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19/07/2013

SOCIETE : SOLITUDE DU GRAND ÂGE , UN DEFI SOCIAL

 

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Il y a des personnes âgées en France qui n'ont parlé à personne depuis plus d'une semaine. Pour d'autres, le contact se limite aux relations avec les caissières des supermarchés. Il y a quelques mois, à Annecy, une octogénaire est tombée chez elle et est restée coincée trois jours sous un radiateur duquel elle ne réussissait pas à s'extirper. Ses cris ont fini par alerter le voisinage… Avec l'âge, certains de nos aînés sont murés dans le silence. Pas par choix. Mais parce que les liens familiaux se sont distendus ou n'existent plus. Ils se retrouvent alors seuls, sans échange, sans partage, sans affection.

La médecine a apporté un gain de longévité substantiel à la population. L'espérance de vie n'a jamais été aussi longue en France (85 ans pour les femmes, 80 pour les hommes). Et cela ne devrait pas s'arrêter. Mais la société ne s'est pas organisée afin d'associer, au moins au plus grand nombre, de la qualité à cette quantité de vie gagnée. Et un des grands défis à relever pour l'avenir est la lutte contre la solitude des personnes âgées. Pour proposer des solutions face à cette situation particulièrement marquée en France, un rapport publié vendredi prône une «mobilisation nationale» et citoyenne qui passerait par des «relations informelles de voisinage et d'entraide». Ce rapport, remis vendredi dernier à la ministre déléguée chargée des Personnes âgées, Michèle Delaunay, par Jean-François Serres, secrétaire général des Petits Frères des Pauvres, fait la synthèse d'un groupe qui travaillait sur le sujet depuis décembre 2012.

La Fondation de France a d'ailleurs mené aussi une enquête, publiée il y a quelques jours (26 juin 2013), qui révèle que la solitude en France s'aggrave, frappant désormais plus de 5 millions de personnes, qui n'ont peu ou pas de relations sociales (sur le plan familial, amical, associatif, professionnel...). Selon cette enquête, si les plus jeunes ne sont pas épargnés, près de 24% des plus de 75 ans sont touchés par l'isolement (contre 16% en 2010). L'accroissement de la solitude serait lié, selon la Fondation, «au relâchement des relations familiales, à une baisse relative des pratiques associatives et à une augmentation du nombre de personnes âgées dépendantes». Il faut savoir que la solitude est désormais considérée comme un facteur de risque de maladie d'Alzheimer et de dépendance.

Des équipes citoyennes

«Lutter contre la solitude, c'est prévenir l'exclusion, la pauvreté, la perte d'autonomie, relève Jean-François Serres en introduction, c'est aussi renforcer la transmission des mémoires et la passation des valeurs… C'est enfin participer à un changement des représentations sociales des âges.» Pour lutter contre ­cette forme de barbarie, contre cet abandon social de certains anciens, le rapport préconise la constitution d'équipes citoyennes MONALISA (mobilisation nationale contre l'isolement social des âgés), composées de citoyens bénévoles s'associant pour agir contre la solitude et l'isolement des personnes âgées dans leur quartier, ville ou village.

Seraient également parties prenantes les associations de jeunesse et d'éducation populaire ou l'Agence nationale du service civique, car la lutte contre l'isolement des personnes âgées vise à «recréer, au sein de notre société, des liens de réciprocité entre générations», souligne le rapport. Les principes qui fondent ces réseaux et cette mobilisation sont la proximité, car tout se joue au plus près des personnes, et la coopération, car il s'agit de s'inscrire dans ce qui existe déjà et lui donner une nouvelle orientation. Il s'agirait donc de déployer les acteurs existants sous forme de réseaux…

Remis à la ministre en présence de Brigitte Ayrault, l'épouse du premier ministre, de Martin Hirsch, président de l'Agence du service civique, et François Chérèque, inspecteur général des Affaires sociales, le rapport prône aussi un «pilotage national dédié» et un équilibre en financements publics et privés.

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(source LeFigaro.fr // Martine Perez)

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