UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/08/2013

LA CONSTRUCTION D'UN GRATTE-CIEL RECORD EN CHINE, UN MAUVAIS PRESAGE POUR SON ECONOMIE ?

 

IMG_7067.JPG

Établi en 1999, l'«indice gratte-ciel» prédit les crises économiques en fonction de la hauteur des immeubles. L'analyste qui l'a élaboré y voit un mauvais présage pour la Chine, qui est en train de construire la tour la plus haute du monde.

 
La Chine construit actuellement la tour la plus haute du monde: la dénommée «Sky City» devrait être achevée en quatre mois à peine et mesurer 838 mètres. Mais le projet ne semble pas enchanter le gouvernement chinois, qui a déjà plusieurs fois bloqué les autorisations nécessaires à sa construction. Les réticences des autorités de l'empire du Milieu pourraient bien s'expliquer par une théorie économique hétérodoxe: l'«indice gratte-ciel», élaboré en 1999 par Andrew Lawrence, analyste chez Dresdner Kleinwort. Cet indice cherche à établir une corrélation entre la construction d'immeubles culminants et les cycles économiques. Les géants d'acier, d'où se jetaient les spéculateurs ruinés par le cataclysmique jeudi noir de 1929, seraient le signe avant-coureur d'une période de récession.
L'observation de cent cinquante ans d'archives sur laquelle se fonde l'indice est effet troublante. Les constructions de l'Empire State Building (443 m) et du Chrysler Building (319 m) ont été lancées peu avant le krach de 1929, le Wall Trade Center, inauguré en 1973, au cœur du choc pétrolier, ou encore les tours Petronas à Kuala Lumpur, en 1998, au moment de la crise de l'Asie du Sud-Est.
Expansion du crédit

L'explication à ces coïncidences avancée par Andrew Lawrence s'applique particulièrement à l'empire du Milieu. Selon l'analyste, le gratte-ciel serait le symptôme d'une propension au mal-investissement, à la spéculation et à la croissance monétaire. Or la Chine connaît actuellement une bulle immobilière sans précédent, qui a donné naissance à de véritables villes fantômes. Le même gouvernement qui s'inquiète des gratte-ciel protubérants a financé à hauteur de deux mille milliards de dollars la construction de ces cités désertes. D'après le Wall Street Journal, les prix de l'immobilier de cent villes chinoises représentatives ont augmenté de 7,9% en un an.
D'après Lawrence, la construction de gratte-ciel est intimement liée à l'expansion du crédit, observée en Chine en 2008. Des taux d'intérêt au rabais entraînent de leur côté une hausse du prix des terrains constructibles, ce qui pousse à construire en hauteur pour minimiser les coûts. Ils engendrent également une expansion de la taille des entreprises et donc un besoin en bureaux. Enfin, ils permettent d'investir dans des techniques de construction de pointe qui repoussent les limites physiques du bâtiment.
Finalement, si la prédiction se réalise, la Chine pourrait bien revivre le mythe de la tour de Babel. D'après cette légende de la Genèse, alors que les hommes tentaient d'ériger une tour pour atteindre le ciel, l'ire divine s'abattit sur eux. Dieu interrompit le projet démesuré, brouilla leurs langues et les dispersa au travers du globe.
Ainsi ont fleuri dans la presse étatique des articles qui s'indignait des villes du pays engagées dans une course frénétique au gratte-ciel le plus haut. «Croire que la modernisation d'une ville dépend de la taille des gratte-ciel est une interprétation superficielle de l'urbanisation», martelait le Global Times, tabloïd de la République populaire. La presse a exprimé des réserves similaires vis-à-vis de la Shanghai Tower, la deuxième tour la plus haute du monde sur le point d'être achevée. En tout, 332 gratte-ciel seraient actuellement en construction en Chine.

La rédaction vous conseille :
Pékin: une colline artificielle au sommet d'un gratte-ciel
L'Empire State Building bientôt vendu?


(source LeFigaro.fr //Clara Leonard)

Les commentaires sont fermés.