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19/04/2013

VITESSE AU VOLANT : UN IMPACT SUR LE NOMBRE DE MORTS ET SUR LA POLLUTION

 

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«Si on baisse la vitesse, on gagne des vies, et c'est imparable», indique Sylvain Lassarre, directeur de recherche au sein de l'Ifsttar (Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux) et spécialiste de l'analyse du risque routier. Dans ce domaine où la littérature est dense, une formule scientifique fait office de loi: quand on baisse de 1 % la vitesse moyenne, on diminue de 4 % le taux d'accidents mortels et on réduit de 2 % le nombre d'accidents graves. «Extraites d'une étude réalisée dans les années 1970, ces données ont toujours été confortées par d'autres travaux scientifiques», indique le même expert.

Cette corrélation «vitesse-tués» se vérifie aussi sur le terrain, à travers le monde. Ainsi, outre-Atlantique, le Congrès des États-Unis, qui avait rendu aux cinquante États leur pleine liberté de réglementer la vitesse en 1995, avait vite mesuré les conséquences de cette mesure. Sur neuf mois et dans les douze États qui avaient relevé la limitation, on avait observé une hausse de 500 tués. En France, à l'inverse, les toutes premières limitations apparues en 1974 (140 km, puis 130 km/h sur autoroute et 90 km/h sur les routes) avaient fait chuter la mortalité de 17 %. Un décrochage brutal. «Si on veut une nouvelle baisse importante, il faut une nouvelle diminution des vitesses», plaide la responsable de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, favorable à un «120 km» sur nos autoroutes. «En Europe, 60 % des autoroutes ont adopté cette limitation», fait-elle observer. On la trouve notamment en Irlande, au Portugal ou encore en Belgique.

En milieu urbain, sur les voies rapides, l'impact de la réduction de la vitesse sur la qualité de l'air est réel

La diminution de la vitesse présente aussi des avantages environnementaux même s'ils sont parfois complexes. «En milieu urbain, sur les voies rapides, l'impact de la réduction de la vitesse sur la qualité de l'air est réel», explique-t-on à l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Ainsi, le fait de limiter à 80 km/h la vitesse sur ces voies peut permettre de réduire les émissions de NOx (oxyde d'azote), de PM 10 (microparticules) et de COV (composés organiques volatiles). Selon les études retenues, cette réduction peut aller jusqu'à 20 %. Mais encore faut-il que la circulation soit fluide. À ce titre, «le périphérique parisien est un bel exemple», précise le Citepa (Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique). Il a beau être limité à 80 km/h, la vitesse annuelle moyenne est de l'ordre de 40 km/h. Et l'on sait que «les émissions de CO2 (dioxyde de carbone) et des polluants atmosphériques sont plus importantes à petite et à haute vitesse», poursuivent les experts de l'organisme.

C'est la raison pour laquelle la situation au cœur des villes est beaucoup plus difficile à évaluer. «L'impact dépend avant tout de facteurs externes comme la configuration des voies et des comportements», poursuivent les experts de l'agence. Suivant les polluants et les études, le passage de 50 km/h à 30 km/h «affiche des résultats très variables, voire contradictoires, soit de - 10 % à + 30 %.

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(Source LeFigaro.fr / Marielle Court )

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