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13/04/2013

CAHUZAC, LE LOGICIEL QUI A IDENTIFIE SA VOIX : BATVOX

 

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Utilisé par la plupart des polices européennes, Batvox a été développé par une société espagnole, Agnitio, qui savoure aujourd'hui son succès.

 

 

«Batvox, le logiciel qui a fait tomber Cahuzac», se vante la société espagnole Agnitio, sur son site Internet. Batvox, c'est en effet le nom barbare du logiciel de reconnaissance vocale qui a permis aux agents de la police scientifique d'identifier, avec un degré de certitude «de 2 sur une échelle allant de -2 à 4», la voix de l'ex-ministre du Budget. Agnitio, fondée en 2004 et spécialisée dans l'identification du locuteur, savoure aujourd'hui ce succès médiatique, qui pourrait l'aider à se développer dans le secteur privé.

A ce jour, elle réalise en effet 90% de son chiffre d'affaires auprès d'institutionnels: polices nationales, ministères de la Défense ou de la Justice. 35 pays, dont la France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, utilisent actuellement ses services. Sur ce segment, qui constitue son cœur de métier, Agnitio est quasiment seule. D'autres logiciels similaires ont été mis au point, et utilisés à des fins non criminalistiques, mais Batvox est presque sans concurrence sur le segment régalien.

Initialement mis au point par des chercheurs, le logiciel est conçu pour comparer deux enregistrements de voix, indépendamment du contenu, de la langue parlée et du support utilisé (enregistrement téléphonique, vidéo...). Mais l'identification d'une voix n'est jamais certaine à 100%. «Il n'y a pas d'empreinte vocale comme il y a une empreinte digitale, explique Frédéric Bimbot, chercheur en traitement des signaux audio à l'institut de recherche en informatique (Inria) de Rennes. Simplement parce que la voix ne dépend pas seulement de caractéristiques biologiques - la forme du conduit vocal par exemple - mais aussi de facteurs comportementaux ou environnementaux comme l'âge, l'état de santé, la volonté ou non changer sa voix… Il n'y a pas de voix unique». Devant les nombreuses applications de la reconnaissance vocale, dans la téléphonie mobile ou les centres d'appels notamment, la recherche tente actuellement de gagner en précision, en éliminant, par exemple, toujours plus de bruits parasites.

Un coup de projecteur utile

Agnitio aussi, espère accentuer sa présence sur ce segment. «Le civil représente 10% de notre chiffre d'affaires, mais cette part s'accroît rapidement», explique Philippe Vinci, son directeur marketing. Si l'entreprise affirme ne pas avoir besoin de l'affaire Cahuzac pour séduire les autorités nationales, un coup de projecteur peut lui être utile pour asseoir son développement dans le privé, où la concurrence est nettement plus rude. «Dans le domaine institutionnel, c'est plutôt par le bouche-à-oreille, via l'entraide entre les polices que nous gagnons des marchés. Mais s'agissant de logiciels à visée non criminalistique, faire savoir que la police fait appel à nous est un plus», concède-t-il. Tous les géants du high-tech s'intéressent désormais à cette fonctionnalité, pour accroître les interactions entre l'homme et la machine: Google a racheté le mois dernier la start-up DNNresearch, spécialisée dans la reconnaissance vocale, tandis qu'Amazon a mis la main sur Ivona, une pépite polonaise. Le leader du secteur, l'Américain Burlington, à l'origine de la technologie utilisée par le système de reconnaissance vocale d'Apple (le Siri), espère de son côté convaincre les services clients des entreprises d'utiliser ses logiciels. Premières visées: les banques et les compagnies aériennes.

(source LeFigaro.fr / Marie Bartnik )

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