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06/02/2014

ALLERGIE A LA CACAHUETE : VERS UNE DESENSIBILISATION EFFICACE - RENCONTRE DU QUARTIER REPUBLIQUE - POINT DU JOUR AVEC LE MAIRE

 

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L'ingestion progressive de minuscules doses d'arachide a permis de désensibiliser partiellement des enfants sévèrement allergiques.

 

L'allergie à la cacahuète a explosé ces vingt dernières années. Affectant de 0,5 à 1,4 % des enfants dans les pays développés, c'est l'allergie alimentaire qui entraîne les réactions les plus sévères, parfois mortelles. Aucun traitement curatif n'existe et il est difficile d'identifier les personnes le plus à risque. La consigne donnée aux parents d'enfants allergiques est donc d'éviter tout aliment contenant ne serait-ce que des traces d'arachide, ce qui nuit fortement à la qualité de vie de la famille et induit beaucoup de stress.

Toutefois, la piste de la désensibilisation développée par plusieurs équipes depuis quelques années donne des résultats encourageants. En particulier ceux de chercheurs britanniques, publiés jeudi dans la revue The Lancet.

L'équipe du Dr Katherine Anagnostou (université de Cambridge) a fait ingérer à 85 enfants une farine à base de protéines de cacahuète à des doses croissantes, de façon à ce que leur système immunitaire s'habitue à l'allergène. Les quantités augmentaient tous les 15 jours pendant 6 mois, de 2 mg au départ (soit l'équivalent d'un 70e de cacahuète) jusqu'à 800 mg. À chaque changement de palier, l'enfant recevait la première dose à l'hôpital afin que les médecins puissent intervenir en cas de réaction. Le reste était pris à domicile. Au bout des six mois, plus de 84 % des jeunes patients toléraient l'ingestion quotidienne de 5 cacahuètes et près d'un sur deux pouvait en manger 10. Peu de réactions allergiques ont été constatées et elles étaient modérées.

« J'ai pu manger un beignet! »

«Pour eux, c'est un changement spectaculaire, affirme le Dr Andrew Clark, coauteur de l'article. Avant cet essai, ces enfants ne toléraient même pas de tout petits bouts de cacahuète et leurs parents devaient scruter les étiquettes de tout ce qu'ils ingéraient.»L'objectif de ce type de traitement est de mettre ces enfants à l'abri du danger en cas d'ingestion d'arachide, pas de leur permettre d'en manger de grandes quantités. «Je n'avais jamais mangé de beignets avant mes 11 ans parce qu'ils pouvaient contenir des traces d'arachide, témoigne Lena, qui a participé à l'étude. Quand on m'en a offert un après le traitement, c'était tellement bon que j'ai fini le paquet!»

Dans un commentaire accompagnant l'article, le Pr Matthew Greenhawt, du Centre des allergies alimentaires à l'université du Michigan (États-Unis), salue des résultats «exceptionnellement prometteurs» mais rappelle que des inconnues subsistent. Notamment la durée de l'effet protecteur, les études précédentes ayant montré qu'il peut s'estomper. «C'est pourquoi il est très important que les patients prennent leur dose d'arachide quotidiennement», confirme au Figaro le Dr Patrick Rufin, allergologue à l'hôpital Necker à Paris, dont certains patients ont été traités de façon similaire.

En France aussi

Les effets secondaires néfastes à long terme doivent aussi être étudiés. «La phase expérimentale de recherche va encore durer des années avant une possible généralisation du traitement en routine», prévient Greenhawt. En attendant, il est formellement déconseillé de tenter une désensibilisation de ce type par soi-même, les risques encourus pouvant être fatals.

En France, une poignée d'établissements hospitaliers (CHU de Toulouse, Hôpital Saint-Vincent de Paul à Lille, centre hospitalier d'Epinal) proposent déjà l'immunothérapie orale contre l'arachide. Le Dr Dominique Sabouraud, pédiatre-allergologue au CHU de Reims, la pratique depuis quatre ans en utilisant une méthode légèrement différente puisque seule la première dose est donnée à l'hôpital, après évalutation de la dose minimale suscitant une réaction chez l'enfant. Un contrôle a ensuite lieu à 6 mois et un an. «Certains de nos patients peuvent désormais consommer 15 cacahuètes par jour», souligne-t-elle au Figaro. «C'est un grand changement pour ces personnes: il y a dix ans, on leur disait que leur allergie était définitive et elles devaient emmener partout avec elles une trousse d'urgence en cas de réaction grave. C'était très anxiogène».

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