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11/05/2013

LA JUSTE DOSE DE CAFÉ POUR GARDER ......LA SANTÉ

 

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Psychostimulant bien connu, il possède de nombreuses vertus, comme le montre une nouvelle étude américaine.

 

À la maison, au lycée, au bistrot… Le réflexe petit noir ou grand café au lait est bien ancré en France. Sous cette forme mais aussi dans les sodas ou les boissons énergisantes, les adolescents consomment de plus en plus de caféine. Or, cette substance bien connue pour améliorer les performances cognitives n'agirait pas de la même façon sur les garçons et les filles. C'est ce que montre une étude américaine menée par l'université de Buffalo: l'équipe du professeur Jennifer Temple a fait passer différents tests à 96 adolescents après leur avoir administré, soit une dose de caféine, soit un placebo. Tous les adolescents qui avaient pris de la caféine réussissaient mieux les tests de mémoire que ceux qui avaient absorbé un placebo. De plus, les filles ayant pris du café étaient meilleures que les garçons pour les tests de temps de réaction et de reconnaissance de mots.

Cette différence laisse les spécialistes français dubitatifs. «Elle peut éventuellement s'expliquer par le fait que le cerveau des hommes ne traite pas l'information de la même façon que celui des femmes», avance le professeur Jean Costentin, membre des Académies nationales de médecine et de pharmacie. Mais, pour ce spécialiste de la neuro-psychopharmacologie, coauteur de Café, thé, chocolat. Les bienfaits pour le cerveau et pour le corps, la caféine, à dose usuelle, est reconnue depuis longtemps pour stimuler l'éveil, la concentration, l'attention et pour augmenter la performance cognitive, quel que soit le sexe. «Elle augmente aussi la sensation de bien-être et la relaxation», souligne Astrid Nehlig, directrice de recherche à l'Inserm et spécialiste des effets du café sur la santé.

Rien d'étonnant à ce que les Français soient accros au petit noir, principale source de caféine. Comme aime à le répéter Jean Costentin, «le café est une drogue, mais une bonne drogue. Il y a addiction, dépendance psychique, voire physique, mais aucune perturbation du fonctionnement psychique…». La caféine à dose modérée et usuelle n'est donc pas contre-indiquée chez les adolescents. En revanche, le professeur met fortement en garde les adolescents qui ingurgitent cafés ou Red Bull pour demeurer éveillés lorsqu'ils se saoulent: «la caféine va les empêcher de sombrer dans un coma éthy­lique mais ne dissipera pas les effets de l'alcool et ils commettront des impru­dences, comme par exemple prendre le volant, désinhibés et agressifs!»

Bénéfique contre le diabète, certains cancers...

Il faut donc en faire un usage mesuré. Mais à quelle dose est-on modéré? C'est variable selon les individus. «Par exemple, les fumeurs métabolisent plus vite la caféine et sont donc de plus gros consommateurs», explique Astrid Neh­ling. Et chez certaines personnes prédisposées génétiquement, une petite quantité de caféine peut provoquer des crises d'angoisse. Mais la dose habituellement considérée comme normale est comprise entre 200 et 300 mg de café­ine par jour. Soit l'équivalent de deux à trois tasses de café filtre ou de cinq à six expressos.

À ces doses, le café ne nuirait pas à la santé: il pourrait même avoir un effet positif sur le diabète, certains cancers, les maladies de Parkinson et d'Alzheimer… «Des études épidémiologiques et une ou deux études rétrospectives montrent que les patients atteints de la maladie d'Alzheimer ont consommé moins de caféine que les autres. D'autres études montrent qu'elle ralentit le déclin cognitif, explique le neurobiologiste David Blum (Inserm U837, Lille). Testée sur des animaux, la caféine diminue la concentration des plaques amyloïdes ou encore elle modifie les protéines Tau, caractéris­tiques de la maladie d'Alzheimer.» Des résultats encourageants mais qui nécessitent à présent des expérimentations sur l'homme.

C'est en tous cas un beau renversement de situation pour le petit grain accusé naguère de favoriser l'hypertension, le diabète, les cancers du pancréas et de la vessie ou d'avoir un effet néfaste sur le développement du fœtus. Alors, réhabilité, le café? Le prescrira-t-on bientôt sur ordonnance? Pour le professeur Laurent Chevallier, nutritionniste à Montpellier et auteur du Livre antitoxique, il faut raison garder. «Il est un peu excessif de trouver des vertus santé à un produit comme le café. Et mieux vaut rester prudent, car la torréfaction fait apparaître l'acrylamide, une substance potentiellement cancérigène chez l'homme.»

Le nutritionniste raconte également le cas récent de cette patiente fatiguée, qui pour se donner un coup de fouet buvait du café. Or, plus elle en buvait, plus elle se sentait épuisée. «Elle souffrait d'une carence en fer. Or le café est chélateur du fer, c'est-à-dire qu'il neutralise son action. Donc, plus elle buvait de café, plus elle aggravait cette carence…»Les femmes enceintes doivent également se montrer particulièrement vigilantes. «Les données de la littérature limitent la consommation de café à 200 mg de caféine pour les femmes enceintes, soit une ou deux tasses de café par jour», souligne Astrid Nehling. Le café, stimulant et agréable à boire, est à consommer - lui aussi - avec modération.

FICHES PRATIQUES:

» Le café

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(source LeFigaro.fr/Par Anne Prigent)

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