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16/10/2013

INTERNATIONAL/NATIONAL : LA VISITE DE HOLLANDE EN AFRIQUE DU SUD PARASITEE PAR BRIGNOLES

 

 

Après son déplacement à Florange gâché par la polémique sur les Roms, le chef de l'État manque à nouveau de chance alors qu'il effectue un déplacement symbolique au pays de Nelson Mandela.

Ses plus proches l'assurent depuis des années: François Hollande, l'éternel optimiste, a «de la chance». Peut-être. Reste pourtant un secteur où le président joue manifestement de malchance: ses déplacements, en France ou à l'étranger. Ses annonces aux salariés d'ArcelorMittal, à Florange (Moselle), un déplacement soigneusement préparé par l'Élysée, ont été «foutues en l'air», selon les mots d'un socialiste, par l'offensive anti-Valls de la ministre Cécile Duflot sur les Roms.

Rebelote en Afrique du Sud, où François Hollande se trouve depuis lundi matin pour une visite d'État jusqu'à mardi. Le président, qui n'en finit pas de chuter dans les sondages, avait imaginé un déplacement symbolique, dans la droite ligne de la visite historique effectué par François Mitterrand en 1994, premier chef d'État à avoir été reçu par Nelson Mandela, après l'élection du héros de la lutte contre l'apartheid à la tête du pays.

Une visite importante pour Hollande, à la recherche de symboles forts pour conforter une présidence fragilisée, à quelques mois d'échéances électorales à hauts risques pour la majorité. L'Élysée se félicitait en outre de la confirmation de deux contrats importants pour la France, prochainement signés avec l'Afrique du Sud, en matière d'énergie et de transports. Las. La victoire du Front national à la cantonale partielle de Brignoles, doublée de la défaite de la ministre Marie-Arlette Carlotti à la primaire PS à Marseille, ont entaché le beau programme imaginé par l'Élysée. À cela, se sont ajoutés les débats enflammant la majorité sur les meilleurs remèdes à apporter à la percée du FN.

«Obtenir des résultats»

Alors que le président avait soigneusement évité la presse, dimanche soir, dans l'Airbus présidentiel qui l'emmenait en Afrique du Sud, il a finalement répondu à une question sur Brignoles lors de la conférence de presse qu'il a tenue, lundi matin à Pretoria, aux côtés de son homologue Jacob Zuma. Les équipes de l'Élysée avait pourtant tout fait pour décourager l'initiative journalistique: «Cela donnera une mauvaise image de la France», avait prévenu un conseiller. Mais Hollande avait rodé sa réponse: la meilleure arme contre la montée du FN, a-t-il fait valoir, ce sont «les résultats» obtenus sur le front économique et social. «La seule obligation que nous avons, c'est d'obtenir des résultats, sur l'emploi, la croissance, la sécurité. Obtenir des résultats, c'est une obligation», a-t-il répété.

Une réponse aussitôt contrée par le président de l'Assemblée nationale. En marge d'un déplacement à Bondy, en Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone a jugé à l'inverse que de bons indicateurs économiques et sociaux ne suffisaient pas pour contrer le FN. «La République française a besoin de résultats économiques, sociaux et environnementaux, mais a toujours besoin que l'on renforce la règle du jeu qui permet le vivre ensemble», a-t-il insisté. «On n'est pas là simplement pour être les mécaniciens de la chose économique», a ajouté Bartolone, faisant écho aux critiques de nombreux responsables socialistes qui avaient ironisé en privé sur la dernière prestation télévisée de Hollande sur TF1, jugée illisible et beaucoup trop technique sur la fiscalité.

Dans la majorité, ils sont nombreux à partager les vues du président de l'Assemblée nationale. Beaucoup évoquent notamment le «sort tragique» de Lionel Jospin à la présidentielle de 2002, alors que ce dernier avait pourtant tout misé sur le redressement économique et social du pays, avant de se faire doubler par Jean-Marie Le Pen au premier tour du scrutin. Dans la délégation qui accompagnait Hollande en Afrique du Sud, certains abondaient mezzo voce. «On est trop sur la défensive, il faut être à l'offensive», s'est ainsi agacée la ministre de la Justice Christiane Taubira, partisane d'une attaque plus frontale contre le FN. «Le fait d'inverser la courbe du chômage ne suffira pas, il faut inverser la courbe du pessimisme, redonner espoir, confiance aux gens», renchérissait le ministre écologiste Pascal Canfin.

Sous pression, Hollande a conclu son adresse à la communauté française d'Afrique du Sud, lundi soir à Pretoria, par une ode au «vivre ensemble». «Nous, en France, on doit être capable de vivre ensemble. C'est un grand enjeu, vivre ensemble, avec ce qui nous rassemble -des valeurs communes, des principes, la République- parfois ce qui peut nous différencier - nos idées, nos opinions, nos engagements, a-t-il lancé. Il faut savoir vivre ensemble, être capables de comprendre ce que vit celui qui ne pense pas comme nous, celui qui est différent de nous».

Dans son sillage, les conseillers élyséens insistaient sur la nécessité d'obtenir des résultats, seule arme valable pour contrer la désespérance, qui alimente le vote pour les extrêmes: «Il faut répondre aux problèmes qui nous sont posés. Améliorer la vie, donner une perspective, donner confiance.» Hollande, en privé, s'agace de cette focalisation sur le FN: «On fait mine de découvrir le problème. On vit avec le FN depuis 30 ans! Le FN s'est trouvé au second tour d'une présidentielle il y a dix ans. Ce n'est pas nouveau. S'il s'agissait à Brignoles d'un vote d'opposition, l'UMP aurait gagné. Il s'agit là d'un vote de protestation.» Et un conseiller d'ajouter: «On ne va pas régler le problème du Front national simplement en évoquant l'identité».

 

 

 

(source LeFigaro.fr // Solenn de Royer)

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