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19/06/2013

DESENSIBILISATION AUX ALLERGIES : DES RESULTATS PROUVES

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INFOGRAPHIE - Les méthodes de désensibilisation ont fait beaucoup de progrès mais l'efficacité dépend encore du patient, de l'allergène en cause et du respect strict du traitement.

 

Nez qui coule, yeux rouges, gorge qui chatouille, éternuements à répétition, sommeil difficile: de 15 à 25 % de la population française connaissent ces symptômes inconfortables de la rhinite allergique. De nombreux traitements existent pour soulager ces manifestations mais seule la désensibilisation permet d'en traiter la cause: une mauvaise orientation du système immunitaire, incapable d'accepter la présence de certains allergènes présents dans l'air. L'efficacité de ce traitement, désormais démontrée par de nombreuses études et méta-analyses, dépend cependant du profil du patient, du type d'allergènes auquel il est sen­sible et de la bonne observance du traitement par le patient, qui doit s'embarquer pour une durée de trois ans.

La technique repose sur le constat que, si de petites doses d'allergènes provoquent une réaction allergique, de fortes doses peuvent désensibiliser l'organisme. Dès le début du XXe siècle, des immunologistes sont parvenus à protéger des patients allergiques au ­venin d'hyménoptères. La première preuve de l'intérêt de cette technique est également la plus frappante puisqu'elle est efficace pour 95 % des patients qui risquent de mourir d'une piqûre de guêpe ou d'abeille. D'autres types d'allergènes bénéficient désormais de cette approche, principalement liés aux acariens ou aux pollens, qui représentent plus de 80 % des allergies respiratoires. Le mécanisme d'action de l'immunothérapie allergénique est désormais parfaitement identifié: elle permet de réorienter le système immunitaire vers une réaction normale.

 

L'immunothérapie allergénique n'est cependant pas une solution universelle pour toutes les allergies ou tous les allergiques. La gravité des symptômes et la gêne qu'ils provoquent sont le premier critère à évaluer: les traitements symptomatiques suffisent souvent à atténuer les troubles, ainsi que d'éviter de s'exposer aux allergènes. Lutter contre les acariens, renoncer à avoir un chat ou éviter de sortir certains jours de l'année doit rester le premier front de lutte. «Il faut toujours vérifier que le patient est bien exposé et sensibilisé à des allergènes spécifiques et que l'exposition provoque des symptômes», précise le Pr Pascal Demoly, coordinateur du département pneumologie du CHU de Montpellier. Le médecin vérifie le niveau de sensibilisation en comparant le calendrier des symptômes avec la présence d'un certain nombre d'allergènes dans l'air. Des tests cutanés permettent alors de confirmer la réaction aller­gique face à ces allergènes.

En France, plus de 100.000 cures sont réalisées chaque année

«Attention, ce n'est pas parce que la peau réagit à certains allergènes que le patient y est sensibilisé, rappelle le Pr Demoly. Les Américains pratiquent la désensibilisation par injection à large échelle pour tous les allergènes identifiés par les tests cutanés. Cela n'est pas efficace.» La désensibilisation n'est en effet pas applicable aux patients polysensibilisés: le nombre d'allergènes visés ne doit pas dépasser deux, parfois trois, si l'on veut obtenir un résultat. Par ailleurs, si cette méthode peut être utilisée à tout âge à partir de 5 ans, le médecin ne pourra pas la mettre en œuvre si le patient est touché par certaines autres pathologies, en particulier un asthme mal équilibré.

En France, plus de 100.000 cures sont réalisées chaque année, en très grande majorité par voie orale grâce à des gouttes ou des comprimés qui doivent être absorbés sous la langue très systématiquement tous les jours. La régularité et la constance sont essentielles pour la réussite du traitement, qui peut sembler long aux patients et difficile à tenir sur la durée. Pour les rhinites allergiques saisonnières, la cure commence quelques semaines avant la période de présence des allergènes dans l'air et se poursuit jusqu'à la fin de celle-ci, en moyenne de quatre à six mois au total. Certains pays continuent à favoriser les injections mensuelles, qui, pense-t-on, favorisent l'observance mais qui sont également responsables, dans de très rares cas, de réactions sévères, parfois mortelles. La recherche est très active pour faciliter le traitement et de plus en plus d'allergènes sont désormais disponibles en comprimés.

«Il est cependant inutile de continuer une désensibilisation bien suivie si elle n'a pas eu d'effet dans la deuxième année. Le plus souvent, cela signifie que cette approche n'est pas adaptée au patient», insiste le Pr Michel Aubier, du service de pneumologie-allergologie de l'hôpital Bichat, à Paris. Les symptômes doivent être améliorés dès la deuxième saison allergique et, à partir de la troisième année, la désensibilisation produit son effet maximal pour se maintenir pendant trois à cinq ans.

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(Par Pauline Léna //Service infographie du Figaro)

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