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09/07/2013

ECONOMIE : L'INCROYABLE RENAISSANCE DE L'AUTOMOBILE AUX ETATS UNIS

 

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Le marché américain est près de retrouver ses niveaux d'avant-crise. General Motors, Ford et Chrysler en profitent à plein.

 

Le sauvetage de l'automobile américaine en 2008-2009, au prix de 80 milliards de dollars d'aides publiques directes, passe aujourd'hui pour une réussite. La Maison-Blanche, les élus démocrates et la presse automobile spécialisée saluent quatre ans plus tard «la renaissance» d'une filière essentielle à toute grande économie industrielle. Un chiffre illustre la fierté retrouvée des «Big Three», ces trois grands constructeurs américains que sont General Motors (GM), Ford et Chrysler: pour la première fois depuis vingt ans, au cours du premier semestre, ils regagnent des parts de marché sur les constructeurs étrangers.

Les trois «américains de souche», dont Chrysler tombé depuis 2009 dans le giron de l'italien Fiat, totalisent 46,2% des ventes sur leur marché domestique depuis janvier. C'est presque 1 point de plus qu'en 2012. Pour autant, cela reste 4 points de moins qu'en 2007, la dernière année faste d'avant la crise.

Besoin de renouvellement de modèles vieillissants

La conjoncture est favorable au rebond de la demande et à des profits élevés. La confiance des consommateurs américains est presque remontée au plus haut depuis six ans. Et avec un coût du crédit au plancher, les constructeurs, toutes marques confondues, sont partis pour vendre près d'un million de véhicules de plus que l'an dernier. Stimulées par des besoins de renouvellement de modèles vieillissants, les ventes en 2013 seront probablement les meilleures depuis 2007 pour atteindre 15,4 millions d'unités. Quatre ans après les dépôts de bilan de GM et Chrysler, le changement de ton des analystes à l'égard des constructeurs américains est radical.

Après des années passées à dénoncer les «Big Three» pour leur surproduction systématique, leur manque d'attention portée à la qualité, voilà que tout a basculé. «Les trois grands donnent l'impression de pouvoir tenir tête à Toyota et Honda», affirme Éric Noble, président du cabinet de consultants Car Lab. «Nous vivons une époque où on peut dire sans faire rire que la meilleure berline compacte sur le marché est une Chevrolet (une des marques de GM)… On ne se souvient plus de la dernière fois où l'on a pu dire une chose pareille sans passer pour un comique», admet Ed Kim, analyste pour AutoPacific Inc. Du coup, la jeune génération d'acheteurs regarde aujourd'hui d'abord l'offre des constructeurs domestiques, pour mieux se distinguer des choix conservateurs de leurs parents, longtemps acquis aux marques japonaises.

Le retour des pick-up

Au pays du capitalisme, l'intervention de l'État fédéral pour sauver les géants de Detroit n'avait pu se faire que dans l'urgence d'une récession sans précédent depuis les années 1930, et sous des conditions draconiennes.

Même si on embauche à nouveau depuis plusieurs mois dans l'automobile et si de nouvelles usines sont inaugurées, les effectifs globaux de la filière restent aujourd'hui inférieurs de 17% environ par rapport à 2007. Ford a certes évité le passage délicat par le dépôt de bilan de ses rivales GM et Chrysler, mais une douzaine de vieilles usines ont fermé, 70.000 emplois ont disparu chez les trois grands, des dizaines de concessionnaires ont sombré. Des réductions de salaires importantes ont été arrachées au syndicat unique des ouvriers de l'automobile.

Les sacrifices ont payé. Les chiffres des ventes confirment le tabac de plusieurs modèles de GM conçus depuis 2009: les ventes de Cadillac ont bondi de 33% par rapport à l'an dernier. Celles de la Cruze, petite berline de Chevrolet, ont grimpé de 17%. Ford récolte les fruits de ses efforts notamment avec sa Focus et sa C-Max. Le numéro deux américain, dont la marque de luxe Lincoln continue de décliner gravement, est tout de même le seul des trois grands à avoir gagné des parts de marché en Amérique du Nord depuis 2007.

Attraction des nouveaux petits modèles

Depuis quatre ans, stagnation du pouvoir d'achat oblige, une grande partie de la demande se porte en effet sur les nouveaux petits modèles. GM, Ford et Chrysler, qui ont réduit leurs coûts, sont devenus compétitifs sur ce créneau.

À l'autre bout de la gamme, le segment des camionnettes pick-up connaît un vrai «boom»: +23% depuis janvier. Or dans cette dernière catégorie, les «Big Three» dominent toujours et leurs marges y sont les plus élevées. Elles sont dopées par le rebond de la construction immobilière: les artisans de ce secteur sont les principaux clients de ces puissants 4×4.

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( source Lefigaro.fr /Pierre-Yves Dugua )

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