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17/05/2013

SANTE : CECITE , UN MEDICAMENT VINGT FOIS MOINS CHER ET TOUT AUSSI EFFICACE

 

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Dans la dégénérescence maculaire liée à l'âge, l'Avastin est aussi performant que le Lucentis bien plus coûteux, selon une nouvelle étude française.

 

Il existe un médicament contre la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) ayant une autorisation de mise sur le marché, le Lucentis (laboratoire Novartis), qui, injecté régulièrement dans l'œil, réduit nettement le risque de devenir aveugle. Commercialisé depuis 2006, il a l'inconvénient d'être très onéreux (800 euros la dose, qui doit être répétée plusieurs fois par mois).

Dans la mesure où des centaines de milliers de personnes sont concernées par cette maladie, le coût est très lourd pour l'Assurance-maladie. Mais il y a une autre molécule, l'Avastin (laboratoire Roche), qui, injecté lui aussi dans l'œil, aurait les mêmes effets bénéfiques pour un coût vingt fois moindre. Mais l'Avastin n'a pas reçu d'autorisation pour être utilisé dans cette forme de cécité. En France, une circulaire de la Direction générale de la santé a interdit son utilisation en 2012. Or, les résultats d'un essai thérapeutique français Gefal, coordonné par les Hospices civils de Lyon, comparant l'efficacité de l'Avastin et du Lucentis, viennent d'être présentés lors d'un congrès en fin de semaine à Seattle (États-Unis) et publiés dans la revue Ophtalmology. Ils concluent que ces deux molécules ont des effets équivalents, tant sur le plan de l'efficacité que sur celui des effets secondaires. Ce travail français confirme les essais menés aux États-Unis et en Grande-Bretagne, qui aboutissaient déjà à la conclusion que ces deux produits étaient équivalents. Ce qui n'est pas très étonnant dans la mesure où ils ont des structures chimiques quasi similaires. Reste à connaître désormais l'attitude des autorités sanitaires françaises sur cette question qui semble représenter pour elles un véritable casse-tête.

L'essai français Gefal a été mené entre juin 2009 et novembre 2011 sur 501 patients souffrant de DMLA tirés au sort, la moitié bénéficiant d'un traitement par Avastin et l'autre par Lucentis. Il apparaît, sur le plan de l'efficacité, que les deux molécules sont équivalentes: l'évolution de la vision est similaire dans l'un et l'autre groupe au bout d'un an de traitement. Au niveau des effets secondaires, deux décès sont survenus dans le groupe Avastin et trois avec celui du Lucentis. Des décès qui n'ont a priori rien à voir avec le traitement. D'autres complications ont pu être notées, mais de manière totalement similaire dans l'un et l'autre groupe. «Les deux médicaments sont équivalents, tant en termes d'efficacité que d'effets secondaires, ­affirme le Pr Gilles Aulagner, coauteur de l'étude (faculté de pharmacie de Lyon). La balle est désormais dans le camp des autorités sanitaires qui doivent dire désormais si l'Avastin peut être prescrit contre la DMLA.» Un autre essai publié l'an dernier et mené en Grande-Bretagne, portant sur 610 personnes et comparant là encore les deux médicaments, avait conclu également à la similarité des deux produits. De même, une autre étude aux États-Unis avait abouti à des conclusions identiques.

Statu quo souhaitable pour l'industrie pharmaceutique

Aux États-Unis, en Italie, en Grande-Bretagne et dans bien d'autres pays encore, l'Avastin est largement utilisé contre la DMLA malgré l'absence d'autorisation, du fait de son moindre coût. En France, l'Avastin est interdit en ophtalmologie depuis août 2012, alors que le Lucentis coûte en moyenne 300 millions d'euros par an à la Sécurité sociale.

À l'époque, Marisol Touraine avait estimé que c'était au laboratoire Roche (qui fabrique l'Avastin) de demander une autorisation pour traiter la DMLA. Mais la ministre doit cependant bien savoir que Roche n'a aucun intérêt à demander une telle autorisation: c'est Genentech (une entreprise appartenant à Roche) qui a vendu le Lucentis à Novartis! Et à ce titre Roche touche des royalties élevées pour les ventes de Lucentis. L'industrie pharmaceutique a donc tout intérêt à laisser les choses en l'état.

La dégénérescence maculaire liée à l'âge touche entre 15 et 20% des plus de 80 ans, sous deux formes qui s'installent progressivement. L'une dite sèche (70% des patients), pour laquelle il n'existe pas de traitement, et l'autre humide, caractérisée par une prolifération vasculaire derrière la rétine, qui peut être traitée par l'Avastin ou le Lucentis. Ces médicaments agissent en attaquant la prolifération vasculaire au niveau de la rétine.

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(Source LeFIgaro.fr //Par Martine Perez)

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