UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/08/2013

TVA : L'HABILETE DES RESTAURATEURS MISE A L'EPREUVE

 

restaurant-terrasse-paris.jpg

Le consommateur se montre plus que jamais sensible au prix. Difficile dans ces conditions de lui faire avaler une valse générale des étiquettes sur les cartes de menu

«Sur la question de la TVA, les consommateurs sont plutôt remontés contre les restaurateurs, estime Bernard Boutboul, directeur général du cabinet Gira Conseil. Ce sera très dur pour ceux qui ne s‘y préparent pas et ne communiquent pas rapidement sur le sujet avec leurs clients.» Fort opportunément, son cabinet de conseil spécialisé dans la restauration a publié au mois de mai un cahier de tendances intitulé «Anticiper la hausse de la TVA».

Alors que la baisse de 2 % de la fréquentation des restaurants enregistrée en 2012 se confirme et s'accélère, le consommateur se montre plus que jamais sensible au prix. Difficile dans ces conditions de lui faire avaler une valse générale des étiquettes sur les cartes de menu. «Ne rien faire et répercuter en bloc la hausse de 3 points au 1er janvier serait la pire des choses», souligne Bernard Boutboul. Parmi les stratégies possibles, il suggère notamment de relever les prix en plusieurs étapes. Une première petite hausse dès l'automne pourrait permettre de préparer le terrain. Plus radical mais sans doute plus intelligent: un changement en profondeur de la carte. L'occasion de brouiller les repères et d'éviter de faire payer aux clients plus cher les mêmes plats qu'auparavant. Quant à une dernière solution, adoptée par certains fabricants de cigarettes qui maintiennent les prix en réduisant les paquets, elle ne semble pas réellement envisageable pour diminuer les portions servies.

Destruction d'emplois

«Nous n'aurons pas d'autre choix que de répercuter cette hausse des prix, prévient Agnès Théodose, secrétaire générale du SNRTC (Syndicat national de la restauration thématique et commerciale). Les marges sont déjà tellement réduites que pour beaucoup d'établissements, c'est ça ou mettre la clé sous la porte.»

Après avoir alerté sur la destruction de 10 % de ses emplois en deux ans, la restauration de chaîne comme le reste de la profession craint qu'une hausse des prix ne soit fatale à certaines enseignes ou établissements, sur un marché dont le recul est plus fort encore qu'après la crise de 2008. Le syndicat a d'ailleurs annoncé des chutes de fréquentation de l'ordre de 15 % en juillet par rapport à l'an passé. La chaîne spécialisée dans les pâtes Mezzo di Pasta a, quant à elle, été placée en redressement judiciaire et devrait fermer 10 de ses 135 établissements.

L'hôtellerie, quant à elle, dont la TVA passera également à 10 %, devrait franchir ce cap avec moins d'encombres. «C'est une forme d'harmonisation européenne puisque la plupart de nos voisins disposent de taux compris entre 8,5 et 10 %, explique Stéphane Botz, en charge du tourisme chez KPMG. Dans le haut de gamme et dans les zones urbaines dynamiques, la hausse se répercutera sur les prix assez rapidement et sans trop de problèmes. Ce sera sans doute plus délicat dans les zones moins recherchées et pour l'hôtellerie économique et super-économique.»

VOS TÉMOIGNAGES - Restaurateur, estimez-vous que la hausse de 7% à 10% de la TVA prévue pour 2014 sera néfaste pour votre établissement? La trouvez-vous justifiée et comment comptez-vous l'anticiper? Faites-nous part de votre expérience dans les commentaires ou en envoyant un courriel à temoin@lefigaro.fr

 

 

(source LeFigaro.fr // Jean-Bernard Litzler)

 

Les commentaires sont fermés.