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03/02/2014

SANTÉ : AJUSTER LE CHAUFFAGE POUR PERDRE DES KILOS

 

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Baisser ou monter la température chez soi pourrait favoriser le contrôle du poids grâce à une augmentation de la dépense énergétique. Une piste intéressante dont les effets restent à quantifier.

 

Pour maigrir, faites bouger le thermostat! C'est ce que suggèrent sans plaisanter deux études parues coup sur coup en décembre et en janvier dernier. L'une, publiée dans Obesity, suggère de remonter la température de quelques degrés quand l'autre, parue dans Trends in Endocrinology & Metabolism , est plutôt en faveur d'une exposition quotidienne à une fraîcheur relative. Mais l'objectif est le même: obliger l'organisme à dépenser davantage d'énergie pour maintenir une température corporelle stable.

Ce n'est pas la première fois que des études suggèrent un impact de la température ambiante sur le poids, mais cet aspect reste à ce jour peu étudié au regard de l'importance de l'obésité à travers le monde, estime dans son étude Wouter van Marken Lichtenbelt, de l'université de Maastricht aux Pays-Bas. Il rappelle que nous passons 90% de notre temps à l'intérieur, avec des températures maintenues entre 20 et 23°C, soit un niveau où la dépense énergétique est minimale.

Les auteurs de la première étude ont mis en relation la température du domicile de plus de 100.500 personnes avec leur poids corporel, des données obtenues dans le cadre de 13 enquêtes annuelles successives sur la santé des Anglais entre 1995 et 2007. Ils ont constaté que les personnes se chauffant à 24-25°C étaient globalement plus minces que celles vivant à des températures inférieures à 23°C, y compris plus basses vers 19°C. Dans la seconde étude, les chercheurs ont rassemblé plusieurs données expérimentales sur l'exposition quotidienne à un froid modéré. Ils montrent que la dépense énergétique augmente lors d'une exposition quotidienne pendant deux à trois heures à des températures comprises entre 17 et 19°C. Si quelques frissons peuvent survenir au début, ils laissent finalement place à la stimulation du tissus adipeux bruns, la véritable usine de production de chaleur corporelle. Les auteurs parlent même de «confort» à ces températures suite à un certain «entraînement».

Des effets à quantifier

Ces deux études sont tout à fait intéressantes selon le Pr. Jean-Michel Oppert, chef de service du centre Obésité-Paris à l'hôpital de la Salpêtrière. «Les résultats montrent sans ambiguïté qu'en deçà et au delà de la fourchette 20-23°C, la dépense énergétique augmente. Néanmoins, il s'agit d'un concept qui mérite maintenant d'être quantifié. Avant d'envisager d'utiliser cet outil pour lutter contre le surpoids et l'obésité, il est nécessaire de savoir quel effet chaque degré perdu, ou gagné, a sur la masse grasse».

Chaque stratégie a en tout cas ses avantages et ses inconvénients. «Baisser la température de quelques degrés engrangerait des économies d'énergie mais risquerait d'inciter les habitants à manger plus pour se réchauffer, ce qui annulerait le bénéfice attendu. À l'inverse, augmenter la température permettrait de réduire l'appétit des individus comme cela a déjà été prouvé par de précédents travaux mais la facture énergétique et les conséquences environnementales méritent d'être évaluées», estime Michael Daly, coauteur de l'étude parue dans Obesity, à l'université de Stirling au Royaume-Uni.

En attendant de préciser les choses, ces travaux laissent entrevoir une piste intéressante pour lutter contre l'obésité: l'activation du tissu adipeux brun. Bien connu chez le nourrisson, ce tissu a été mis en évidence chez l'adulte il y a seulement une quinzaine d'années. Il s'agit d'une remarquable machine à produire de la chaleur en consommant des graisses. Autant dire que le fait de l'activer, soit par un changement de température extérieure, soit par d'autres moyens, permettrait d'améliorer l'équilibre entre apports et dépenses énergétiques chez les personnes en surpoids. Plusieurs chercheurs y travaillent. Une équipe de l'Inserm a par exemple identifié récemment un gène qui favorise la formation de la masse brune au détriment de la masse adipeuse blanche, stockeuse de graisses chez l'adulte. Un gène qui pourrait servir de nouvelle cible thérapeutique.

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  • (source leFigaro.fr /Par Aude Rambaud)

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