UA-65297019-1 UA-65297019-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/09/2013

EDUCATION : LA FRANCE DEPENSE TROP POUR DES RESULTATS MEDIOCRES

 

classe 20130221-parlement-des-enfants1.jpg

 

Masse salariale, agents administratifs, nombre d'écoles : selon une étude de l'Ifrap, la France consacre 30 milliards de plus que l'Allemagne et le Royaume-Uni à ce secteur.

 

 

Dans une note inédite et coup de poing, la fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap), un think-tank classé à droite, frappe fort en décidant de s'intéresser aux raisons pour lesquelles la France dépense tous les ans «30 milliards de plus» que le Royaume-Uni et l'Allemagne pour ses écoles, ses collèges et ses lycées. Si la fondation a comparé ces trois pays, c'est parce qu'ils comptent environ le même nombre d'élèves scolarisés (10,5 millions) et parce qu'ils obtiennent à peu près les mêmes résultats dans Pisa, une enquête internationale menée tous les trois ans auprès des jeunes de 15 ans et destinée à évaluer leurs «compétences» scolaires dans diverses disciplines.

La dizaine de personnes qui ont travaillé avec l'Ifrap pour réaliser l'étude ont identifié trois principaux surcoûts. Le premier, c'est la masse salariale des professeurs: de l'ordre de 10 milliards de plus par an en France, notamment parce que l'Hexagone compte 126.000 professeurs de plus qu'en Allemagne et 300 000 de plus qu'au Royaume-Uni. «Nos professeurs sont certes moins bien payés qu'en Allemagne, mais beaucoup plus nombreux, ils donnent moins d'heures de cours et leurs pensions sont aussi plus chères», détaille Agnès Verdier-Molinié, directrice de la fondation.

Le deuxième facteur de surcoût est moins connu. Là où la France compte 350.000 personnels administratifs payés sur fonds publics travaillant dans le secteur éducatif (cantine, entretien, administration des établissements, etc.), l'Allemagne en compte 87.600 et le Royaume-Uni 106.100. Le Royaume-Uni compte toutefois davantage d'assistants d'éducation pédagogiques que la France…

«Très fort monopole étatique»

Le ministère français est légèrement plus fourni en personnel que les autres: Rue de Grenelle, on compte 3143 agents, contre 2780 au Royaume-Uni. L'État fédéral allemand n'en compte certes que 900, mais, faute de données, l'Ifrap n'a pas pris en compte les personnes responsables de l'éducation dans les Länder (régions) alors que ce pays est fortement décentralisé.

Le dernier facteur de surcoût, c'est le nombre d'établissements scolaires. La France en compte 48 984, hormis les maternelles, contre 32 803 pour l'Allemagne et 29 955 pour le Royaume-Uni. Cette situation peut s'expliquer par la plus faible densité de population en France. Mais pour l'Ifrap, le surcoût est lié au très grand nombre d'échelons locaux (communes, départements, régions) qui s'entrechoquent avec l'État déconcentré: académies et inspections d'académie. Ainsi, si on compte 36.800 intervenants dans la politique éducative en France, ils sont moins de 12.000 en Allemagne et 4500 au Royaume-Uni.

Le nœud du problème, c'est «moins la rationalisation des moyens que l'absence de choix opéré entre décentralisation assumée et tentation de recentralisation»

 

La gestion éducative de ces trois pays est en effet très différente. L'Allemagne et le Royaume-Uni privilégient une gestion locale, alors que la France «maintient un très fort monopole étatique sur l'enseignement national», rappelle l'Ifrap. Pour la fondation, le nœud du problème, c'est «moins la rationalisation des moyens que l'absence de choix opéré entre décentralisation assumée et tentation de recentralisation». Les régions françaises sont notamment en charge du foncier et de l'entretien des lycées, des personnels ouvriers et de service, les départements s'occupent de l'entretien des collèges, des transports ; les communes, des écoles primaires. Au fur et à mesure des différentes vagues de décentralisation, elles ont multiplié les services de gestion pour assumer ces nouvelles responsabilités, mais elles n'ont aucun contrôle sur le recrutement des enseignants.

 

«Dans les faits, on assiste à un véritable écheveau inextricable de services à tous les niveaux», affirme l'Ifrap. Entre autres exemples, la note évoque les «nombreuses missions qui se greffent sur les directions au ministère, souvent en parallèle de leurs services (mission rythmes scolaires, mission éducation prioritaire, etc.), sans compter les futurs conseils des programmes ou de l'évaluation» ou encore «les services déconcentrés en charge de la formation dans les rectorats que l'on retrouve doublonnés dans les régions.» Et les auteurs de l'étude se demandent aussi en quoi une direction des relations internationales et européennes et de la coopération a-t-elle une utilité, alors que le Quai d'Orsay pilote la plupart des actions éducatives à l'étranger…

L'Ifrap avance des propositions: l'État doit selon elle «assumer la décentralisation du système éducatif vers un échelon plus compétent, comme les communes, qui gérerait les questions d'éducation sur leur territoire comme cela se pratique déjà au Royaume-Uni (autorités locales) et en Allemagne (communes)». Cette décentralisation s'opposerait néanmoins à une spécificité française: son très grand nombre de communes, plus de 36.700.

«Il faut limiter cet éparpillement comme cela a été organisé en Allemagne dans les années 1970, avec la fusion des communes et au Royaume-Uni dans les années 2000 avec l'abolition des échelons intermédiaires comme les régions et la promulgation d'un nouveau paysage administratif simplifié».

 

 

 

(source LeFigaro.fr //Marie-Estelle Pech)

Les commentaires sont fermés.