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13/10/2013

LA GUERRE EST DECLAREE ENTRE LES TAXIS ET LES VEHICULES DE TOURISME AVEC CHAUFFEUR

 

 

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Pour mettre fin à la guerre entre taxis et véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), les ministères de l'intérieur et du tourisme ont présenté mardi de nouvelles mesures. Les VTC pourront continuer à prendre en charge les clients qui ont commandé une course. Mais prendre un client à la volée dans la rue leur reste interdit.

 

 

Les taxis sont furieux et leurs nouveaux concurrents, les véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) se frottent les mains. Telles sont les conséquences des mesures présentées ce jeudi par les ministères de l'Intérieur et du tourisme pour tenter, justement, de mettre fin à la guerre qui sévit entre ces deux professions.

Ainsi les VTC ne pourront prendre un client qu'après un délai de quinze minutes, sauf dans le cadre d'un abonnement où cette attente ne sera pas requise. À charge pour la société d'apporter tous les justificatifs nécessaires, en cas de contrôle: respect du quart d'heure entre la réservation de la course et l'arrivée de la voiture, ou présentation du numéro de dossier justifiant que le client est un abonné. Pour éviter tout abus, l'abonnement a été défini: il doit avoir été contracté un jour plein avant la course. Un décret devrait être prochainement publié et ces dispositions entreront en vigueur à compter du 1er janvier prochain.

En réalité, ce quart d'heure a été retenu pour mettre fin à des pratiques illégales de la part de certains VTC. Celles de prendre des clients à la volée dans la rue, droit exclusivement réservé aux taxis qui, en contrepartie, paient leur plaque du montant de 200.000 euros. «Les VTC, eux, ne travaillent qu'à la réservation. Or certains prennent des clients, notamment aux aéroports parisiens. Cela créé des tensions», reconnaît-on au ministère de l'Intérieur. Concrètement, les forces de l'ordre, auront donc le moyen matériel de vérifier s'il y a eu abus on non. Mais déjà cet été, les contrôles avaient été facilités. Un décret paru le 30 juillet, et visant à clarifier les règles entre les deux professions, fait obligation aux VTC de produire le justificatif d'une réservation.

Les taxis, au nombre de 20.000 en région parisienne, sont furieux

La vraie nouveauté interviendra plus tard quand le délit de racolage entrera en vigueur. «Le principe en a été acté en janvier dernier et le dispositif sera voté dans le courant du premier semestre 2014 dans le cadre du projet de loi sur la consommation», dit-on place Beauvau qui ajoute: «Aujourd'hui, le VTC qui prend un client dans la rue sans réservation ne risque pas grand chose car il y a un vide juridique».

Avec cette disposition concernant les quinze minutes, il n'y aura donc guère de grand changement pour les VTC comme le confirme la fédération française de transport de personnes sur réservation. «Dès qu'on utilise nos services une fois, on est considéré ensuite comme abonné, sans frais particulier», explique son président, Benjamin Cardoso. Lorsqu'un client commande une course via son smartphone «il donne ses coordonnées de carte de bancaire pour un paiement dématérialisé, mais aussi son nom, son mail et accepte les conditions générales», ajoute le responsable de la profession. En conséquence, la toute première fois que l'on a recours à un VTC, on attend quinze minutes. Ensuite, le quart d'heure saute et tout va plus vite.

«Aujourd'hui, le VTC qui prend un client dans la rue sans réservation ne risque pas grand chose car il y a un vide juridique.»

Cette mesure ne devrait donc guère freiner l'évolution de la profession des VTC en pleine expansion. Selon les chiffres d'Atout France, l'agence nationale de développement touristique et chargée des enregistrements, 1728 sociétés ont été immatriculées l'an passé, dont 128 à Paris. Cette année, la progression se confirme: au 23 septembre dernier, on comptait 1813 start-up, dont 323 dans la capitale. La somme à débourser pour se lancer est de 100 euros seulement. Les taxis, au nombre de 20.000 en région parisienne, sont furieux. «Les pouvoirs publics ont fait machine arrière. Ces quinze minutes ne changeront rien», indique Didier Hogrel, président de la fédération nationale du taxi. «On voulait, 1h, puis 30 minutes de délai et ensuite 15 minutes sans dérogation. On n'a pas été entendus. Et de toute façon comme il n'y a pas assez de contrôles, les VTC vont poursuivre leurs activités et les abus continuer», dit-il en ajoutant qu'aucune mesure de blocage, pour l'heure, n'a été décidée de la part de sa fédération. «Mais», ajoute t-il, «les organisations syndicales n'empêcheront pas les actions spontanées».

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(source LeFigaro.fr /Angélique Négroni)

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