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19/04/2014

SANTÉ : MAIGRIR GRACE A LA NEUROBIOLOGIE

 

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Et si le surpoids était d'abord lié au plaisir de manger ? En décryptant les mécanismes cérébraux du plaisir alimentaire, les neurosciences éclairent d'un jour nouveau l'envie de manger et les façons de résister.

 

Dr-Laurent-Chevallier.jpgPour le médecin nutritionniste Laurent Chevallier, (photo) il n'y a pas de doute: «Plus on mange, plus on a envie de manger. L'homme est un animal gourmand qui ne sait pas gérer ses excès.» Et comme tout, dans notre environnement, n'est que tentation et promesse de plaisir alimentaire, il est bien difficile de résister.

La nouveauté, c'est que de plus en plus de chercheurs se tournent vers le cerveau et ne se satisfont plus désormais de l'approche strictement mécanistique, basée notamment sur les calories. Pas plus d'ailleurs qu'ils ne se contentent du lifting de l'ancienne dichotomie sucres rapides/sucres lents revue et corrigée sous la forme d'indice glycémique, cette capacité d'un aliment à élever rapidement le taux de sucre dans le sang.

Bien sûr, les deux notions sont importantes. Personne ne conteste d'ailleurs le rôle des calories. C'est bien la suralimentation qui engendre la prise de poids. Et, d'ailleurs, réduire les portions de ce que l'on mange permet d'avoir un apport énergétique mieux adapté aux besoins réels de notre organisme.

Aucune aide à attendre cependant du secteur alimentaire. Dans son livre Maigrir sans lutter (Fayard, 2014), le Dr Chevallier souligne l'inflation calorique des portions servies dans la restauration rapide au cours des vingt dernières années. Les calories d'un cheeseburger ont doublé et celles d'une portion de frites ont triplé!

Le circuit du plaisir

Mais manger ce n'est pas seulement ingérer la quantité nécessaire aux besoins de l'organisme sinon, comme la plupart des espèces du règne animal, nous n'avalerions pas plus que ce dont on a besoin. En réalité, le comportement alimentaire est étroitement lié au circuit du plaisir (qui libère de la dopamine) au sein de notre cerveau

Professeur en neurosciences à l'université John Hopkins de Baltimore (photo ), David Linden consacre un jh_hospital.jpgchapitre à l'alimentation, entre les drogues et le plaisir amoureux, dans un ouvrage récent (Tous addicts!, Éditions de La Martinière, 2013). Pour le Pr Linden, le rôle du circuit du plaisir n'a rien de trivial et va même bien au-delà du plaisir de manger.

«La plupart des expériences que nous considérons comme transcendantes - qu'il s'agisse de comportements illicites, de rituels socialement réprimés ou de pratiques courantes (activité sportive, prière, méditation, action caritative…) - activent un circuit spécifique dans le cerveau, anatomiquement et biochimiquement dédié au plaisir», explique même le Pr Linden.

Repenser le régime

«Faire du shopping, ressentir un orgasme, cultiver son goût du savoir, se goinfrer de nourriture hypercalorique, se laisser happer par le démon du jeu, se livrer à une quête spirituelle, danser jusqu'à l'épuisement ou encore “se perdre” sur Internet: toutes ces activités suscitent des signaux neuraux qui convergent vers un groupe de zones cérébrales interconnectées au sein d'une zone nommée faisceau médian du télencéphale (cerveau antérieur), ou FMT, véritable circuit du plaisir.» Une clé importante car, pour le Dr Che­vallier, si un régime doit être envisagé comme un sevrage, cela signifie qu'il va falloir, d'une façon ou d'une autre, penser à activer son circuit du plaisir pour détourner son cerveau des compulsions alimentaires. «La volonté ne suffit pas, ajoute le spécialiste. Est-ce que l'on dirait à un toxicomane qu'il suffit d'y mettre un peu de volonté pour s'en sortir?»

Prendre en compte la dimension neurobiologique de l'alimentation, c'est aussi tenir compte des déclencheurs privilégiés de l'envie de manger. Selon que l'on est «plutôt salé, plutôt sucré, ou les deux», les mesures à prendre seront différentes, affirme le Dr Chevallier: «Par exemple, les accros au sucré pourront continuer le sucre mais sous forme de fruits ou de compotes, détaille-t-il, alors que si l'on est accro au salé, il s'agira plutôt de manger des petites portions, avec possibilité de se resservir.»

«Tous les aliments ne sont pas addictifs, explique au Figaro le Pr Gene-Jack Wang, spécialiste en imagerie cérébrale des addictions, mais la plupart des aliments industriels, palatables (agréables au goût) le sont.» L'ennui, souligne-t-il, «c'est que la plupart des aliments palatables sont riches en énergie et conduisent à l'obésité».

 

L'obèse a un cerveau de drogué

Lorsque l'on compare le cerveau d'une personne atteinte d'obésité morbide (indice de masse corporel supérieur à 40) avec celui d'un usager de drogue, qu'il s'agisse de substances illicites (cocaïne, héroïne) ou licites (tabac ou alcool), des similitudes apparaissent s'agissant des récepteurs à la dopamine, explique le Pr Gene-Jack Wang, spécialiste en imagerie cérébrale des addictions au Brookhaven National Laboratory (États-Unis). Or la dopamine est précisément la substance fabriquée par le circuit du plaisir en réponse aux stimuli agréables. «Les deux groupes ont une diminution de ces récepteurs, ce qui induit une compulsion à recourir aux drogues ou à la nourriture pour compenser leur déficit en dopamine», explique-t-il au Figaro. «Ils ont aussi une diminution de l'activité du cortex préfrontal, ce qui diminue leur capacité à contrôler leur comportement addictif.»

 

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  • (source leFigaro.fr Par damien Mascret)

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