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04/05/2013

DAILYMOTION , LA PEPITE DU NET A LA RECHERCHE D'ARGENT

 

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La plate-forme de partage de vidéos, née il y a huit ans, est l'un des plus beaux succès français. Mais elle a aujourd'hui un besoin urgent de trouver un partenaire industriel pour lui ouvrir le marché américain, malgré les réticences du gouvernement.

 

Une pépite. C'est ainsi que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qualifie Dailymotion. La plate-forme française de vidéo sur Internet, au cœur d'une discorde entre sa maison mère France Télécom et l'État, est en effet une belle réussite que le gouvernement refuse de voir changer de nationalité.

Si l'État accorde une si grande importance à cette start-up, c'est parce qu'elle est devenue l'une des plus belles réussites du «made in France». Fondée en 2005, la même année que son principal concurrent YouTube, elle est devenue incontournable dans l'univers des sites de partage en ligne de vidéos. Dailymotion se décline en 16 langues et affiche 2,5 milliards de vidéos vues par mois à travers le monde, 110 millions de visiteurs uniques, plus d'un million de vidéos mises en ligne chaque mois, 30 millions de vidéos disponibles sur ses différentes chaînes thématiques, 250 millions de vidéos vues sur mobiles et tablettes tous les mois… C'est aujourd'hui le 31e site le plus visité au monde, toutes catégories confondues, d'après le cabinet spécialisé ComScore.

À l'origine, ses fondateurs, Benjamin Bejbaum et Olivier Poitrey, étaient simplement à la recherche d'un outil pour partager leurs vidéos de vacances. «En 2005, je suis parti à New York. Un matin, avec mon appareil photo, j'ai réalisé des petites vidéos de Manhattan sous la neige. J'en ai fait un montage. J'ai ensuite voulu la montrer à des amis, mais j'ai réalisé qu'il n'y avait pas de plate-forme simple de partage de vidéos. J'en ai donc créé une. Cela s'appelait Short.tv. De plus en plus de gens ont commencé à s'en servir. Il y a eu un effet boule de neige. Avec Olivier Poitrey, un de mes amis, nous nous sommes consacrés à Short.tv. Nous avons réussi une première levée de fonds, et c'est devenu Dailymotion», raconte Benjamin Bejbaum dans un entretien à L' Étudiant .

Stéphane_Richard_at_the_37th_G8_Summit_in_Deauville_003.jpg«Je suis très heureux de cet investissement, que j'ai porté personnellement»

Stéphane Richard, patron de France Télécom, à propos du rachat de Dailymotion

En quelques années, Dailymotion procède à plusieurs tours de table qui lui permettent de lever plus de 50 millions d'euros. Parmi les investisseurs séduits par cette entreprise innovante figurent, entre autres, les fonds d'investissement Advent Venture Partners, Partech International, mais aussi l'État français via le Fonds stratégique d'investissement (FSI). Les fonds levés permettent à Dailymotion d'accélérer son développement technologique et de s'agrandir. L'ex-petite entreprise emploie désormais 150 personnes, dont 120 en France, et dispose de bureaux à Londres, New York et San Francisco. Elle devient rapidement rentable, grâce aux revenus publicitaires.

Dailymotion ne se contente plus d'être une simple plate-forme de partage de vidéos. Elle devient un moteur de création. La bourse Dailymotion, dotée de 50.000 euros, permet aujourd'hui aux plus créatifs de développer leurs projets. Les artistes en herbe peuvent se faire une réputation grâce aux «vidéos stars», vidéos largement mises en avant par les équipes. Des séances de cinéma sont également proposées et 20.000 partenariats sont signés pour le partage de contenu légal.

Besoin de 50 millions d'euros

Janvier 2011 marquera un tournant dans l'histoire de la start-up: Orange signe avec les dirigeants un accord prévoyant dans un premier temps la montée au capital de l'opérateur à hauteur de 49% pour quelque 60 millions d'euros. Deux ans plus tard, en janvier 2013, Orange déboursera encore 61 millions pour exercer son option d'achat sur les 51% restant. «Je suis très heureux de cet investissement, que j'ai porté personnellement», expliquait Stéphane Richard au Figaro récemment.

Mais l'opérateur historique n'a en réalité pas l'intention de rester majoritaire au capital. L'accord signé en 2011 prévoyait déjà la recherche de partenaires industriels. Car Dailymotion a besoin de se développer à l'international. Malgré son succès, l'entreprise reste un poussin face au géant YouTube et son milliard de visiteurs par mois, poussé par son propriétaire Google. Dailymotion serait à la recherche de 50 millions d'euros sur quatre ans. Une somme que France Télécom ne semble pas prête à injecter dans sa filiale. Pour nombre d'observateurs, un rachat par Yahoo!, qui valorisait à 300 millions de dollars Dailymotion, aurait été un réel accélérateur de croissance. L'échec de l'opération oblige désormais son actionnaire principal à trouver d'autres partenaires: «Nous avons envisagé plus de 60 partenaires potentiels en France et à l'étranger avant de nous focaliser sur Yahoo! Maintenant, nous allons reprendre nos recherches», a déploré Stéphane Richard.

(Source LeFigaro.fr / Hayat Gazzane )

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