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12/12/2013

POLITIQUE : NICOLAS SARKOZY A APPAREMMENT EN TÊTE DE CREER UNE STRUCTURE DE CAMPAGNE

 

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INTERVIEW - Nicolas Sarkozy aurait évoqué auprès de proches la création d'un nouveau parti avant la présidentielle de 2017. Politologue spécialiste de l'UMP, Thomas Guénolé  (photo) réagit à la possible stratégie de l'ancien président.

LE FIGARO. - Selon Le Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy envisage de créer un nouveau parti pour dépasser le cadre de l'UMP dans l'optique de 2017. Est-crédible?

Thomas GUÉNOLÉ *. - Il faut distinguer deux stratégies. La première consiste à créer un mouvement destiné à concurrencer l'UMP à droite, ce qui semble hasardeux étant donné le temps imparti. La seconde, plus intéressante, revient à diluer l'UMP dans une nouvelle marque, un rassemblement plus large. A la manière dont le RPR a été lui-même intégré dans l'UMP lors de sa création, en 2002. Cette idée d'«OPA» n'est pas mauvaise car l'UMP, comme les autres partis de gouvernement, souffre de l'aggravation de la situation économique, sociale et fiscale. En tant que parti d'opposition, l'UMP aurait dû bénéficier d'une prime de popularité, mais le duel fratricide entre Jean-François Copé et François Fillon a tout bouleversé.

D'où l'idée d'un «nouveau départ» pour Nicolas Sarkozy?

Oui, Nicolas Sarkozy a apparemment en tête de créer une structure de campagne, dont l'association des Amis de Nicolas Sarkozy est un embryon, qui lui permette de se placer au-dessus des partis existants. Il est inspiré par la théorie bonapartiste et gaulliste du lien direct et plébiscitaire entre un homme et le peuple de France. Il considère qu'un ancien président de la République bénéficie d'un statut particulier, qu'il n'est plus le représentant d'un parti, mais celui de tout un pays. C'est d'ailleurs pourquoi il ne souhaite pas participer au processus des primaires, inscrit dans les statuts de l'UMP.

Comment peuvent réagir les dirigeants de l'UMP?

Au moment où Nicolas Sarkozy décidera de se lancer, le président de l'UMP devra être de son côté, comme Michèle Alliot-Marie (présidente du RPR au moment de la création de l'UMP, ndlr) a fait allégeance à Jacques Chirac en 2002. En l'état actuel des choses, les enquêtes d'opinions démontrent que Nicolas Sarkozy est, de loin, le meilleur champion de la droite pour 2017. La distance avec les autres candidats potentiels est telle qu'ils ne peuvent même pas être qualifiés de rivaux.

Quelle ligne politique Nicolas Sarkozy pourra-t-il adopter?

Ce choix sera essentiel. Nicolas Sarkozy peut rassembler 25 à 30% au premier tour sur sa personne. Mais il s'agit ensuite de gagner le second tour et d'attirer de nouveau électeurs. En 2012, la «ligne Buisson» (du nom de Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy et théoricien de la «droitisation» de l'UMP, ndlr) n'a pas prouvé son efficacité: si elle l'avait été, Marine Le Pen n'aurait pas fait 20% au premier tour. Reste la «ligne Guaino», (du nom d'Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et qualifié de «gaulliste social», ndlr), basée sur l'idée de l'«homme providentiel». Cette stratégie peut s'avérer payante.

* Maître de conférence à Sciences Po et auteur de Nicolas Sarkozy, chronique d'un retour impossible? (First).

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