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23/06/2013

AERIEN : LA MONTEE DES CLASSES MOYENNES DOPENT LE MARCHE

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SALON DU BOURGET - David Prevor, directeur des prévisions et études d'Airbus, donne les clefs du dynamisme du trafic aérien.

Le marché aéronautique mondial est dynamique -le trafic augmente; la demande en appareil est forte- et le restera pendant de très longues années. Comment l'expliquer?

Tout d'abord, les fondamentaux restent solides. La croissance économique alimentée par l'augmentation continue des échanges entre les continents soutient le trafic aérien international. Le voyage est devenu un vrai besoin, quelle que soit la classe sociale: l'immigré du Bangladesh qui part travailler sur des chantiers à Dubaï, l'ingénieur allemand qui s'expatrie en Chine, l'étudiant africain qui part faire médecine à Montpellier… La mondialisation économique et humaine est un accélérateur de trafic aérien.

Le marché doit aussi beaucoup à la montée en puissance de la classe moyenne (*). En 2012, elle représentait 30% de la population mondiale. Ce sera 60% dans vingt ans. Si elle est appelée à stagner en Europe, aux États-Unis et en Russie (CIS), elle va, au contraire, connaître un essor historique en Asie-Pacifique. Elle va passer de 746 millions d'êtres humains en 2012 à 3,4 milliards d'ici à 2031. Toutes ces personnes vont participer à l'augmentation du trafic international et créer une demande supplémentaire sur les lignes domestiques. Car le besoin d'aller voir ce qui se passe au-delà de son quotidien est fort. Même si le voyage est court. C'est par exemple aller visiter Pékin ou Shanghaï pour un habitant d'une province centrale chinoise.

 

En Europe et aux États-Unis, cette envie de voyager existe toujours. Pour les jeunes étudiants, aller passer un gros week-end entre amis à Miami ou Mexico passe avant l'obtention du permis de conduire et juste après l'équipement high-tech (smartphone, tablette, ordinateur). Le phénomène de la chasse aux bonnes affaires sur les sites des compagnies aériennes, le vendredi, pour partir en week-end est bien connu.

Le trafic et la demande sont également soutenus par un phénomène a priori contradictoire mais en réalité complémentaire: une fragmentation et une concentration du trafic. La liaison point à point (par exemple, Lyon-Miami) et entre «hubs», de grosses plates-formes aéroportuaires comme Paris-Charles-de-Gaulle ou Dubaï se développent en parallèle.

Urbanisation rapide

En toile de fond, une urbanisation croissante qui est positive pour le transport aérien. Les citadins ont en effet tendance à davantage voyager que les ruraux. Il existe une corrélation très nette entre l'urbanisation et le nombre de voyages par habitant. Or, le monde s'urbanise rapidement. Le monde compte aujourd'hui 42 villes classées dans la catégorie des «aviation mega cities» définies comme des  «hubs» où transitent 10.000 passagers long-courriers par jour au minimum. Elles captent 90% du trafic international. D'ici à vingt ans, 95% de ce trafic passeront par ces «hubs» qui seront alors 92. Ces «aviation mega cities» sont les marchés naturels des très gros-porteurs de type Airbus A380 ou Boeing 747-8.

Des avions à plus forte capacité

Les besoins en transport aérien explosent mais le potentiel d'ouverture de nouvelles lignes paraît relativement faible avec un total de 4000 d'ici à 2031. Soit une capacité additionnelle mondiale de 10%. Le réseau aérien se densifiera pour 50% entre les régions émergentes, pour 30% dans les pays émergents et pour 20% dans les pays matures. Les compagnies basées dans des aéroports saturés et qui ne peuvent obtenir de nouveaux créneaux de décollage (slots) devront augmenter la capacité de leurs lignes existantes. Conséquence, la demande en appareils neufs se renforcera pour des avions de plus en plus gros permettant d'abaisser en outre les coûts unitaires.

On observe déjà le phénomène. En 2000, la part des plus petits appareils moyen-courriers (A319 ou 737-700) représentait 56% des carnets de commandes contre 33% pour les appareils plus gros (A320) et 11% pour le plus gros encore (A321). Aujourd'hui, les appareils de type A319 et 737-7000 ne représentent plus que 9% des carnets de commandes, l'A320 76% et le solde l'A321. Une partie de la hausse du marché est et sera absorbée par l'augmentation de la taille des avions.

Verra-t-on des paquebots de 3000 à 5000 places comme sur les mers? Pas avant 2050 et encore. Existera-t-il des routes capables de soutenir un tel trafic? Quel sera l'impact sur le service à bord? À vingt ans, le vrai défi pour nos industries, ce sont la capacité des pistes aéroportuaires, la saturation de la gestion de l'espace aérien (ATM) et la mise en place de solutions ATM qui permettent de gérer trois fois plus de vols dans un espace défini.

 

(*) La classe moyenne regroupe toute personne dans le monde disposant de 10 à 100 dollars de revenus par jour

(Source LeFigaro.fr )

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