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02/04/2014

MANUEL VALLS SERA T'IL LE MICHEL ROCARD DE FRANÇOIS HOLLANDE

 

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Alexandre Vatimbella est un journaliste français. Il est, depuis 2008, directeur de la rédaction de l'agence de presse LesNouveauxMondes.org, qui est spécialisée sur les pays émergents et la mondialisation. Il est également le directeur du Crec (Centre d'étude & de recherche du centrisme), un centre indépendant sur la pensée politique centriste, avec le site Le Centrisme.

 

Or donc François Hollande a nommé Manuel Valls comme son nouveau premier ministre d'un «gouvernement de combat» et «resserré» selon les termes mêmes de l'allocution du Président de la république, congédiant Jean-Marc Ayrault après les résultats pour le moins catastrophiques des municipales et une situation économique compliquée et c'est un euphémisme.

Le mitterrandiste François Hollande nommant le rocardien Manuel Valls à Matignon après le Trafalgar des municipales, c'est ainsi du déjà-vu...

Les «mitterrandistes» auraient-ils donc toujours besoin des «rocardiens» pour retrouver de la crédibilité et tenter de rattraper leurs erreurs?!

On se rappelle que François Mitterrand avait nommé Michel Rocard à Matignon en 1988 après une campagne électorale où il avait quasiment fait un ticket avec son ennemi intime afin de pouvoir gagner les présidentielles après la Bérézina des législatives de 1986 qui avait inauguré la première cohabitation de la V° République avec Jacques Chirac comme chef du gouvernement.

Le mitterrandiste François Hollande nommant le rocardien Manuel Valls à Matignon après le Trafalgar des municipales, c'est ainsi du déjà-vu...

Pour autant cette nomination est dans la logique des choses. Plus qu'Ayrault, il est emblématique de la politique menée depuis deux ans qui se veut social-démocrate, pragmatique et ancrée dans le réel, tout ce que Michel Rocard a défendu au cours de sa carrière politique et dont Manuel Valls est un disciple fidèle depuis la fin des années 1970.

En outre, le charisme de l'ancien maire d'Evry est beaucoup plus important que celui de l'ancien maire de Nantes.

Sans oublier, ce qui est la grande crainte de l'UMP, Valls séduit au-delà de la gauche même si son aura a quelque peu faibli ces derniers mois dans l'opinion publique.

Néanmoins, il était le favori des Français pour succéder à Jean-Marc Ayrault même si l'on peut penser que François Hollande aurait voulu attendre un peu plus longtemps, au moins jusqu'après les élections européenne de juin prochain, voire 2015.

Cette nomination dit déjà que François Hollande continuera la même politique dans son inspiration essentielle qui est de vouloir assainir l'économie française par une politique sociale-libérale ou au «pacte de responsabilité doit correspondre un pacte de solidarité», sorte que quadrature du cercle dans la situation actuelle de la France.

La question que l'on peut se poser est de savoir si Manuel Valls aura la capacité et les coudées franches pour mener cette politique et réussir là où Ayrault a manifestement échoué, tant dans la pratique que dans la communication.

On peut parier que la gauche du PS ainsi que le Front de gauche et le Parti communiste vont être dans la défiance avant même qu'il s'asseye dans le fauteuil de Matignon

Devant un PS traumatisé par la défaite des municipales, la tâche du nouveau premier ministre s'annonce ardue d'autant qu'il ne bénéficiera pas d'indulgences de la part de l'UMP, bien entendu, mais aussi des centristes qui ont vu leur stratégie d'alliance à droite validée lors du scrutin de dimanche et qui ne sont pas prêts à laisser du temps au nouveau locataire de Matignon.

Et l'on peut parier que la gauche du PS ainsi que le Front de gauche et le Parti communiste vont être dans la défiance avant même qu'il s'asseye dans le fauteuil de Matignon et qu'ils mèneront une guérilla de tous les instants, guettant le moindre faux pas.

Sans parler d'une partie des écologistes qui entretiennent de mauvais rapports avec Valls, Cécile Duflot ayant annoncé à maintes reprises qu'elle ne serait pas membre d'un gouvernement dont il serait le chef.

Et puis, la situation économique de la France n'est pas au mieux et il faudra que des résultats arrivent vite, à la fois pour les entreprises, les milieux d'affaires et financiers mais aussi pour les Français en attente de changements positifs dans leur vie quotidienne, notamment en matière de chômage.

Et les marges de manœuvre ne sont pas énormes, c'est peu de le dire.

Sera-t-il celui qui fera le sale boulot jusqu'à 2017 et qui, sans résultats probants alors, sera remercié pour laisser la place à un premier ministre de gauche-gauche pour que François Hollande puisse rassembler son camp ?

Mais Valls était le meilleur candidat même si d'autres noms ont circulé comme ceux de Fabius, d'Aubry ou de Jean-Yves Le Drian, l'actuel ministre de la Défense.

D'autant que l'homme n'a pas peur de prendre des coups, plus, il aime ça, c'est un combattant à la manière d'un certain Nicolas Sarkozy, ce qui est une qualité certaine dans le climat politique actuel qu'Hollande a rappelé dans son intervention télévisée.

Bien évidemment, Manuel Valls obtient une reconnaissance de son travail et de son positionnement.

Bien évidemment, également, il risque gros car il est porteur d'espoirs, peut-être encore plus que François Hollande en 2012.

C'est là que l'on verra sa stature exacte.

Sera-t-il un chêne capable de résister à la tempête et à tous les chausse-trappes que lui prépare la gauche de la gauche avec la bienveillance de la droite ou ne sera-t-il qu'un roseau qui pliera à la moindre des difficultés?

Sera-t-il celui qui fera le sale boulot jusqu'à 2017 et qui, sans résultats probants alors, sera remercié pour laisser la place à un premier ministre de gauche-gauche pour que François Hollande puisse rassembler son camp?

Sera-t-il, en cas de succès, le principal concurrent à gauche de François Hollande car il pourra, avec l'échec d'Ayrault, démontrer que c'est lui qui aura obtenu des résultats, plus qu'Hollande?

Tout est ouvert ce qui dit quelque part les inconnues vertigineuses qui sont devant Valls en ce 31 mars 2014, premier jour d'un parcours de gloire ou de descente aux enfers, l'avenir le dira/

Et sans doute assez vite.

  • (Source LeFigaro.fr /Alexandre Vatimbella )

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