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01/11/2013

LES OBSEQUES RELIGIEUSES ....EN BAISSE

 

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INTERVIEW - Depuis 2008, les cérémonies religieuses ont diminué de 5% en France selon une étude des Pompes funèbres générales. Le sociologue Tanguy Châtel en décrypte les principales conclusions.

 

Sac bandoulière

De moins en moins de Français choisissent des obsèques religieuses. C'est l'un des principaux enseignements de l'enquête des Pompes funèbres générales (PFG) publiée mardi. Cette année, 70% des cérémonies sont religieuses contre 75% en 2008. Et lorsque le défunt a choisi la crémation, 53% des obsèques sont civiles. Un mode de sépulture qui séduit d'ailleurs de plus en plus les Français puisqu'il est retenu dans 36% des décès, contre 28% en 2008. Sociologue spécialiste de la fin de vie et de la mort,Tanguy Châtel estime pour autant que «le panorama autour de la mort reste très traditionnel».

LE FIGARO. - Comment interpréter la baisse des obsèques religieuses en France?

Tanguy Châtel. - Ce qui est surprenant c'est qu'elle est finalement très nuancée. Il y a certes une érosion très forte de la pratique religieuse en France, mais l'effondrement n'est pas si massif. Les 70% de cérémonies religieuses illustrent, de mon point de vue, un maintien relatif. En France, on attache beaucoup d'importance à la reconnaissance de la mort, beaucoup plus qu'au mariage par exemple. De plus, même si les crémations sont majoritaires dans les obsèques civiles (ndlr 53%), le panorama autour de la mort reste très traditionnel.

Aujourd'hui, la part de funérailles religieuses dépasse celle des Français qui se disent croyants. N'est-ce-pas paradoxal?

Non, car il faut d'abord prendre en compte le respect des souhaits du défunt. On enterre une personne qui a une histoire. Or, la génération enterrée actuellement a majoritairement reçu une éducation religieuse donc on lui reste fidèle. Par ailleurs, la quête de sens et de spiritualité n'est pas forcément religieuse ; mais la cérémonie religieuse est une manière d'emprunter des voies de sens. Il y a un besoin spirituel en plein essor aujourd'hui. Dans nos sociétés contemporaines, les gens souhaitent aussi que l'enterrement se fasse dans un lieu propice au recueillement.

La crémation se développe au profit de l'inhumation, pour quelles raisons?

Cette évolution s'explique principalement du fait de la part plus importante de personnes indécises: elles sont plus nombreuses à rejeter l'inhumation donc vont préférer se tourner vers la crémation. Par ailleurs, ce rite funéraire est plus accepté aujourd'hui car il apparait en phase avec notre monde rapide. On a l'impression de maîtriser ce processus, contrairement à l'inhumation qui dure longtemps. Cette opposition s'établit aussi au niveau symbolique. La crémation renvoie au feu et à la lumière, au fugitif et non durable, tandis que l'inhumation aspire à la terre et au granit des tombes qui symbolisent l'éternité.

À terme, se dirige-t-on vers une sécularisation des obsèques?

 

C'est une tendance probable, mais il faudra attendre plus d'une génération avant que les obsèques perdent totalement leur dimension sacrée. La sécularisation touchera davantage les modalités des hommages et les lieux que le contenu de la cérémonie en lui-même. Il y a un désir plus important de personnaliser les cérémonies. Cela se note par exemple avec l'introduction de textes profanes mieux acceptés qu'avant dans les cérémonies religieuses. Ces dernières sont aussi de plus en en plus célébrées par des laïcs (ndlr +12% depuis 2008), marquant une autre tendance vers la sécularisation. Laisser des cérémonies croyantes célébrées par des laïcs montre l'existence d'une sorte de zone intermédiaire avec un nouveau rituel.

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(source LeFigaro.fr / Emmanuelle Germain)

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