouvant déséquilibrer les défenses psychiques d'un individu fragile et vulnérable dans sa solitude», souligne-t-il, même si «la perspective d'une mort rapide s'est considérablement estompée», l'infection au VIH s'apparentant aujourd'hui à une maladie chronique.

LIRE AUSSI:

» L'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE)

» Le Conseil national du sida favorable au autotests de dépistage

(Source LeFIgaro.fr //Par Delphine Chayet)

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