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11/01/2014

TABAC : PRES DE UN MILLIARD DE FUMEURS DANS LE MONDE

 

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INFOGRAPHIE - Le nombre global de fumeurs quotidiens continue d'augmenter et, dans ce contexte, la France n'affiche pas de bons résultats.

 

Le tabac est plus que jamais un fléau mondial: un humain sur sept fume quotidiennement, rapporte une étude publiée mardi dans la revue médicale Jama. Et bien que le tabagisme apparaisse de plus en plus comme une caractéristique des pays en développement, la France, malgré son statut de nation riche, ne peut se prévaloir de bons résultats.

L'étude, qui s'appuie sur les données issues de 187 pays, se résume en un paradoxe: la part de fumeurs dans la population a globalement reculé ces trente dernières années (de 25% chez les hommes et 42% chez les femmes), mais cela n'a pas empêché le nombre total de fumeurs quotidiens d'augmenter de 721 à 967 millions, en raison d'une progression démographique mondiale rapide sur la même période. L'augmentation du tabagisme dans des pays très peuplés, comme la Chine, l'Indonésie, le Bangladesh ou la Russie, explique notamment ces mauvais chiffres. À l'extrême inverse, c'est en Afrique que sont enregistrés les taux les plus faibles. «Seulement» 7 à 8% des Soudanais, des Ghanéens ou des Nigérians fument, et moins d'1% des Camerounaises, des Marocaines ou des Éthiopiennes.

Quid de la France? Alors qu'elle avait fait figure de précurseur dans la lutte antitabac avec la loi Evin en 1991, il est frappant de voir que l'Hexagone aborde les années 2010 avec d'assez mauvais résultats. Les Françaises figurent même en cinquième position mondiale des plus grosses fumeuses, avec un taux de tabagisme à 27,8%, qui ne les place pas loin derrière les plus grandes consommatrices mondiales que sont les Grecques (34,7%). Et si les hommes sont, eux, loin d'égaler les records indonésien (57%), laotien ou russe (51%), ils restent, avec 35% de fumeurs quotidiens, bien plus nombreux que dans les régions présentant un niveau de vie similaire (Amérique du Nord, Royaume-Uni, Australie, Scandinavie), où le taux a chuté à moins de 23%.

Un manque de volonté politique antitabac

Plus inquiétant encore, on constate depuis 2010 que le tabagisme repart à la hausse en France pour la première fois depuis la loi Évin selon l'Observatoire français des drogues et toxicomanies. Le Pr Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme, y voit la conséquence d'un manque de volonté politique antitabac ces dernières années. «On a enregistré un recul significatif lors de la mise en place du plan cancer 1 (entre 2003 et 2007, NDLR), mais sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le rythme n'a pas été maintenu», dénonce-t-il.

Selon le pneumologue, les mesures à mettre en place pour réduire efficacement le tabagisme sont pourtant internationalement connues. Elles ont notamment fait leurs preuves au Canada ou au Royaume-Uni. Parmi elles, la hausse du prix des cigarettes, régulièrement débattue en France, car les acteurs antitabac estiment qu'elle doit atteindre au moins 10% en une seule fois pour avoir un effet sur les fumeurs, soit davantage que ce qui a été appliqué lors des trois augmentations intervenues ces quinze derniers mois - la dernière en date entrera en vigueur lundi prochain (+20 centimes par paquet).

 

L'arsenal des mesures recommandées depuis 2003 par l'Organisation mondiale de la santé comprend toutefois des lois que la France possède déjà. «Malheureusement, elles ne sont pas appliquées, déplore Yves Martinet. C'est le cas de l'interdiction de vente de cigarettes aux mineurs, de l'encadrement de la publicité dans les bureaux de tabac, de l'interdiction de fumer dans les terrasses fermées», énumère-t-il. Il faudrait selon lui y ajouter l'adoption du paquet de cigarettes neutre et la suppression des présentoirs de cigarettes chez les buralistes. «Les pays qui sont parvenus à réduire sensiblement le tabagisme sont ceux qui pensent aussi la santé publique en termes de rentabilité pour la société, analyse le Pr Martinet. Si l'on fixait le prix d'un paquet de cigarettes sur son coût social, il dépasserait les 20 euros!»

(source LeFigaro.fr / Pauline Fréour) 

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