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26/11/2013

LA SANTE EMOTIONNELLE NOUVEAU GRAAL DE LA PSYCHOLOGIE

 

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Désormais, apprendre à réguler naturellement nos troubles d'humeur est au cœur de nombreuses thérapies.

 

Ce jour-là, Sylvie, 50 ans, venait d'essuyer une remarque assassine de la part de son fils. «Je me suis immédiatement sentie comme une enfant honteuse face à lui, comme “rétrécie”», confie-t-elle. Mais cette fois-ci, au lieu de rétorquer violemment au gaillard de 1,80 m qui lui fait face, ou de «zapper» ce qu'elle ressent, elle sort de la pièce et va se réfugier dans sa chambre. En sécurité, assise dans un fauteuil confortable, elle ferme les yeux et prend conscience de ses sensations physiques («J'avais le cœur qui battait à toute allure, la gorge nouée, les pieds glacés», se souvient-elle). Puis, sans les contrôler, ni les juger, ni les commenter, elle laisse simplement ces sensations évoluer… jusqu'à disparition. Un processus qui ne dépasse pas 3 minutes. «Je suis ensuite revenue dans la cuisine continuer la conversation avec Serge.» Fin de l'épisode.

Cette façon autonome et pour le moins élémentaire de «laisser passer» ses émotions est considérée par ses adeptes comme un véritable «autonettoyant émotionnel», le fruit d'une capacité naturelle, à la portée de chacun d'entre nous. Et qui nous délivrerait définitivement de ces émotions désagréables - peur, colère, honte… - «dans ce type de situation», précise toutefois Marcia Bénitah. Psychothérapeute parisienne, celle-ci assure des formations à cette méthode du «revivre sensoriellement».

À ce jour, 600 praticiens - psychiatres et thérapeutes d'horizons variés - se sont formés en France, en Belgique et aux États-Unis pour initier leurs patients à cette méthode. «Cela représente entre 5 et 10. 000 séances chaque jour», relève Marcia Bénitah. Des formations collectives et gratuites ont d'ailleurs lieu actuellement dans tout le pays (1). Elles prolongent le travail d'un chercheur français en pédagogie, Luc Nicon, qui s'était déjà fait connaître pour avoir mis au point une technique d'identification des peurs inconscientes (TIPI) mais insiste davantage, dans son dernier livre (2), sur le rôle essentiel de la sensorialité pour traverser ses émotions.

 

Si cela nécessite un «apprentissage», même simplissime, c'est parce qu'accepter de «laisser passer ses émotions» semble extrêmement compliqué pour beaucoup d'entre nous. Chacun a ses stratégies pour contrer les sentiments désagréables qui émergent avec l'émotion - certains se laissent déborder par la colère et commettent des actes ayant des conséquences négatives, d'autres la ravalent et se rongent intérieurement… Certains vont marcher dehors, d'autres font quatre ou cinq respirations profondes, ou tentent de se relaxer. «Ne rien faire, laisser passer l'orage paraît extrêmement difficile et inquiétant, constate Marcia Bénitah. Pourtant, c'est la voie royale vers la dissolution des émotions négatives.».

 

Le Dr Christine Barois, psychiatre convaincue par ce process, confirme: «Les sensations corporelles qui arrivent lorsque nous sommes aux prises avec une émotion ne sont jamais dangereuses, tout comme les émotions elles-mêmes, qui s'avèrent souvent utiles. En revanche, ce qui rend malade, c'est leur intensité.» Une intensité qui grandit justement lorsque nous tâchons de les éviter, ainsi que l'a montré le professeur David Barlow de l'université du Mississippi. «La dépression est souvent un problème d'émotions contrariées», ajoute la psychiatre.

La solution? Parvenir à être dans ce «non-agir» dont parlent de nombreuses traditions, notamment asiatiques. Devenir observateur des grands courants qui traversent le corps sans s'y opposer. «Ce que Luc Nicon a découvert et formalisé dans la formule “revivre sensoriellement” est au carrefour des thérapies les plus novatrices du moment, estime le Dr Christine Barois. Thérapies comportementales et cognitives, méditation de pleine cons­cience, EMDR, thérapie de l'acceptation… proposent aussi au patient de se focaliser de la même façon sur ce qu'il ressent, sans le contraindre ni chercher à le modifier.»

Toutes insistent aussi sur la notion d'entraînement attentionnel: plus on le fait, plus cela devient facile, et plus cela amène des résultats. Toutes nous proposent aussi de ne pas rester «scotchés» à ce que nous disent nos pensées lorsque l'émotion nous traverse: généralisation - «c'est toujours la même chose, ça tombe sur moi…» -, projection - «c'est parce qu'il me déteste qu'il me dit ça» -, distorsion cognitive - «je suis en colère parce qu'il m'a dit ça, pas parce que je suis rentrée fatiguée de ma journée de travail». Ainsi Sylvie sait-elle désormais que, pour s'apaiser, il lui reste peu à faire: trouver un endroit où s'isoler pour plonger en elle… en toute sécurité.

(1) Infos sur www.sensorelive.info et www.tipi.fr(2) Luc Nicon, «Revivre sensoriellement» (Éditions Émotion forte)

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(Source LeFigaro.fr /Par Pascale Senk)

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