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29/10/2013

LES COPISTES : VERITABLES ARTISTES OU SIMPLES IMITATEURS ?

 

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Astérix chez les Pictes, 35e album narrant les aventures du héros Gaulois, est sorti jeudi 24 octobre. Pour la première fois, Albert Uderzo, 86 ans, a laissé son célèbre personnage entre les mains d'un autre illustrateur: Didier Conrad. Ancien collaborateur du Journal de Spirou, ce dernier a donc ressuscité le héros croqué pour la première fois par Uderzo en 1959. "C'est un test incessant de mes capacités de dessinateur, j'espère simplement être à la hauteur de la tâche", avait-il confié l'AFP en 2012. Le travail qui lui a été demandé va au-delà de son statut d'illustrateur: en plus de dessiner les planches de la mythique bande dessinée, Conrad doit s'exécuter à la manière d'Uderzo. Le dessinateur devient alors copiste. 

Un hommage "aux génies"

L'exercice de la copie existe depuis que l'homme peint. "Les plus grands ont tous commencé par là, à l'image de Delacroix", explique Anne-Sophie Bonno, artiste-peintre et copiste au Musée du Louvre et d'Orsay. Soumise à une réglementation stricte, cette activité est scindée en deux corps de métier: le dessin et la peinture. Dans les deux cas, "restituer la gestuelle, la technique ainsi que l'esprit des oeuvres de l'artiste copié permet de lui rendre hommage", indique Anne-Sophie Bonno. "Il faut se rappeler à quel point ceux qui nous ont précédés étaient des génies", ajoute-t-elle.  

C'est ce qu'a tenté de faire Didier Conrad, en acceptant la mission confiée par Albert Uderzo. Une tâche d'autant plus délicate quand on connait l'implication du créateur d'Astérix. "Je contrôle tout ce qui touche au personnage de très près et tout ce qui se fait sur le prochain album. Et je suis très exigeant!", avait-il confié à l'AFP. Pour Anne-Sophie Bonno, "c'est une chance de pouvoir copier un artiste encore vivant car beaucoup de choses passent par sa présence".  

Le dessinateur perd-il son statut d'artiste en devenant copiste ?

michel_cezanne.jpgMichel Champion,(photo) artiste-peintre et copiste au Musée d'Orsay explique qu'il se considère plus comme un "artisan d'art que comme un artiste pur". Un artisan qui doit apprendre à s'oublier, tout en faisant preuve d'une grande technicité. Il faut avoir "un certain sens de l'observation, beaucoup de patience et de l'humilité pour exercer cette activité", explique Anne-Sophie Bonno

Pour éviter toute frustration, cette dernière poursuit son activité de peintre et réalise ses propres oeuvres. "On s'efface à tel point qu'il faut pouvoir créer à côté", explique-t-elle. Jean-Marc Gillet, artiste-peintre et copiste au Musée d'Orsay et du Louvre est du même avis. "Il est nécessaire de se retrouver soi-même", affirme-t-il. Michel Champion a quant à lui la "satisfaction du travail bien accompli" et insiste sur l'aspect enrichissant de cette activité. "Cela permet d'acquérir une certaine culture, car on se renseigne énormément sur les artistes que l'on copie", précise-t-il. 

Conrad, copiste atypique

A l'instar des peintres copistes, Didier Conrad a dû s'imprégner du style d'Albert Uderzo. "Cela prend beaucoup de temps et c'est assez épuisant à faire", a-t-il confié au Figaro, tout en avouant qu'il y avait laissé sa "touche personnelle". "Conrad ne copie pas les dessins d'Uderzo mais ses personnages, ce qui laisse une grande place à l'imagination. Lorsque l'on copie une toile de maître, il n'y a pas de place pour l'improvisation et l'inventivité", explique Michel Champion, tout en précisant que le dessinateur et le peintre doivent tous deux se mettre "à la place du créateur".  

La sortie d'Astérix chez les Pictes aura permis de mettre en lumière cette activité, méconnue du grand public. "Il est important d'en parler car copier est une tradition qui se perd", explique Anne-Sophie Bonno, qui a appris à copier avant de créer. "La copie est la base de l'apprentissage", affirme quant à lui Jean-Marc Gillet, qui considère que cette activité "permet de perpétuer le savoir-faire et constitue la mémoire de l'art". Et c'est bien pour cette raison que le copiste est certes un artisan d'art, mais aussi artiste avant d'être imitateur.  

 

(source LEXPRESS.fr // Anaïs Chabalier),

 

 

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